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Pourquoi la coupe du monde pourrait enregistrer de nombreux absents ?

Une Coupe du monde inédite, mais déjà entachée. Alors que le coup d’envoi du Mondial 2026 approche à grands pas, la politique migratoire de Donald Trump perturbe sérieusement l’organisation de la compétition. Staff bloqué aux frontières, supporters privés de visa, équipe iranienne contrainte de rentrer après chaque match, le tournoi le plus regardé de la planète s’ouvre sur une série de scandales.

Quand Trump décide qui entre sur son territoire

Quinze membres du personnel administratif et d’encadrement de l’équipe iranienne n’ont pas obtenu leurs visas américains, dont le président de la fédération lui-même, Mehdi Taj. L’ambassade d’Iran en Turquie a publiquement dénoncé la situation sur X, qualifiant ces refus de traitement discriminatoire intentionnel au plus haut niveau. Washington, lui, a maintenu sa position sans ciller.

Le cas iranien n’est pas isolé. Une proclamation présidentielle signée en juin 2025 interdit l’accès au territoire américain aux ressortissants de 19 pays, parmi lesquels figurent Haïti, l’Iran, la Libye ou encore la Syrie. Les exemptions ne couvrent que les joueurs, les membres de staff strictement nécessaires et certains officiels de compétition. En ce qui concerne tout le reste, aucune dérogation n’est garantie.

Du côté américain, un responsable de l’administration a affirmé que les visas indispensables à la participation iranienne avaient bien été accordés, tout en précisant vouloir éviter que la délégation serve de couverture à une entrée illégale sur le territoire. Des mots qui illustrent la brutalité du contexte diplomatique. Or, derrière la rhétorique sécuritaire, une équipe nationale arrive amputée d’une partie de son encadrement à quelques jours d’un Mondial.

Des supporters exclus, une compétition à deux vitesses

Les supporters haïtiens ne pourront pas fouler le sol américain pour soutenir leur sélection. Haïti, qualifié pour son premier Mondial depuis 1974, se retrouve dans une situation absurde : les joueurs joueront, mais leurs fans resteront derrière les frontières. Une qualification historique, une exclusion immédiate. Le paradoxe est brutal.

Un décret présidentiel frappe également les supporters sénégalais et ivoiriens, leur coupant l’accès aux États-Unis, y compris pour des visas touristiques classiques. Néanmoins, la Côte d’Ivoire et le Sénégal disputeront au moins un match à Toronto, au Canada, offrant à leurs supporters la possibilité d’assister à une rencontre hors territoire américain. Une maigre consolation pour des fans qui rêvaient d’une aventure complète.

Quant à l’Iran, la sélection devra entrer et quitter le territoire américain le jour même de chacun de ses matchs, le camp de base ayant migré à Tijuana, au Mexique. C’est, en somme, un Mondial à deux vitesses qui se dessine, entre les nations qui accèdent librement à la fête et celles qui la vivent de l’extérieur, par contrainte et non par choix.

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