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Présidentielle, François Fillon discrédite le pouvoir judiciaire

“C’est un assassinat en effet. Mais, par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle”. Ce sont les mots très durs qui ont été prononcés par le candidat à la présidence François Fillon cet après-midi envers la justice

 

Ce matin, c’est un candidat plus que jamais décidé à continuer sa quête à l’Elysée qui s’est présenté devant le pupitre. Après s’être concerté avec les ténors de la droite, François Fillon a décidé de ne pas “céder”. Il clame “s’en remettre aux Français” et non “aux décisions de mises en examen”. Jusque là rien de nouveau mais, une date met le feu aux poudres.

“Que je ne sois pas un justiciable comme un autre, on le voit au simple choix de la date du 15 mars. Deux jours avant la clôture des parrainages, entièrement calculé pour m’empêcher d’être candidat à la présidentielle et, au-delà, pour empêcher la droite et le centre de disposer d’un candidat”. François Fillon

Après avoir dénoncé “l’incompétence” du Parquet financier, François Fillon qui est à ce jour le seul candidat à avoir obtenu ses 500 parrainages passe à une vitesse supérieure et remet en cause la justice dans son ensemble. En décimant l’un des fondements de la démocratie qui est la séparation stricte des pouvoirs.

Désormais, le candidat LR avance qu’il ne s’agit plus de sa personne, mais de la sauvegarde de la démocratie chère à notre République : “ce n’est pas moi qu’on assassine mais la démocratie” martèle-t-il. Une tactique qui ne manque pas de rappeler celle de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy avec ses ennuis judiciaires.

Malgré les attaques très virulentes envers l’appareil judiciaire, à tord ou à raison, c’est la stratégie de défense qu’a choisi François Fillon. Toutefois, cette affaire nous pousse à nous interroger sur la question de l’immunité judiciaire vis à vis d’un candidat à la présidence.

À lire aussi : Pénélopegate : ouverture d’une information judiciaire

Doit-on inscrire la trêve judiciaire dans la Constitution ?

Nous assistons actuellement à une campagne présidentielle inédite dans la Vème République. Deux sérieux concurrents à l’Elysée sont impliqués dans une affaire judiciaire, ce qui gangrène le déroulement de la campagne. Les questions de fonds ne sont plus abordées diront certains. Tout cela soulève la question de la trêve judiciaire dans l’opinion publique et chez les juges. Les candidats doivent-ils en bénéficier ?

À cette question, le magistrat Jacky Coulon est ferme, “nul n’est au dessus des lois”. Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a tenu à clore le débat ce week-end.

“Imaginons que pendant la campagne présidentielle, on ne puisse pas enquêter. Mais, après la présidentielle, il y a les législatives. Et après, en septembre, les sénatoriales ! À quel moment la justice pourrait-elle alors fonctionner normalement” Jean-Jacques Urvoas

François Fillon a-t-il raté sa stratégie de défense ?

Les déclarations de l’ex Premier ministre ont provoquées un tollé général. Face à ces accusations sans précédents, le Syndicat de la magistrature qui avait déjà écrit un communiqué quelques jours auparavant pour que cesse les accusations envers la justice s’est dit indigné.

Tous les candidats à l’Élysée se sont exprimés et n’ont pas été clément envers leur rival.

Suite à ces déclarations, 73% des Français considèrent qu’il faut laisser la justice faire son travail.

Nul doute que cette affaire va laisser des séquelles au candidat Fillon. S’il est élu le 8 mai prochain, ses relations vont être très difficiles avec l’appareil judiciaire qu’il a ouvertement critiqué. Mais, il ne compte pas s’arrêter aux joutes verbales de ce matin, dimanche prochain, une démonstration de force est organisée à travers un grand rassemblement place du Trocadéro qui n’est tout autre que la place des droits de l’Homme.

À lire aussi : Démission de Bruno Le maire

Crédit photo à la Une : Laurence Geai/Le Monde

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