Depuis la fin du XIXè siècle jusqu’au dîner pour célébrer les 250 ans de l’indépendance américaine, le château de Versailles est un lieu prisé par les chefs d’état pour les rencontres diplomatiques.
À l’origine, le château du Roi Soleil était le centre du pouvoir en France. Le roi gouverne, y attire la noblesse et en fait une véritable forteresse de la puissance française. « Versailles, c’est pas du plaqué or, c’est du lourd ». Cette phrase du président américain Donald Trump en évoquant son invitation à dîner au Château peut paraître sans importance. Or, elle montre que deux siècles après la fin de la monarchie, l’ancienne demeure royale reste une grande vitrine diplomatique du pays.
Une tradition française qui perdure au fil du temps
En vérité, Versailles n’a jamais cessé d’être un lieu utilisé par l’État français pour les grandes rencontres diplomatiques. Quand la République s’installe définitivement comme régime du pays en 1870, la plupart des nations partenaires sont encore des monarchies. En 1896, a lieu au château la visite de l’alliance franco-russe entre le président Félix Faure et l’Empereur de Russie Nicolas II.
La tradition continue sous la IVe République, quand René Coty invite en avril 1957 la toute jeune reine d’Angleterre, Élisabeth II, qui fait là son premier séjour officiel en France. À l’initiative du général de Gaulle, le château de Versailles devient, sous la Ve République, le lieu privilégié pour accueillir les hôtes étrangers de la présidence de la République.

En mai 1961, il y reçoit le nouveau roi des Belges Baudouin Ier. Une semaine plus tard, c’est le président John F. Kennedy, et son épouse Jackie Kennedy qui y sont conviés. Son successeur Georges Pompidou rencontrera le chef d’État gabonais Omar Bango à un dîner dans la Galerie des Glaces en juillet 1970. Les plus grands dirigeants y seront conviés par les présidents Giscard, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, au fil du temps : le Shah d’Iran, Mohammed Reza Pahlavi, 1974 — Jimmy Carter, 1978 — Mikhaïl Gorbatchev, 1985 — Angela Merkel, 2006 — Xi Jinping, 2014 — Vladimir Poutine, 2017 — Charles III, 2023 et Donald Trump, 2026.
Un écrin propice aux trêves
L’ancienne résidence officielle des rois de France est aussi le lieu où de célèbres accords ont été signés. Le 28 juin 1919 dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, le traité de Versailles mit officiellement fin à la Première Guerre mondiale entre l’Allemagne et les puissances alliées. Pensé comme un instrument de paix durable, il imposa des conditions particulièrement dures au vaincu allemand et redessina durablement la carte de l’Europe. Plus récemment, c’est l’accord entre les États Unis et l’Iran qui est signé par Donald Trump au château le mercredi 17 juin dernier. En marge du dîner des 250 ans de l’indépendance américaine, l’accord a été signé en présence notamment d’Emmanuel Macron et du secrétaire d’État Marco Rubio, revenus du G7 qui se tenait à Évian.
Le Président Trump a signé ce soir à Versailles l’accord entre l’Iran et les États-Unis.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 18, 2026
Cet accord ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz.
C’est un pas important dans la bonne direction pour nos compatriotes… pic.twitter.com/b1XgZrBv0m