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Quand l’art s’invite dans la mode.

L’exposition Louis Vuitton Marc Jacobs aux Arts Décoratifs est une excellente illustration et une invitation à constater l’influence et l’apport de l’art, notamment contemporain, dans l’univers de la mode. Ces domaines apparaissent aujourd’hui intrinsèquement liés. Leur nature et leur objet (la quête du beau et de l’original) les rendent indéniablement compatibles. Ces mondes peuvent s’entremêler de plusieurs façons.

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La première apparaît comme étant la plus évidente. Un créateur peut s’inspirer d’une œuvre d’art, de l’univers d’un artiste, pour réaliser ses pièces. Yves Saint Laurent, le fondateur et créateur éponyme d’une maison de couture, a été très influencé par l’art. Il avait, avec Pierre Bergé, une extraordinaire collection d’œuvres d’art et cela se ressent au travers de ses propres créations. Les plus notoires sont des robes façon Mondrian, une cape rendant hommage à George Braque ou une veste en l’honneur de Jean Cocteau … Des imprimés issus de l’art se retrouvent donc directement sur les vêtements du créateur connu pour avoir répandu la veste de smoking féminine.


La mode est également liée à l’art lorsque un artiste se voit inviter à créer des pièces pour une maison. On lui laisse alors carte blanche à condition que celui-ci respecte l’esprit et le style du créateur qui l’a appelé. Ainsi, à l’invitation du styliste Marc Jacobs, Takashi Murakami, un artiste japonais dont le talent n’est plus à démontrer, a inclus ses dessins façon manga sur des sacs et autres objets de la maison Louis Vuitton. L’artiste ira même jusqu’à inclure ces produits au sein de ses expositions.


On peut, en effet, également dire que l’art et la mode sont liés par le fait que la mode peut être considérée comme une forme d’art. Aujourd’hui de plus en plus de musées consacrés à la mode fleurissent. Le plus connu d’entre eux est le musée Galliera à Paris, qui étant surchargé, s’est en partie « délocalisé » à la Cité de la Mode et du Design qui a ouvert ce mois. Les collections de Haute Couture n’ont en effet pas toujours vocation à être portées et sont souvent impressionnantes : elles ont pour objet de flatter l’œil. On y retrouve la notion de transgression mais également celle de rupture. Ne retrouve-t-on pas ici la définition de l’art ?

Les maisons de mode apportent de plus en plus leur soutien à l’art. Des œuvres d’art peuvent être incluses dans les boutiques qui deviennent alors de véritables mini-musées à l’architecture surprenante. Pour s’en rendre compte il suffit d’entrer dans la boutique Hermès rue de Sèvres. En traversant le pas de la porte on rentre dans un autre monde. Le tout paraît sorti de nul part.

Le mécénat se développe, nombreuses sont les maisons à créer des fondations pour aider l’art. Parmi celles-ci on peut citer la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain qui se situe boulevard Raspail mais également la Fondation Prada à Milan.


Et que dire des grands collectionneurs d’art contemporain que sont François Pinault et Bernard Arnault, capitaines de l’industrie de la mode et du luxe en France, qui au delà de leurs collections ont fondé leurs propres fondations. L’un expose à Venise au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana. Quant à la Fondation Louis Vuitton pour l’art contemporain, son ouverture est prévue pour l’année prochaine et promet déjà d’être un événement international. Le bâtiment a été conçu par Frank Gehry qui a notamment été l’architecte du Musée Guggenheim de Bilbao.


On peut donc se demander si au delà de constater un lien entre l’art et le monde de la mode nous ne sommes pas en train d’assister à leur hybridation. Andy Warhol avait prophétisé dans le magazine Philosophie que les musées deviendraient des grands magasins et vice versa. Il avait vu juste. Pour certains cela serait une manière de réenchanter la mode par l’art, pour d’autres ces univers devraient être distincts.

Cependant on peut souligner que les apports mutuels de ces disciplines ne peuvent qu’être positifs, dès lors pourquoi vouloir les séparer ? L’heure est à l’avènement de l’arketing (terme dérivant de marketing), résultat de la fusion de l’art et de la mode qui commence aujourd’hui à influencer la grande consommation, par exemple, des motifs façon Mondrian, après s’être retrouvés sur les robes d’Yves Saint Laurent, se déclinent aujourd’hui sur des baskets Nike.

Quoi qu’il en soit les enjeux économiques sont considérables. L’art contemporain est une valeur refuge à l’heure de la crise et constitue une véritable source d’inspiration pour la mode comme nous avons pu le voir mais aussi pour le design : architecture, mobilier…

 

Laurença d’Orey

 

 

 

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