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On débriefe pour vous … la série Silicon Valley (HBO)

La comédie satirique Silicon Valley revient pour une saison 4 : que va-t-il arriver à nos nerds préférés ?

C’est quoi, Silicon Valley ? Jeune informaticien, Richard Hendricks (Thomas Middleditch) vit chez Elrich Bachman (TJ Miller), ex-programmeur grande gueule qui a fait de sa maison un incubateur où il accueille de jeunes ingénieurs. Lorsqu’il développe un algorithme révolutionnaire sur la compression de données, Richard est soudain courtisé par les grandes entreprises. Malgré l’offre extravagante d’un géant de la Silicon Valley,  il préfère s’associer à un autre investisseur pour développer son projet, désormais nommé Pied Piper, avec l’aide de ses amis. La programmation n’est pas un problème ; en revanche, Richard n’a pas la moindre expérience dans le monde des affaires… Entre les enjeux financiers, la pression des investisseurs et les rivalités du monde de l’informatique, le jeune homme n’est pas au bout de ses peines.

Si vous êtes dingues des nouvelles technologies, vous allez adorer Silicon Valley. Mais même si vos compétences en informatique s’arrêtent à ctrl+alt+suppr, Silicon Valley a largement de quoi vous plaire. La série, créée notamment par Mike Judge (Beavis and Butthead), est une satire réjouissante du monde des start-ups et des géants de la Silicon Valley, qui multiplie les références tout en restant accessibles aux non-initiés.

L’histoire se concentre sur un groupe de programmeurs / nerds, qui vivent et travaillent dans l’incubateur géré par l’excentrique Elrich Bachman. Partagé entre appât du gain et désir de garder le contrôle sur le logiciel qu’il a imaginé, Richard rejette l’offre alléchante que lui fait le patron de Hooli, mastodonte dirigé par un certain Gavin Belson, cynique et mégalo (qui n’est pas sans rappeler Steve Jobs); il accepte en revanche d’être financé par un autre investisseur, Peter Gregory (ersatz de Bill Gates), qui lui laisse plus de latitude. Richard entraîne dans l’aventure ses amis Ginesh (Kumail Nanjiani) et Guilfoyle (MartinStarr), ainsi que Elrich, qui se voit bien jouer les mentors. Mais créer un logiciel est une chose ; gérer une entreprise en est une autre ! Loin d’être un homme d’affaires, Richard est totalement dépassé par les transactions financières, l’imbroglio juridique, la pression des marchés…  

On veut bien le t-shirt. Mais vous êtes sûrs pour la couleur ?!!

 

Ironique et satirique, Silicon Valley se moque ouvertement des travers d’un secteur informatique en plein boom, dont elle brocarde allègrement tous les acteurs – du créateur d’une obscure start-up au patron de multinationale, sans oublier les sponsors et financiers uniquement intéressés par  la valeur de leurs actions. Le regard est mordant, sans concession ; flirtant souvent avec l’outrance, la comédie repose essentiellement sur ses personnages, volontairement stéréotypés et hilarants. Ce qui, ici, n’est pas négatif – bien au contraire. L’indécision chronique de Richard, le discours politiquement incorrect d’un Elrich qui brille autant par son incompétence que par ses coups de génie, le pessimisme cynique de Guilfoyle, le pragmatisme timide de Jared se heurtent en permanence,  le choc des individualités créant la dynamique propre à engendrer les conflits. Ce sont leurs réactions qui donnent un tour comique et improbable à des situations au départ vraisemblables. Avec un rythme soutenu et des dialogues savoureux, les épisodes de 30’ s’enchaînent avec fluidité, sans qu’on ait le temps de s’ennuyer.

Si les deux premières saisons étaient enlevées et réussies sur le plan comique, Silicon Valley est toutefois montée d’un cran en saison 3. Sans renier sa formule et en exploitant des éléments déjà présents, la série s’est améliorée sur le plan de la narration : le cadre de la Silicon Valley, toujours prétexte à la satire, devient également le pivot sur lequel est construite une intrigue convaincante, qui progresse beaucoup plus vite.  Le récit en lui-même était parfois un peu redondant : d’échecs en succès, Richard et ses acolytes surmontaient des obstacles récurrents – hostilité des investisseurs, difficultés à convaincre le grand public, rivalités entre Belson et Gregory…  Plus riche et plus diversifiée, la trame de la saison 3 est magnifique dans sa construction, avec un dernier épisode qui rattache entre eux des arcs narratifs en apparence distincts (l’échec de Bachmanity, la vente d’un blog, le licenciement de Belson, le chat vidéo créé par Ginesh…) pour aboutir à un excellent final, qui referme les différentes intrigues tout en lançant des pistes pour la suite.

La fine équipe de Pied Piper, en route vers le succès

 

L’autre développement intéressant vient de l’évolution des personnages. La mise en scène de leurs conflits, de leurs crises et de leurs défauts n’est plus seulement un ressort comique, elle les rend aussi plus humains et plus ambigus. Jusqu’à présent, il existait une dichotomie très nette entre les bons et les méchants : l’idéalisme de Richard se heurtait systématiquement au pragmatisme cupide de la Silicon Valley ;  mais l’échec public de Pied Piper change la donne, notre héros choisissant alors une option controversée (et illégale) – laissant ses acolytes aussi stupéfaits que nous. En s’aventurant sur un terrain un peu plus sombre, Silicon Valley gagne en profondeur sans pour autant perdre sa fraîcheur comique et son ton mordant.  Maintenant que Richard et compagnie ont surmonté les obstacles et que Pied Piper est lancé, reste à voir comment la série  va gérer leur succès… On garde confiance : apparemment, ce ne sont pas les écueils qui manquent, dans le monde merveilleux de la Silicon Valley.

Ironique tout en restant légère, Silicon Valley est une très bonne comédie, portée par des personnages truculents, plus riches que ce qu’on peut supposer au premier abord. Gagnant indéniablement en qualité au fil des saisons, elle vous séduira si vous cherchez une série sympathique, drôle et intelligente. Malgré quelques bugs, Silicon Valley est pour l’instant en mode sans échec.

Silicon Valley – HBO

Saison 4 à partir du 24 Avril sur OCS en US+24.

A voir aussi : notre interview des héros de Scorpion

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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