A seulement 16 ans, Elena Colas vient de vivre une semaine exceptionnelle à Zagreb, en Croatie. Aux championnats d’Europe de gymnastique artistique, elle multiplie les podiums et confirme les espoirs placés en elle. Retour sur son ascension fulgurante.
Pour sa première participation aux championnats d’Europe, à Zagreb (Croatie), Elena Colas ne tremble pas. A 16 ans, elle entre à peine dans la cour des grands en catégorie seniors, qu’elle décroche quatre médailles.
Tout commence jeudi 13 août avec le bronze au concours général individuel. Elena Colas est la première tricolore à monter sur ce podium depuis 2019. Samedi dernier, la Tourangelle change de métal pour l’or. Elle devient championne d’Europe à la poutre. “J’étais très détendue avant de monter sur la poutre, et je pense que c’est ce qui a permis cette réussite.” Dans la foulée, elle remporte l’argent au sol.

Le lendemain, elle est à nouveau médaillée de bronze avec l’équipe de France, avec un passage remarqué aux barres asymétriques : son point fort. Elle finit avec le meilleur total parmi ses coéquipières.
Elena Colas, une bosseuse devenue championne d’Europe
Cette réussite ne doit rien au hasard. Elena Colas commence la gymnastique à seulement 18 mois, au club d’Avoine-Beaumont, en Indre-et-Loire. “Elle est presque née dans ce club”, raconte le président du club, Vincent Pinaud, à France Télévisions.
Ses journées sont celles d’une sportive de haut niveau. Entraînement de 7h30 à 10h, cours, puis retour à la salle à 19h. Malgré ce rythme, la jeune fille tient à l’école. Elle est bonne élève et refuse de négliger son travail scolaire.
Chez les juniors, Elena Colas se fait déjà remarquer. En 2024, elle remporte trois titres européens à Rimini, en Italie, dont celui du concours général individuel. Elle est double championne de France junior puis, en 2026, tenante de ce titre nationale dans la catégorie senior.
“C’est une championne”, estime le directeur de la performance de la Fédération française de gymnastique (FFG), Christophe Lambert. Pour Vincent Pinaud, “le travail paie et cela le prouve”.
Elena Colas a failli ne pas être Bleue
Le parcours d’Elena Colas n’est pourtant pas sans turbulences. Ses entraîneurs, Marc et Gina Chirilcenco, quittent la France pour le Qatar, soupçonnés d’emprise dans le milieu de la gymnastique. Ils n’ont pas le droit d’accompagner Elena lors des compétitions internationales.
La décision étant mal vécue par l’entourage de la gymnaste, cette dernière a failli changer de nationalité sportive. En juillet dernier, elle déclare finalement : “Je veux construire mes plus belles performances ici. Représenter la France, c’est un honneur et une fierté immenses.”

Depuis, Elena Colas participe à nouveau aux stages de l’équipe de France. Elle s’entraîne dans son club de toujours à Avoine-Beaumont, avec sa mère comme coach. Elle pourrait, à l’avenir, effectuer des stages à Saint-Etienne avec l’entraîneure nationale des gymnastes féminines, Marie-Angéline Colson.
Une étoile tournée vers 2028
Si les regards se tournent déjà vers les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, Elena Colas, elle, garde la tête froide. “C’est important que je garde les pieds sur terre”, explique-t-elle à Radio France.
Son objectif ? “M’entraîner dur pour les Jeux olympiques” en continuant à engranger de l’expérience. Une première étape vient d’ores et déjà d’être franchie à Zagreb.