Près d’un million de touristes se sont déplacés pour assister à la Coupe du Monde 2018. Face à cet afflux d’étrangers, les municipalités des 11 villes qui accueillent les matchs ont décidé d’éradiquer les chiens errants.

Après avoir mis à l’écart les prostituées russes, les autorités décident de tuer les chiens qui vagabondent. Leur objectif : éviter que les touristes soient attaqués, et qu’ils portent plainte pour obtenir des compensations.

Les chasseurs de chiens optent pour une solution.. traditionnelle. C’est à l’aide de sarbacanes et de flèches empoisonnées que l’opération est effectuée. La substance ? De la ditiline, un produit qui mène droit à la mort, dans une agonie de plusieurs minutes.

La cible : les deux millions de chiens qui peuplent les 11 villes concernées. Pour rappel, en 2009, 30 000 chiens ont été recensés à Moscou. Afin de s’occuper de cette tâche, l’Etat fait appel à des tueurs à gages un peu spéciaux.. des “doghunters” [chasseurs de chiens]. Même les animaux domestiques sont visés, selon Andreï Timeskof, président de la Fondation pour le développement de l’animalisme Dobry Mir, dans l’intérêt de « faire du chiffre et de toucher des primes.”

Les municipalités nient toutes accusations. Dans une interview au site pro-russe Sputkik, le député Vladimir Bourmatov rappelle que “c’est une question de réputation pour notre pays, car nous ne sommes pas des sauvages qui tuent des animaux dans la rue.”

 

 

Une rafle qui coûte cher

Au total, le Kremlin a dépensé près de 1,4 million d’euros pour traquer la bête. En clair, cela représente entre 6 et 9 mille roubles par animal, soit entre 85 et 130 €. Un budget qui pourrait servir à “financer la capture, la vaccination, la stérilisation, et le maintien de ces animaux dans des refuges”, clame la Commission parlementaire pour l’écologie et la protection de la nature.

Le président de la Commission, Vladimir Bourmatov, rappelle que “c’est une question de réputation pour notre pays. Nous ne sommes pas des barbares.”

 

30 Millions d’amis tire la sonnette d’alarme

Pour la fondation de défense et de protection de l’environnement, « la mise à mort de milliers d’animaux, dans des conditions les plus sordides, n’est pas digne du pays organisateur de la Coupe du monde.”

Alors que cette association tente de communiquer avec le Président russe, Vladimir Poutine, elle rappelle le caractère “cruel” de ce “massacre.” Pour cesser cette opération, l’institution demande au chef de l’Etat, de « trouver d’urgence des solutions respectueuses des animaux, en les acheminant dans un premier temps vers des structures d’accueil adaptées ».