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Élections en Espagne : vers une impasse ?

Dimanche 20 décembre se déroulaient les élections législatives en Espagne. Des élections stratégiques qui ont permis à deux nouveaux partis (Ciudadanos et Podemos), crédités tous deux de 20% des suffrages, d’émerger sur la scène politique espagnole caractérisée depuis l’émergence de la démocratie par le bipartisme.

Vers la fin du bipartisme

Depuis la mort du dictateur général Franco en 1975 et le tournant vers la démocratie, le bipartisme droite (Partido Popular, PP Parti Populaire)/gauche (Partido Socialisto Obrero Español, PSOE Parti Socialiste Ouvrier Espagnol)caractérise la vie politique espagnole. Comme en France, de nombreux espagnols ne font plus confiance aux politiques, ils sont désillusionnés et se tournent vers des partis moins traditionnels… Ce manque de confiance est également dû aux nombreux scandales de corruption qui éclaboussent certains dirigeants de ces partis. Le PP est au pouvoir depuis quatre années, après deux mandats du parti socialiste (PSOE) avec José Luis Zapatero. Une alternance se dessine-t-elle avec le PSOE ou au contraire un changement radical avec de nouveaux partis ?

Deux nouveaux partis qui séduisent de plus en plus : Ciudadanos et Podemos

En 2011, face à l’austérité, un mouvement citoyen se développe en Espagne, le mouvement des Indignés (Indignados, mouvement 15-M). Des manifestants dans une centaine de villes réclament “la démocratie réelle maintenant”. De nouvelles manières de faire de la politique et des nouveaux partis ont donc émergé.

Ces dernières années, deux nouveaux partis politiques plus informels et plus participatifs sont apparus sur la scène politique espagnole, avec deux grands leaders charismatiques trentenaires issus de mouvements citoyens. Ciudadanos (Citoyens), un parti de centre-droite avec un jeune leader BCBG, Albert Rivera, libéral. Et Podemos (“Nous pouvons”, fondé en 2014) qui est un parti d’extrême gauche (un peu le Syriza espagnol) avec Pablo Iglesias à sa tête, que l’on a pu apercevoir à plusieurs reprises au Parlement Européen, puisqu’il est député européen (notamment dans le même groupe parlementaire que Jean-Luc Mélenchon). Comme en Grèce et au Portugal, il n’y a pas de partis d’extrême droite fort puisque ces trois pays ont subi de nombreuses années de dictature avec à leurs têtes des dirigeants d’extrême droite.

Des résultats problématiques

Le Parti Populaire est en tête des suffrages (avec 123 sièges sur les 350, 28% des suffrages), mais il ne dispose pas de la majorité absolue (fixée à 176 sièges), il lui sera donc impossible de former un gouvernement. Il se doit obligatoirement de former des alliances, mais avec quel autre parti ? Le parti socialiste (PSOE) ? Le parti de centre-droit Ciudadanos ? Des partis qui lui sont totalement opposés.

Le PSOE avec Pedro Sanchez réalise son score le plus bas, avec seulement 90 sièges (22% des suffrages).

Ciudadanos obtient 40 sièges (14% des suffrages), le parti va certainement s’abstenir de voter l’investiture d’un gouvernement mené par le Parti Populaire.

En revanche, le parti qui réalise la plus belle percée est le parti de gauche Podemos, avec 69 sièges (20,6% des suffrages). Il talonne le vieux parti socialiste.

Mariano Rajoy (leader du Parti Populaire), ancien chef de gouvernement, a dit sa volonté de « travailler pour former un gouvernement stable au service de l’intérêt général des espagnols ». Il a également souligné qu’il était ouvert au dialogue avec les autres formations.

Vers de nouvelles élections ?

Une impasse politique s’annonce donc pour les semaines à venir… si les politiques n’ont pas la sagesse de s’accorder dans ces temps de crise.

Et le plus judicieux ne serait-il pas de réorganiser une nouvelle élection législative comme certains le demandent ?

En effet, le roi d’Espagne Felipe VI doit, après consultation des partis représentés au Parlement, désigner le candidat à la présidence du Gouvernement. Mais si les parlementaires rejettent par deux fois une candidature, le roi se doit de désigner d’autres candidats. Cependant, si au-delà d’un délai de deux mois, aucun candidat n’est désigné, le roi devra convoquer de nouvelles élections…

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