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Pouvoir, gloire et passions d’Artemisia Gentileschi

     Qui est Artemisia Gentileschi ? Nouvelle icône des podiums italiens, ou encore énième conquête de Berlusconi ? Si son nom ne vous est pas familier, il s’agit pourtant d’une femme qui connut le succès dès les premiers temps de sa jeunesse.

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Née en 1593, Artemisia se découvre très tôt un don pour la peinture que son père et futur mentor, le peintre Orazio, ne cessera d’encourager. A vingt ans à peine elle a pour mécène le grand duc Ferdinand de Médicis et devient en 1616 la première femme à être inscrite dans la très prestigieuse école de peinture de l’Accademia del Disegno à Florence. Libre et talentueuse, Artemisia ne se limite pas aux portraits et à la nature morte, genres auxquels était cantonnée toute femme peintre en ce début du XVIIe siècle. C’est au nu féminin et à la peinture historique qu’est dédiée la majeure partie de son oeuvre.

Au Musée Maillol, dans le septième arrondissement de Paris, une exposition est consacrée à celle qui fut reconnue dès son époque comme un prodige de la peinture. Au delà de la finesse de pinceau, c’est l’imprégnation de la vie d’Artemisia sur son œuvre qui saisit le plus. On découvre notamment plusieurs tableaux où ses héroïnes tranchent la tête d’hommes. En effet l’artiste connut une véritable haine envers la gente masculine, principalement causée par le viol dont elle fut  victime à dix huit ans. Malheureusement, l’éclairage maladroit au premier étage du musée gâche le plaisir des yeux. Ainsi  c’est parfois plus l’écaille qui surprend que la beauté de la toile et la découverte d’une « Bethsabée au bain » séparée de dix mètres d’une Bethsabée semblable trahit la mauvaise scénographie de cette rétrospective. Toutefois la visite, qui ne prend pas plus d’une heure, vaut largement le coup rien que pour admirer la « Danaé » peinte par Artemisia. On la découvre allongée de tout son long sur le dos, une main derrière la tête et le regard lascif, prête à se donner à Zeus. L’érotisme de la scène est sublimé par la chair blanche et ronde de Danaé qui nous rappelle que la féminité est loin des corps sans formes que l’on voit aujourd’hui dans tous les magazines. C’est finalement ça l’œuvre d’Artemisia : un hymne à la femme.

 

Exposition « Artemisia, 1593-1654. Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre ». Du 14 mars au 15 juillet 2012 au musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle-75007 Paris. www.museemaillol.com

 

 

Floriane de Malestroit

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