Nous avons pu nous rendre à Montpellier sur le tournage de Un si grand soleil, le feuilleton de France 2 et en découvrir le premier épisode avant sa diffusion.

C’est quoi Un si grand soleil ? Claire revient à Montpellier après dix sept ans d’absence, afin de faire découvrir à Théo, son fils adolescent, sa ville natale. Quelques heures plus tard, elle est en garde à vue, accusée du meurtre d’un ami d’enfance. Pour se disculper, Claire n’aura d’autre choix que de percer tous les secrets du passé, notamment celui de la mort de sa sœur Angèle… Tout en se confrontant à Manu, chargé d’enquêter sur le meurtre dont elle est accusée, elle retrouvera également Julien, sa passion de jeunesse, qui a entre-temps fondé une famille. Assumera-t-elle les sentiments qu’elle ressent tour à tour pour les deux hommes ?


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Un feuilleton quotidien en France c’est donc obligatoirement dans le sud. Après Marseille (Plus belle la vie) et Sète (Demain nous appartient), le feuilleton de France 2 Un si grand soleil prendra place à Montpellier (et dans une zone élargie allant de « La Grande Motte aux Cévennes » – et aussi Sète? ).
C’est dans la petite ville de Vendargues (à une dizaine de kilomètres de Montpellier) que les les studios ont été inaugurés en grandes pompes par Delphine Ernotte il y a quelques mois. Ils accueillent de grands décors comme celui d’appartements, du commissariat, mais aussi les bureaux de la production de la série. Ils serviront aussi à stocker des éléments de décors d’autres productions de la chaîne.

Un si grand soleil est un projet très ambitieux pour France 2. Avec cette série quotidienne qui arrivera à la rentrée, la chaîne permet à la France de « rejoindre les standards des pays européens en matière de feuilletons » précise Toma de Metteis (producteur) sur lesquels nous accusions un sérieux retard en n’ayant que 1 puis 2 séries contre 3 voire 4 ailleurs. Pour l’occasion, la chaîne n’a pas fait les choses à moitié : un studio de 16 000 m2 est donc construit, auquel il convient d’ajouter des décors construits en extérieur comme celui d’une paillote. 235 épisodes ont directement été commandé : « Le budget global paraît très important » explique Toma de Mattei « mais ramené au coût par épisode ça ne l’est pas tant que ça. Mais c’est un investissement qui ne peut être amorti que sur le long terme« . En terme de décors, les choses ont été bien faites, même très bien faites, des décors somptueux, vastes avec un grand sens du détails (comme on n’avait pu le voir à Sète sur ceux de Demain nous appartient).

Le défi est grand, très grand pour France 2. Si Plus belle la vie avait montré qu’il fallait laisser du temps à une série de ce type pour s’installer, Demain nous appartient a établi qu’un lancement réussi pouvait entraîner un succès quasi immédiat. Invités à visiter les studios, les journalistes ont au préalable été conviés au lancement officiel de Un si grand soleil en visionnant le premier épisode de la série, mais aussi une sélection de scènes issues des 15 premiers. L’occasion de se faire un avis sur ce que peut être la série. Alors réussi ou pas ?

Mélanie MAUDRAN

Si Un si grand soleil s’appuie sur les codes bien établis des feuilletons quotidiens (amour, trahison, meurtre), elle sait aussi créer sa propre identité qui la différencie bien des autres séries. Le premier épisode nous plonge directement dans l’action (sans générique donc) avec le retour de Claire (Mélanie Maudran) à Montpellier après 17 années d’absence avec son fils Théo (Gary Guénaire). Elle doit rejoindre un vieil ami qui a des révélations à lui faire. Et après seulement quelques minutes d’installation, la série nous entraîne dans une intrigue policière et familiale qui servira de première grande arche à la série. Comme Demain nous appartient, les auteurs ont parfaitement saisi l’importance d’un lancement musclé pour capter le plus vite le spectateur. Pas de temps mort, ces 25 premières minutes passent vite et on ne s’ennuie pas un instant. Si on ajoute le montage de 35 minutes que l’on a vu ensuite, on peut dire que la série est très bien produite, bien réalisée, servie par un casting solide de comédiens aguerris et de nouveaux visages qui n’auront aucun mal à se faire une place dans le cœur des spectateurs, à commencer par le jeune Gary Guénaire qui crève l’écran et deviendra sans doute très vite la coqueluche des spectatrices et spectateurs. Gros challenge pour le comédien qui est de toutes les scène et dont c’est le premier rôle à la télévision.

