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On a vu pour vous… « Jim Queen », ce film d’animation qui fait parler de lui

C’est un événement qui a secoué le Festival de Cannes en mai lors des Séances de Minuit, et qui sort aujourd’hui en salles. Jim Queen, c’est le film d’animation queer à ne pas louper cette année !

Il y a un mois, le 18 mai 2026, Jim Queen était projeté en Séance de Minuit à Cannes. Ce mercredi 17 juin, le film d’animation made in France sort officiellement en salles. Nous nous sommes rendus au cinéma, voici notre retour…

Jim Queen, c’est le premier long-métrage du studio Bobbypills, auquel nous devons des séries animées pour adultes comme Les Kassos (le studio avait d’ailleurs réalisé un épisode spécial de la série pour annoncer le film à venir). Réalisé par Nicolas Athané (La Tortue Rouge) et Marco Nguyen (Le grand méchant renard et autres contes…), ce film est bien plus qu’une simple comédie d’animation pour adultes. C’est une satire sociale évidente et décomplexée qui utilise le prisme du fantastique pour interroger avec une ironie mordante la place de la communauté LGBTQIA+ aujourd’hui.

De quoi ça parle ?

L’intrigue nous plonge dans un Paris branché, celui des influenceurs et des icônes de mode. Le personnage principal, Jim Parfait (doublé par l’acteur et humoriste français Alex Ramirès) est une figure incontournable de ce milieu : avec ses millions d’abonnés et ses nombreux abdos, il est adulé. Jim est une « Gym Queen », une figure omniprésente sur les réseaux sociaux. Son univers de strass et d’ego bascule pourtant dans l’absurde lorsqu’une l’épidémie de « l’hétérose » se propage dans la capitale française. Ce virus mystérieux a un effet radical : il transforme les hommes gays en hétérosexuels.

En quelques jours, Jim perd son statut d’icône, son aura, et pire encore, toute son audience. Enfin, toute ? Pas sûr… Délaissé par une communauté gay qui ne se reconnaît plus en lui, il se retrouve seul face à sa nouvelle condition. Seul, ou presque : il ne lui reste qu’un seul fan, Lucien (doublé par l’acteur belge Jérémy Gillet), un « twink » timide et introverti. Les twinks forment un sous-groupe de la culture LGBTQIA+ : ces jeunes hommes sont caractérisés par leur physique mince, imberbe et plaisant. Ce dernier a toujours vécu son homosexualité seul entre les quatre murs de sa chambre : nous sommes donc face à un personnage plein de naïveté qui contraste avec Jim. Le duo pour le moins surprenant se lance alors dans une épopée à travers la capitale en quête d’un remède contre le virus, et, par extension, pour sauver l’homosexualité masculine de l’extinction.

Affiche du film

Une satire de bonne guerre

Là où Jim Queen marque les esprits, c’est dans son refus du « politiquement correct ». Nicolas Athané et Marco Nguyen assument une esthétique visuelle riche en couleurs vives et en grotesque. Le scénario, co-écrit par Simon Balteaux (Andre) et Brice Chevillard (Moi, moche et méchant 2), ne se contente pas de rire de la situation. Il propose un tableau des dynamiques de pouvoir, la fragilité des relations superficielles et les codes au sein du milieu gay.

Tout en s’appropriant le genre populaire de la science-fiction, le film parvient à transformer la peur de la perte d’identité en un voyage initiatique à la fois drôle et touchant. Le spectateur suit avec un grand sourire, puis avec une tendresse quelque peu inattendue, l’évolution de la relation entre Jim et Lucien, mais aussi la relation des deux personnages avec eux-mêmes, et avec les autres. L’humour est omniprésent, d’ailleurs les spectateurs présents dans la salle n’ont eu que peu de répit entre chaque rire. Avec ses dialogues aussi drôles qu’incisifs et sa galerie de personnages secondaires hauts en couleur, comme Nina (Shirley Souagnon), la meilleure amie de Jim, ou la superbe drag queen Glamydia (Harold Margot), on passe vraiment un bon moment.

Un tournant pour l’animation française

La sortie de Jim Queen en salles ce 17 juin marque un tournant pour la production d’animation française. Le film prouve encore une fois que l’animation pour adultes ne se limite pas à un public niche, mais qu’elle est capable de placer des thématiques actuelles au centre de la narration. En ajoutant à cela le casting mentionné plus haut, complété par Philippe Katerine dans un rôle pour le moins surprenant, le film s’impose comme une production nécessaire, à la fois drôle et percutante.

Pleinement engagé, ce film porte le public à être attentif et à se battre pour la liberté de tous. En inversant les codes d’une société hétéronormée, dans un monde dans lequel on considère que « devenir hétérosexuel » c’est être malade, les créateurs mettent en évidence l’absurdité de certains discours. Les symptômes de cette hétérose démontent les stéréotypes : les hommes malades s’intéressent soudainement aux monospaces et aux seins, arrêtent de se préoccuper de leur corps, portent des claquettes-chaussettes et connaissent miraculeusement les règles du football. Si on entend déjà certains crier à « l’hétérophobie », nous, on a bien rit.

Extrait du film

En plus, plusieurs « sous-groupes » des LGBTQIA+ sont dépeints, soulignant la pluralité qui existe au sein même de cette large communauté. Comme mentionné plus haut, notre second personnage principal est un twink, mais ce n’est pas tout. En effet, le spectateur aura affaire à des drag queens, à ces fameux gym queens, mais aussi à la gaystapo, aux bears (ours en français), etc., qui ne manqueront pas de le faire sourire. 

Notre avis

Pleinement ancré dans les débats actuels, ce film aborde avec légèreté et humour des sujets brûlants. Une belle manière de sensibiliser un nouveau public aux problématiques, en les faisant entrer par la porte du rire. Malgré tout, loin de n’être que drôle, le film n’oubli pas de nous rappeler que les violences envers les homosexuels n’appartiennent pas qu’au passé.

Que vous soyez un habitué du cinéma d’animation ou un curieux à la recherche d’une expérience surprenante, Jim Queen est définitivement un film qui vaut le détour. Ouvrez bien vos yeux, vos oreilles, et surtout votre esprit !

Et puis, c’est définitivement un film à aller voir en attendant la nouvelle saison de Drag Race en juillet…

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