Après La Casa de Papel et Les Demoiselles du Téléphone, Netflix poursuit sur sa lancée avec Elite, une toute nouvelle série espagnole destinée à un public adolescent. Au croisement de Gossip Girl et Murder, le teen drama nous ouvre les portes d’un lycée prestigieux où se côtoient les enfants de l’élite.

C’est quoi Elite ? Des enfants d’ouvriers sont admis dans l’école la plus prestigieuse d’Espagne, Las Encinas, où sont habituellement accueillis les enfants de l’élite. Se croyant chanceux au départ, ils vont cependant vite déchanter, la confrontation entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien étant particulièrement explosive. Ces rixes finiront alors par aboutir à un meurtre, plongeant les élèves dans un état de suspicion envers ces nouveaux arrivants.

Une respiration haletante, un élève couvert de sang, une sirène qui retentit au loin et un corps gisant au bord d’une piscine : en seulement deux minutes, le téléspectateur se retrouve happé par le mystère sordide qui sera le fil rouge de la première saison d’Elite. Cette entrée en matière fait immédiatement écho à la série américaine Murder, à qui elle emprunte également sa narration en deux temps : d’un côté le présent avec les interrogatoires face caméra des personnages principaux qui font suite au meurtre et de l’autre le passé avec les événements qui ont mené à ce drame et qui constituent le cœur même de la série. L’arrivée de trois adolescents boursiers originaires de la classe ouvrière dans l’une des écoles les plus prestigieuses d’Espagne va en effet entièrement chambouler le microcosme établi au sein de l’établissement et aboutir à l’impensable : le meurtre de l’un des leurs. Entre secrets, relations amoureuses, trahisons, sexe et mensonges, Elite suit le quotidien de ces élèves issus de deux mondes que tout oppose et réussit assez habilement à garder secrète l’identité du meurtrier jusqu’au dernier épisode de la saison.

View this post on Instagram

Rich kids 👑

A post shared by Élite (@elitenetflix) on

Au delà de son intrigue palpitante, la série aborde une grande variété de problématiques sociétales encore et toujours d’actualité comme l’homosexualité, l’avortement, les drogues, la sexualité chez les jeunes, la religion, le port du voile, l’intégration, mais aussi le VIH, un sujet d’ailleurs encore très peu traité dans les fictions pour adolescents. Difficile néanmoins de développer toutes ces thématiques en profondeur et avec justesse en seulement huit épisodes. L’un des points forts d’Elite reste ses personnages, parfois un peu trop clichés, mais terriblement fascinants tant dans leur évolution personnelle que dans leurs relations aux autres. On se retrouve tellement captivé par leurs histoires qu’on n’en oublierait quelquefois presque la trame policière. Elle se rappelle heureusement régulièrement à nous par les séances d’interrogatoire, qui ne sont pas sans rappeler celles de Big Littles Lies, mais en beaucoup plus sombres et poignantes, ressemblant ainsi davantage à celles du film britannique Cherrybomb avec Robert Sheehan. Elite est provocatrice et ose sans complexe, le tout à un rythme extrêmement bien soutenu, qui rend le programme particulièrement addictif. Même s’ils durent presque une heure chacun, les épisodes passent très rapidement et il est assez difficile de décrocher de son écran avant d’arriver à la fin de la saison.

A lire aussi >> On a vu pour vous… deux épisodes de The Romanoffs de Matthew Weiner

L’identité du meurtrier étant révélée au terme de ces huit épisodes, on peut maintenant se demander sur quels éléments vont jouer les scénaristes pour continuer à intriguer avec une telle intensité les téléspectateurs, si une deuxième saison venait à voir le jour. Nous avons bien évidemment notre petite idée et la série a abordé suffisamment de sujets dans cette première saison pour continuer à les développer plus en détail par la suite, mais reste à voir si dans la pratique Elite réussira à garder un tel rythme. La série restera-t-elle dans la lignée de Murder en conservant sa narration en deux temps ou tentera-t-elle de s’en émanciper ? Le programme peut dans tous les cas compter sur ses personnages, qui ont encore beaucoup à offrir.

Pour porter ce teen drama/thriller, la série repose sur un casting de jeunes talents très prometteurs, dont notamment trois acteurs de La Casa de Papel : Maria Pedraza, Miguel Herrán et Jaime Lorente. À leurs cotés, on retrouve des acteurs encore peu connus du public français : Itzan Escamilla (Les Demoiselles du téléphone, The Ministry of Time), Miguel Bernardeau (Ola de Crimenes), Arón Piper (15 años y un día), Ester Expósito (Estoy Vivo), Mina El Hammani (El Príncipe) et Álvaro Rico (Velvet Collection). La chanteuse Danna Paola, extrêmement populaire au Mexique et qui prête notamment sa voix au personnage de Raiponce dans la version espagnole du dessin animé, fait également partie du casting. Omar Ayuso fait quant à lui des débuts remarqués dans Elite.

Avec cette nouvelle série espagnole, Netflix vise encore une fois juste, en particulier auprès du public adolescent et jeune adulte. Captivante, provocatrice, intense et parfaitement rythmée, Elite intrigue en quelques minutes au moyen de sa trame policière et passionne par la suite grâce à ses personnages fascinants et leurs mésaventures sentimentales. Quand Murder rencontre Gossip Girl, ça donne une série addictive qui se regarde très facilement, voire même trop rapidement. Malgré la révélation finale de l’identité du tueur, Elite a encore beaucoup à offrir, notamment grâce à son casting talentueux. Bien qu’une deuxième saison n’ait pas encore été officialisée, l’avenir de la série semble quasi assuré pour le moment, si l’on en croit les réactions très positives du public et des critiques.

Elite (Netflix) : Saison 1 – 8 épisodes de 50′ environ.

A lire aussi >> On débriefe pour vous… Atypical saison 2 (Netflix)