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Pourquoi on utilise des mineurs dans le trafic de drogue ?

Les mineurs qui intègrent le trafic de drogue sont principalement attirés par l’appât du gain. En haut de la pyramide, les « vrais » trafiquants savent que ces mineurs ne risquent pas la prison avant 13 ans.

Une stratégie des trafiquants

En France, le recours aux mineurs dans le trafic de drogue n’est pas une nouveauté, mais le phénomène s’aggrave. À Marseille par exemple, en 2023, la ville a enregistré 49 homicides liés au narcobanditisme, dont 7 mineurs. La justice révèle que 60 % des mis en examen pour assassinats et tentatives d’assassinats liés au trafic de drogue ont entre 14 et 21 ans

Ces jeunes, souvent recrutés via les réseaux sociaux, sont attirés par des promesses de gains rapides, allant de 100 à 150 euros par jour. Les trafiquants exploitent leur vulnérabilité en leur assurant qu’ils ne risquent pas de lourdes poursuites en raison de leur âge. Cette main-d’œuvre est malléable et souvent moins coûteuse.

Les mineurs issus de milieux défavorisés sont souvent les plus vulnérables à l’attrait du trafic de drogue. 

A lire aussi : C’est quoi la French connection dont on parle beaucoup à propos de Marseille ? | VL Média (vl-media.fr)

Crédit : Alice Bernex

Les têtes des réseaux utilisent des techniques de persuasion sophistiquées, en promettant une vie meilleure et un sentiment d’appartenance à une « famille » ou un groupe. Ces jeunes, souvent en quête d’identité et de reconnaissance, sont particulièrement réceptifs à ces promesses. Les trafiquants jouent également sur les aspirations matérielles des adolescents, leur offrant des objets de luxe.

Des enfants âgés de seulement 10 ou 11 ans ont été repérés dans certains quartiers de Marseille, comme guetteurs ou livreurs.

Conséquences judiciaires et sociales

Pénalement, les moins de 13 ans bénéficient d’une présomption de non-discernement, signifiant qu’ils sont présumés irresponsables. Toutefois, ils peuvent être soumis à des mesures éducatives strictes, comme l’obligation de soins ou de scolarité. Mais ces mesures peinent souvent à contenir le problème​.

L’addiction au cannabis dès le plus jeune âge, combinée à l’exposition à une violence extrême, plonge ces mineurs dans un cercle vicieux difficile à briser. Les trafiquants, de leur côté, continuent de prospérer en exploitant cette jeunesse vulnérable, tout en alimentant une violence qui fait de plus en plus de victimes innocentes.

A lire aussi : Délinquance : qu’est-ce qu’on appelle « excuse de minorité » ? | VL Média (vl-media.fr)

Sur le plan physique, les jeunes courent des risques élevés de violence, d’arrestation et d’incarcération. Ils sont surtout confrontés au risque de perdre la vie, car ils occupent des postes qui les placent au premier rang du réseau. 

Les défis des autorités et des services sociaux

Les forces de l’ordre et les services sociaux peinent à faire face à cette problématique. En 2023, les autorités marseillaises ont intensifié leurs efforts pour démanteler les réseaux, mais les chiffres montrent une augmentation continue des jeunes impliqués dans le trafic de drogue. La prise en charge par les services sociaux reste insuffisante face à l’ampleur du phénomène, et les programmes de prévention peinent à toucher les populations les plus à risque​.

Les quartiers les plus touchés par cette exploitation comprennent le 15ème arrondissement de Marseille, où le taux de criminalité juvénile a augmenté de 25 % au cours des deux dernières années. Les initiatives communautaires manquent souvent de financement et de soutien institutionnel, limitant leur portée et leur efficacité à long terme​. 

A lire aussi : Pourquoi les « quartiers nord » de Marseille ont cette réputation ? | VL Média (vl-media.fr)

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