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On débriefe pour vous… The politician saison 1, avant la diffusion de la saison 2

Avant l’arrivée de la deuxième saison The politician, on revient sur cette satire excentrique, acerbe et colorée qui nous entraîne dans les coulisses des élections d’un lycée chic en Californie.

C’est quoi, The politician ? Payton Hobart (Ben Platt) nourrit depuis son plus jeune âge l’ambition de devenir président des États-Unis et a conçu un plan pour y parvenir. La première étape consiste à être élu président du conseil des élèves de la très huppée Saint Sebastian High School de Santa Barbara. Il affronte River (David Corenswet), son ami et amant secret mais, n’étant pas forcément l’élève le plus populaire, Payton doit trouver un colistier capable d’attirer la sympathie des électeurs. Sur les conseils de ses amis McAfee (Laura Dreyfuss) et James (Theo Germaine), il choisit Infinity (excellente Zoey Deutch), adorable jeune fille atteinte d’un cancer. Une terrible tragédie va cependant tout remettre en question et Payton devra surmonter les chausse-trappes d’une campagne où tous les coups sont permis.

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Netflix s’étant assuré ses services moyennant un chèque confortable (on parle de 300 millions de dollars!), c’est avec ses vieux complices Brad Falchuk et Ian Brennan que Ryan Murphy nous a proposé l’année dernière The Politician, sa première série pour la plate-forme. La première saison a été lancée en Septembre 2019, et la diffusion de la deuxième à partir du 19 Juin prochain est l’occasion de revenir sur cette satire politique pop et kitsch parfois inégale, mais au mélange des genres étonnant.

«Qu’est-ce que je suis en train de regarder ?! » : voilà sans doute une question que vous vous poserez, à un moment ou à un autre, devant The Politician. Satire sociale ? Thriller politique ? Teen drama ? Comédie ? Parodie ? Comédie musicale ? Soap opera baroque ? Il y a un peu de tout cela dans cette série. Drôle, intelligente et prenante, elle concentre tout ce qu’on aime ou tout ce qu’on déteste chez Ryan Murphy, mais aussi ses principales obsessions. 

On y trouve des personnages extravagants et délirants (citons la mère adoptive de Payton alias Gwyneth Paltrow dans une parodie hilarante de son image publique, ou Jessica Lange en grand-mère indigne), une caricature qui ridiculise le conservatisme américain, les troubles adolescents et le questionnement sur la sexualité, un univers baroque et coloré, les inévitables séquences chantées (celle du premier épisode ou la comédie musicale sur les tentatives d’assassinats contre des présidents), et une intrigue centrale souvent mise de côté au profit d’histoires secondaires divertissantes et mélodramatiques, mais qui partent dans tous les sens. Jugez plutôt : suicide, empoisonnements, assassinats, liaisons cachées, vengeance, escroquerie, divorce, enlèvement, lutte contre le patriarcat, jumeaux maléfiques, enfants déshérités… en seulement huit épisodes.

Payton et sa colistière font campagne

L’aspect principal reste toutefois la critique de la politique qui, si elle n’est pas inédite, reste percutante car la satire est un genre qui sied bien à Murphy, ne serait-ce qu’en raison de sa propension à l’outrance et à l’exagération. Voici donc Payton, fils adoptif d’une riche famille, convaincu qu’il est fait pour devenir président des États-Unis. L’idée de la série consiste à raconter à chaque saison (cinq au total, semble-t-il) une étape du plan qu’il a conçu pour y parvenir, jusqu’à la campagne pour la Maison Blanche. 

Dans cette première saison, nous accompagnons Payton dans les semaines précédant l’élection pour la présidence du conseil des étudiants – sorte de tour de chauffe avant les combats électoraux autrement plus ardus qui l’attendent. Le personnage est magistralement interprété par Ben Platt, qui en fait quelqu’un de touchant et d’impossible à détester malgré toutes ses ambiguïtés. Ses idées ne sont pas altruistes, mais elles sont bénéfiques pour les étudiants (il s’appuie notamment sur des préoccupations écologistes, inclusives ou anti-discriminatoires) ; Payton n’est ni sympathique, ni désintéressé mais se demande régulièrement s’il est quelqu’un de bien. En réalité, c’est un garçon capricieux et ambitieux, prêt à tout pour conquérir le pouvoir : instrumentaliser ceux qui l’entourent, faire fi de l’éthique, cacher son homosexualité, feindre d’être celui qu’il n’est pas. Quitte à mettre en péril son équilibre psychologique et ses relations avec les autres.

Yes, he can : Payton Hobbart en route pour la Maison Blanche

Au sein de ce lycée élitiste, des étudiants riches et frivoles qui considèrent que tout leur est dû se lancent alors dans une lutte sans merci – qu’ils veuillent vraiment changer les choses ou simplement assouvir leur soif de pouvoir. Dans cette campagne frénétique, rendue encore plus chaotique par les pics d’hormones de l’adolescence, tout est permis : complots, trahisons, coups tordus, discours-chocs et manipulation de l’image publique. Sous la surface parfaite de cet univers luxueux et kitsch, tout est faux et pourri. Et le pire, c’est peut-être que les électeurs semblent se désintéresser du scrutin car, pensent-ils, leur vote ne changera rien…

On l’a dit, la multiplicité des intrigues secondaires rend l’ensemble confus. On finit toutefois par retomber sur nos pieds avec un huitième épisode surprenant qui ressemble davantage au début de cette deuxième saison bientôt disponible qu’à la conclusion de la première. Après une ellipse temporelle, Payton est à New York et va se frotter à des adversaires autrement plus coriaces : la sénatrice Dede Standish (Judith Light) et sa directrice de campagne (Bette Midler) Le combat électoral semble perdu d’avance – à moins que ne soit révélé le sombre secret de la Sénatrice. Tout est prêt pour le second tour, avec la Maison Blanche plus que jamais en ligne de mire.

The Politician a toute sa place dans l’œuvre foisonnante de Ryan Murphy : on y retrouve toutes les obsessions et tous les mécanismes auxquels il nous a habitués, avec toutes les qualités qu’on peut lui reconnaître et tous les défauts qu’on peut lui reprocher. Mais son style flamboyant, l’originalité de son regard, son extravagance, l’humour des situations et des dialogues, la satire de la politique et les remarquables acteurs de la distribution font de The Politician une série qui vaut incontestablement le coup d’œil. 

The Politician (Netflix)
Saison 1 – 8 épisodes de 27 à 55 minutes environ.
Saison 2 à partir du 19 Juin.

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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