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Previously on… Mozart in the jungle (Amazon / OCS)

A l’occasion du lancement de la saison 3 sur Amazon et OCS, retour sur Mozart in the Jungle : une série pas classique… sur la musique classique.

Après deux saisons remarquables de finesse, de poésie et de drôlerie, Mozart in the jungle attaque le troisième mouvement d’un concerto qu’on espère toujours surprenant, et toujours séduisant. C’est une série pleine de légèreté et de fraîcheur, sur un thème qui paraît peu propice à attirer un large public : la musique classique. Et pourtant, c’est une petite musique originale et attrayante que nous offre Amazon…

C’est quoi, Mozart in The Jungle ? Rodrigo de Souza (Gael Garcia Bernal), jeune chef d’orchestre surdoué aussi talentueux qu’excentrique, s’apprête à prendre la direction du New York Philarmonic Orchestra. Il remplace le légendaire Thomas Pembridge (Malcolm McDowell), maestro autoritaire et exigeant, qui vit très mal cette retraite forcée… Parmi les nouveaux musiciens, la jeune hautboïste Hailey (Lola Kirke) a enfin l’opportunité de réaliser son rêve et de rejoindre les rangs du prestigieux orchestre. Mais en coulisses, elle découvre les rivalités entre musiciens, les relations complexes qui régissent la formation, et un univers moins lisse qu’il n’y parait.  

La série a été créée pour Amazon par Roman Coppola (fils de…), Jason Schwartzman (qui tient aussi un rôle récurrent) et Alex Timbers, qui se sont inspirés du roman de la hautboïste Blair Tindall, dans lequel elle dévoile les dessous de l’univers de la musique classique et plus particulièrement du mythique New York Philharmonic Orchestra. Et cet univers que l’on suppose austère et coincé s’y révèle beaucoup moins lisse et donc beaucoup plus attrayant que ce que l’on pouvait penser : sexe, drogues, politique et jalousie sont les pierres angulaires du monde que découvre dans la série la jeune Hailey, lorsqu’elle tente d’intégrer la prestigieuse formation. La musique est une vocation qui demande des sacrifices, qui engendre une compétition effrénée entre musiciens, et où tous les coups sont permis. Mais c’est aussi un job, qui sert à payer les factures.

Mais pour Rodrigo de Souza, le nouveau chef d’orchestre déjanté, la musique est avant tout un sacerdoce : il ne vit et ne respire que pour la musique, sous toutes ses formes. Son arrivée dans l’orchestre est liée au sort de Haley, et on suit les deux personnages tout au long de la première saison : d’un côté Rodrigo, ses conflits avec l’administration de l’orchestre, ses relations compliquées avec son ex-femme folle furieuse (et violoniste), sa rivalité puis son amitié avec son prédécesseur, et son obsession totale pour la musique ; de l’autre Hailey, à l’aube de sa carrière, qui tente de vivre de sa passion tout en se résignant aux petits boulots peu gratifiants pour payer son loyer, et qui tâtonne dans sa vie sentimentale entre un petit ami danseur professionnel et son attirance pour Rodrigo. En arrière-plan, des trames secondaires bien écrites et non dénuées d’intensité mettent en scène des seconds rôles extrêmement justes et remarquablement interprétés par Saffron Burrows, Debra Monk, ou le génial Malcolm McDowell.

 Gael Garcia Bernal, alias Rodrigo de Souza : musique, maestro !

Par la suite, la saison 2 s’éloigne un peu du destin de Hailey et des intrigues secondaires, pour s’intéresser toujours davantage à Rodrigo, ce chef d’orchestre excentrique qui nous a conquis. Ce qui n’est guère étonnant : tout comme les musiciens, en dépit de leur talent, restent dans l’ombre de leur génial chef d’orchestre, les acteurs ont beau être tous excellents, ils sont finalement éclipsés par le génial Gael García Bernal. Les dix épisodes nous permettent – tournée en Amérique du Sud incluse – de mieux comprendre le personnage et d’en apprendre davantage sur ses racines et son passé. Et dans le même temps, sa relation avec Hailey devient plus claire, et approche de sa résolution. Sur le plan musical, la jeune femme voit sa carrière décoller tandis que le Maestro, en pleine crise existentielle, somatise et perd partiellement l’ouïe, alors qu’il est contraint de prendre une décision difficile et de choisir entre son orchestre et les engagements pris par le passé.

La deuxième saison n’a pas forcément la même fraîcheur que la première, mais son format et son rythme (10 épisodes de 25 minutes, qu’on dévore sans s’en apercevoir), et la présence de personnages auxquels on s’est attachés, lui permettent de conserver le même pouvoir addictif et la rendent toujours aussi divertissante. D’autant que la présence d’invités de luxe pimente délicieusement l’ensemble : le fantastique pianiste Lang Lang, le violoniste Joshua Bell ou le chef d’orchestre Gustavo Dudamel (qui a servi d’inspiration au personnage de Rodrigo) y font des apparitions remarquées et absolument irrésistibles.

Allegro ma non troppo, Mozart in The Jungle est un concerto harmonieux qui fait entendre sa petite musique particulière : de très bons acteurs, des personnages attachants et bien construits, un ton qui jongle entre réalisme et poésie pure, une histoire originale dans un monde méconnu du grand public, un rythme soutenu et un récit bien mené… et une bande-son hallucinante, avec les plus grands tubes classiques. Oui, c’est une série sur la musique classique : surtout, ne vous laissez pas rebuter par vos aprioris. En avant, la musique !

Crédit photos : amazon.

Mozart in the jungle : Saison 3 le 12 Décembre sur OCS.

10 épisodes de 25 min. environ par saison

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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