Le drame de Crans‑Montana, où un incendie dans un bar-club a fait 40 morts et plus de 100 blessés, montre l’importance des règles de sécurité dans les discothèques. Ces règles protègent les clients et peuvent sauver des vies si elles sont respectées.
1. Limiter le nombre de personnes
Chaque discothèque a une capacité maximale. Cela dépend de la taille de la salle et du nombre de sorties. Quand trop de monde est présent, l’évacuation devient difficile et dangereuse. C’est la préfecture qui fixe une capacité maximale en fonction de : la surface du lieu (mètres carrés), le nombre et la largeur des sorties et la nature de l’activité (danse, bar, spectacle…)
La loi oblige le gérant à ne jamais dépasser cette capacité. Si le nombre de clients dépasse la jauge, le lieu devient illégal et extrêmement dangereux.
Ainsi, chaque personne doit disposer d’un espace minimal pour circuler (souvent 0,5 à 1 m² par personne sur la piste de danse). Les sorties de secours doivent permettre l’évacuation rapide de tous. Les inspecteurs peuvent réduire la capacité si les conditions de sécurité ne sont pas respectées.
En pratique, cela signifie que si un club peut accueillir légalement en moyenne 200 personnes, mettre 300 clients serait illégal et très dangereux.
Mais pour certains gérants, il est parfois difficile de respecter ces normes, surtout les soirs d’événement. « Il arrive parfois qu’on fasse rentrer 400 à 450 personnes dans la boîte alors que la capacité est de 300« , confie un gérant de boîte de nuit marseillaise.
2. Des sorties de secours toujours accessibles
Les sorties de secours doivent être faciles à trouver et libres de tout obstacle. Les portes doivent s’ouvrir vers l’extérieur. Même si la piste est plongée dans le noir, l’éclairage de sécurité doit guider avec un signal lumineux les clients vers les issues. La loi exige un nombre minimum de sorties de secours adaptées à la capacité du lieu. Plus il y a de personnes, plus le nombre et la largeur des issues doivent être importants. Ces règles visent à garantir une évacuation rapide et fluide, sans bousculade ni blocage.
Le non-respect de ces règles peut avoir des conséquences catastrophiques, comme l’a montré le drame de Crans‑Montana, où plusieurs sorties auraient été obstruées.
3. Des matériaux et installations pensés contre le feu
En France, les autorités classent les discothèques comme des ERP de type P. À ce titre, la loi impose l’utilisation de matériaux résistants au feu pour les murs, plafonds, rideaux et éléments de décoration. Ces matériaux doivent ralentir la propagation des flammes et limiter l’émission de fumées toxiques, souvent responsables des décès lors des incendies.
Les décorations temporaires, fréquentes lors de soirées à thème ou d’événements, doivent elles aussi respecter des normes strictes. La réglementation interdit ou encadre strictement les éléments facilement inflammables. Un simple revêtement non conforme peut transformer un départ de feu en incendie généralisé en quelques minutes.
Dans le cas de Crans-Montana, les enquêteurs ont pointé certaines décorations et revêtements intérieurs qui auraient été particulièrement inflammables, favorisant une propagation très rapide du feu et de la fumée.
4. Des alarmes et des équipements de lutte contre l’incendie obligatoires
La réglementation française impose aux discothèques de disposer de détecteurs de fumée, d’alarmes incendie et d’extincteurs en nombre suffisant. Ces équipements doivent rester visibles, accessibles et faire l’objet d’un entretien régulier.
Dans certains établissements, la loi peut aussi exiger un système de désenfumage ou des sprinklers automatiques, notamment lorsque la capacité d’accueil est élevée. Ces dispositifs permettent de détecter un incendie rapidement et de ralentir sa propagation, laissant le temps aux clients d’évacuer.
5. Un personnel formé pour réagir en cas d’urgence
La sécurité ne repose pas uniquement sur les installations. En France, le gérant doit aussi former son personnel aux consignes de sécurité incendie. Les employés doivent savoir comment donner l’alerte, utiliser un extincteur et guider les clients vers les sorties de secours.
Dans une discothèque, la panique peut se propager très vite. Un personnel formé peut calmer les clients, éviter les mouvements de foule et orienter l’évacuation. À l’inverse, un manque de préparation peut aggraver la situation et provoquer une évacuation plus lente.