A ses côtés, on ne peut que saluer le choix ultra judicieux de Mélanie Maudran pour incarner Claire. Magnétique, douce et forte à la fois, elle a tout pour devenir une héroïne populaire. Avec Un si grand soleil, la boucle est en somme bouclée pour la comédienne qui revient au feuilleton quotidien 19 ans après avoir incarnée Louise Chantreuil dans Cap des pins, déjà sur France 2. « Ça remonte Cap des pins, je ne me souviens plus très bien à quel point les conditions de tournage ont changé. Mais c’est une proposition qui ne se refuse pas, un vrai choix de vie. Mais j’aime les séries, ce que l’on peut y proposer en suivant sur le long court son personnage. On fait notre métier en jouant sur une série comme Un si grand soleil et c’est tout ce qui compte« .

Sur le choix du générique, la série prend aussi une décision radicale, à l’opposé de ses concurrents : fini la chanson façon « La vie est plus belle » ou « Demain » que l’on peut fredonner. Place ici à un titre pop, en anglais qui illustre bien une BO très qualitative aux sonorités jazz, pop qui accompagne la série. Si le choix des images qui habillent le générique ne sont pas sans rappeler celui de Plus belle la vie (avec ses scènes de vie ou ses lieux phares de la ville), le montage est lui très rythmé et, à l’image de pas mal d’aspects sur Un si grand soleil, ne sont pas sans rappeler le travail effectué sur Cut ou Foudre bien avant.

A l’issu de ce premier épisode, on a déjà envie de savoir ce qui va arriver à ces nouveaux personnages, c’est donc un très bon signe et la marque de sa réussie. La suite nous promet tout autant de coups de théâtre, de rebondissements, de personnages hauts en couleur, de vrais méchant(e)s et de comédie. Parfaitement choisies, ces quelques scènes nous présentent un feuilleton quotidien soigné et solide, prêt pour affronter la concurrence.

Lorsque la série va démarrer (sans doute début fin août début septembre), elle aura déjà mis en boîte quelques 65 épisodes ce qui est considérable et qui la positionne moins en flux tendu que ces petits camarades de TF1 et France 3. « On s’est donné cette avance pour se permettre d’être à l’aise au début dans le travail et se permettre de s’arrêter un peu cet été avant de rentrer dans la dur par la suite« , explique Toma de Matteis. « Le challenge ne se gagnera que sur le long terme » conclue-t-il.

France 2 va-t-elle réussir son challenge ? Seul l’avenir et les audiences nous le diront. Mais ce qui est sûr c’est que le défi a été pleinement relevé par toutes les équipes d’Un si grand soleil, et le projet pris très au sérieux, toutes les forces ont été mises dans la bataille pour offrir aux spectateurs un beau feuilleton quotidien. « On verra et on espère que ça va marcher bien entendu. Mais ce qui est certains c’est que toux ceux sur toutes les chaînes qui se lancement aujourd’hui dans l’aventure du feuilleton quotidien ont compris combien l’enjeu était vital et ont pris au sérieux le défi à relever. On prend le temps de fabriquer notre série le mieux possible. C’est sans doute ce qui a manqué dans le passé et qui explique l’échec de précédentes tentatives où on s’est sans doute précipité pour mettre un feuilleton à l’antenne« , explique Toma de Matteis.