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Podemos et Ciudadanos: amis ou ennemis ?

Ciudadanos? Podemos? Qui gouvernera aux côtés du PP espagnol, arrivé en tête des éléctions législatives avec 26,8% des voix le dimanche 20 décembre ? Sûrement pas le Parti socialiste (PSOE)! Ces partis sont les « émergents » de la scène politique espagnole. Que proposent-ils? Sur quels sujets se rejoignent-ils, sur lesquels divergent-ils? Décryptage.

 

Deux des candidats aux éléctions législatives espagnoles lors d'un débat télévisé. A gauche, Albert Rivera, président de Ciudadanos. A droite, Pablo Iglesias, président de Podemos.

Deux des candidats aux éléctions législatives espagnoles lors d’un débat télévisé. A gauche, Albert Rivera, président de Ciudadanos. A droite, Pablo Iglesias, président de Podemos.


Ils sont d’accord sur…

La lutte contre la corruption: Le parti de Pablo Iglesias (Podemos) et celui d’Albert Rivera (Ciudadanos) pointent du doigt la nécessité de lutter contre le fléau qu’est la corruption. Tous deux veulent l’interdiction du financement de campagnes par crédit bancaire, ainsi que la limitation des donations privées à 50 000 euros.

Ils sont opposés à l’indépendance de la Catalogne: Tout comme Pablo Iglesias, A. Rivera, pense qu’« une réforme du système administratif espagnol est nécessaire ». Ce dernier nuance :« mais il ne faut pas casser le pays ». Il se prononce pour une réorganisation des compétences nationales et régionales afin d’attribuer une plus grande autonomie aux collectivités locales. Il est réticent à l’idée d’un référendum sur l’indépendance. Podemos montre une plus grande souplesse et ne voit pas d’inconvénient à une consultation populaire. De plus, le parti d’extrême-gauche (Podemos) veut la reconnaissance des langues régionales comme co-officielles, signe d’une ouverture plus grande aux localités.

La légalisation du cannabis: Un parti libéral en accord avec la légalisation de la plante verte? Etonnant! Mais attention, les deux partis souhaitent en dépénaliser l’usage, la consommation, mais non la vente!

 

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Ils ne sont pas d’accord sur…

L’augmentation des salaires: Cette mesure est prévue dans le programme de Podemos, qui propose la mise en place d’un « RSA » (revenu de solidarité active) espagnol. Le programme contient aussi une élévation du salaire minimum. Celui-ci passerait de 648,60 euros à 950 euros. Ciudadanos se place en défenseur de l’entreprise, en déclarant qu’une augmentation des salaires mènerait à un alourdissement des charges dues par les employeurs. Les centristes proposent des mesures alternatives de protection des salariés comme le « contrat unique », qui viserait à supprimer la barrière entre contrats temporaires et contrats fixes.

Les nationalisations: Podemos veut nationaliser tous les services publics, porteurs de l’intérêt général, et donc devant être gérés par l’Etat. Mais cette idée se heurte aux revendications libérales d’Albert Rivera, qui avance comme argument ne pas vouloir d’intrusion trop importante du politique dans trop de secteurs d’activité. En effet, selon lui, la libre concurrence entraîne une diminution des prix, positive pour l’économie du pays.

Tafta podemos Et l’écologie ? Podemos affiche le programme le plus ambitieux en la matière: garantie de l’accès aux transports, récupération des centrales hydrauliques par l’Etat, investissement public en matière d’énergies renouvelables (à hauteur de 1,5% du PIB), et surtout opposition formelle au Tafta (Trans-atlantic free trade agreement, traité de libre-échange actuellement en négociation entre les Etats-Unis et l’Union européenne). Ciudadanos ne se prononce pas sur le Tafta qui pourrait pourtant, selon le parti rival, avoir de néfastes conséquences sur l’environnement. Ciudadanos tente tout-de-même de faire des (timides) propositions, comme celle d’établir un moratoire sur la fracturation hydraulique.

Reste à savoir si l’un des deux partis souhaitera apporter son soutien au PP.

Maïlys Khider

 

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