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On a vu pour vous … State of the union, dix minutes dans la vie d’un couple

En seulement dix épisodes de dix minutes, chaque saison de State of the Union explore magnifiquement la relation d’un couple en crise. 

C’est quoi, State of the Union ? Une fois par semaine, un couple se retrouve pour discuter de leur mariage. Louise (Rosamund Pike) et Tom (Chris O’Dowd) consultent un thérapeute pour tenter de sauver leur couple et, avant chaque séance, ils  prennent un café ensemble et discutent de leur vie commune, de leurs enfants, de leurs désaccords et de ce qu’ils attendent de la séance à venir. De leur côté (saison 2), Scott (Brian Gleeson) et Ellen (Patricia Clarkson) ont la soixantaine. Ils ont surmonté plusieurs crises conjugales mais alors que leurs enfants ont quitté le domicile et qu’ils sont sur le point de prendre leur retraite, Ellen envisage le divorce. Leurs discussions hebdomadaires leur permettront-elles de s’entendre à nouveau ? Arriveront-ils à faire un pas l’un vers l’autre et à sauver leur mariage ?

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C’est un petit bonbon, une petite série qui se regarde quasiment d’une traite avec ses épisodes d’une dizaine de minutes à peine. Diffusée en 2019 sur Sundance TV et disponible sur Arte.TV à partir du 5 Mai, State of the union est vraiment délicieuse. Il faut dire que les ingrédients ont déjà de quoi mettre l’eau à la bouche puisqu’on retrouve au casting d’abord Rosamund Pike (Gone Girl) et Chris O’Dowd (The IT Crowd), puis Patricia Clarkson (Sharp Objects) et Brian Gleeson (Mr Mercedes), et rien moins que l’écrivain Nick Hornby (Haute Fidélité) au scénario et Stephen Frears (Les liaisons dangereuses, The Queen) derrière la caméra. 

Générique de début ; un homme et une femme discutent dans un café pendant une dizaine de minutes, traversent la rue pour se rendre chez leur thérapeute ; fondu au noir, générique de fin. Répétez dix fois la mécanique et vous obtenez State of the union. L’idée de départ et la structure sont donc d’une simplicité effarante, et l’exercice peut sembler périlleux : au final, on regarde pendant un peu plus d’une heure et demie deux personnes assises à une table, qui parlent de leurs problèmes personnels sans la moindre fioriture. Mais l’essentiel n’est pas le quoi ; c’est le comment. 

State of the union est à la fois une petite et une grande série. Petite, parce qu’elle se compose donc d’épisodes très courts ; comme dans In Treatment, l’action se déroule en temps réel, dans un unique lieu clos avec seulement deux personnages. Et une grande série, parce qu’elle est redoutablement efficace, pleine de charme et d’intelligence. Bien que américaine, elle possède en outre une atmosphère indéniablement british – et pas seulement parce qu’elle a été tournée à Londres. 

Dix minutes dans la vie de Louise et Tom.

L’ensemble est délicat, amusant et spirituel ; réaliste et crédible, aussi. On connaît l’écriture  fine et sensible de Nick Hornby ; elle prend ici une autre dimension grâce à Stephen Frears. Aussi élégante que maline, sa réalisation manipule le spectateur sans en avoir l’air. A priori, le regard est objectif : on observe le couple ou on passe simplement de l’un à l’autre. Mais lorsqu’on analyse plus finement les choses, on finit par entrevoir comment, avec des mouvements de caméra ou la focalisation sur l’un ou l’autre des protagonistes, le spectateur est influencé, adopte son point de vue à lui ou son point de vue à elle. 

Rosamund Pike et Chris O’Dowd font merveille dans la première saison, et il leur suffit de quelques scènes pour donner à leurs personnages une profondeur et une humanité touchantes. On s’attache d’emblée à Louise et Tom, parce qu’on comprend ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Peu à peu, ils lèvent le voile sur leur mariage au fil des dialogues ciselés, souvent drôles et toujours intelligents. Les choses sont un peu moins fluides dans la deuxième saison, où il faut plus de temps pour pénétrer dans l’intimité du couple interprété par Patricia Clarkson et Brian Gleeson, même si là encore, les deux acteurs sont excellents. 

Dix minutes, cela semble toutefois bien court  et les épisodes filent à toute vitesse ; pourtant, la série utilise au mieux ce laps de temps, donne à ses protagonistes l’opportunité d’aborder une multitude de sujets, du plus  banal (la nouvelle coupe de cheveux de Tom ou la série Call the midwife) au plus profond (la sexualité dans le couple ou les opinions politiques dans la deuxième saison).  Entre lucidité, honnêteté brutale, ironie légère et références à la pop culture, leurs conversations dessinent progressivement l’histoire de leur couple. Ils se lassent l’un de l’autre, se disputent, se séparent, retirent leur alliance… mais ils s’aiment, se retrouvent, se pardonnent, essayent de recoller les morceaux. Se succèdent de brefs instants de tristesse, de bonheur, de ressentiment, de complicité et d’amour. 

Dix minutes dans la vie de Ellen et Scott

Dès la première scène de chaque saison, nous connaissons le déclencheur de la crise que traverse le couple, mais ce ne sont que les symptômes d’un dysfonctionnement plus profond qui se dévoile au détour des conversations, d’un épisode à l’autre. Il y a quelque chose, une magie insaisissable qui donne irrésistiblement envie de savoir quelles turpitudes hantent ces quatre-là, pourquoi les mariages sont  partis à vau-l’eau et si, oui ou non, ils vont décider de rester ensemble. Ce qui, disons-le, n’a rien d’évident… 

Deux saisons de dix fois dix minutes : c’est le temps que l’on passe en compagnie de Louise et Tom, puis Ellen et Scott. Deux couples en pleine crise conjugale, qui tentent de se retrouver grâce à la thérapie mais aussi grâce à ces brèves conversations dont nous sommes les témoins. Le résultat, c’est une série drôle et sensible  – quoique légèrement frustrante. Car malgré une dernière scène concluant parfaitement la saison, on en voudrait davantage. Avec Frears et Hornby, c’est fou ce qu’on peut dire en dix minutes… mais dix minutes, c’est fou comme ça passe vite. 


State of the union (Sundance TV)
2 saisons – 20 épisodes de 10 minutes environ.
Sur Arte.TV à partir du 5 Mai.

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About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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