Longtemps associée aux seniors, la généalogie séduit désormais les jeunes générations. 80% des moins de 35 ans s’intéressent à leurs origines, contre 70% des plus âgés. Un engouement qui ne s’explique pas par le hasard.
C’est le loisir qu’on n’attendait pas là. La généalogie cartonne. En 2026, chercher ses racines est devenu une passion populaire, transgénérationnelle, dopée par la technologie et les réseaux sociaux. Selon une étude réalisée en mars 2026 par l’IFOP pour Geneanet auprès de 1 003 Français, 73 % des Français se disent intéressés par leurs origines. Un chiffre massif. Et un phénomène qui mérite qu’on s’y arrête.
La généalogie, un loisir qui n’a jamais été aussi populaire
Retour sur le Salon de la Généalogie, organisé jusqu’à aujourd’hui à la Mairie de #Paris15. Trois jours riches en découvertes, en échanges et en histoires de famille, qui ont permis aux passionnés comme aux curieux de partir à la découverte de leurs racines @geneanet pic.twitter.com/3DthTY9ZzB
— Mairie du 15 (@mairie15) July 5, 2026
La généalogie est l’un des loisirs les plus pratiqués en France. Juste derrière le jardinage et la cuisine. Elle regroupe des millions de passionnés qui épluchent des registres paroissiaux, consultent des archives numérisées et construisent des arbres généalogiques parfois tentaculaires. La plateforme Geneanet, référence française du secteur, revendique plus de 10 millions d’utilisateurs dans le monde. Ancestry, son concurrent américain, affiche des dizaines de millions de membres à l’échelle mondiale.
Les motivations sont souvent personnelles et émotionnelles. 77 % des Français souhaitent mieux connaître l’histoire de leur famille. 66 % veulent reconstituer leur arbre généalogique. Et plus d’un sur deux cherche à retrouver des photos ou le visage de ses ancêtres. Ce n’est pas de la curiosité abstraite. C’est une quête identitaire profonde.
La numérisation massive des archives publiques a tout accéléré. Les archives nationales et départementales mettent en ligne des millions de documents chaque année. Actes de naissance, registres de mariage, recensements, fiches militaires : tout ce qui dormait dans des cartons poussiéreux est désormais accessible depuis son canapé. Gratuitement. En quelques clics.
Les jeunes, nouveaux ambassadeurs de la généalogie
C’est le retournement que personne n’avait anticipé. 80 % des moins de 35 ans s’intéressent à leurs origines, contre 70 % des plus âgés. La généalogie est désormais plus populaire chez les jeunes que chez les seniors.
Les jeunes ne font pas de la généalogie comme leurs grands-parents. Ils la font différemment. Plus vite, plus visuellement et surtout, ils la partagent. Sur TikTok, les vidéos estampillées #genealogie cumulent des dizaines de millions de vues. Des créateurs de contenu racontent en quelques minutes la découverte d’un ancêtre inattendu, d’un secret de famille ou d’une origine ethnique surprenante révélée par un test ADN. Le format est parfait pour un algorithme qui aime les révélations. Et les révélations généalogiques ne manquent pas.
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Les tests ADN grand public ont joué un rôle décisif dans cette démocratisation. Des marques comme MyHeritage ou 23andMe proposent des kits accessibles pour une centaine d’euros. Le résultat : un pourcentage d’origines géographiques, des cousins retrouvés à l’autre bout du monde, parfois des secrets de famille que personne n’avait voulu raconter.
Une quête d’identité dans un monde incertain
Derrière les chiffres, il y a une question plus large. Pourquoi cherche-t-on ses racines avec une telle intensité en 2026 ? Les sociologues pointent plusieurs facteurs convergents. La mondialisation a brouillé les repères identitaires. Les migrations ont complexifié les histoires familiales et dans un monde qui change vite, savoir d’où l’on vient devient une façon de comprendre qui on est.
La pandémie de Covid-19 a également joué un rôle. Confinés, face à eux-mêmes, beaucoup ont profité du temps libre pour fouiller des boîtes de photos de famille, questionner des grands-parents encore présents, ou s’inscrire sur une plateforme généalogique. Une pratique de crise devenue habitude durable.Il y a enfin la question de la transmission. Dans un contexte de vieillissement de la population, les jeunes générations prennent conscience que les témoins directs du passé disparaissent. Chaque ancêtre qui s’en va emporte des souvenirs irremplaçables. La généalogie devient alors un acte de résistance contre l’oubli.
Chercher ses racines, c’est finalement chercher à se raconter une histoire cohérente et en 2026, cette histoire n’a jamais été aussi facile à retrouver.