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Qui sont les « Ultras Populaire Sud », à l’origine des débordements à Paris ?

Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai 2026, de violents affrontements ont éclaté dans le 10e arrondissement de Paris, à quelques heures d’une finale de Coupe de France. Environ 200 supporters de l’OGC Nice, que plusieurs sources identifient comme les Ultras Populaire Sud, se sont opposés aux Karsud, entité issue de l’ancien virage Auteuil du PSG. Bilan : une dizaine de blessés graves, 65 personnes en garde à vue. Un épisode de plus pour un groupe ultra qui accumule les dossiers.

Canal Saint-Martin, une nuit de chaos

Il est environ 23h30, jeudi soir, quand une masse compacte d’environ 200 supporters niçois déferle sur le Quai de Valmy. Le groupe cherche manifestement à en découdre. Des cagoules, des gants coqués, des armes blanches. La confrontation prend forme dans un bar du quartier, avant de déborder violemment sur la voie publique.

En face, les Karsud. En effet, le Collectif Ultras Paris a exclu le groupe il y a plusieurs années, après que celui-ci a refusé de se soumettre au cadre imposé par la structure officielle. Ce vendredi matin, la préfecture de police de Paris annonçait 65 interpellations, toutes placées en garde à vue. Les saisies réalisées lors des opérations témoignent du degré de préparation du rassemblement : armes blanches, cagoules, gants coqués. Le SAMU a pris en charge une dizaine de blessés dans un état préoccupant. Ainsi, au petit matin, le quartier portait encore les stigmates des affrontements.

La même situation qu’en 2022 à Gare de Lyon

De plus, la scène résonne avec un épisode vieux de quatre ans. Le 7 mai 2022, à quelques heures de la finale de la Coupe de France entre Nice et Nantes au Stade de France, des heurts avaient déjà éclaté à Paris. Des supporters niçois attablés en terrasse, près de la Gare de Lyon, s’étaient fait prendre pour cible par un groupe d’une quarantaine d’individus, des Nantais se revendiquant antifascistes. On déplorait deux blessés. La police avait quadrillé l’ensemble du secteur pour éviter une escalade.

Déjà à l’époque, les autorités avaient classé le déplacement parisien des ultras niçois à risque. Les instances n’avaient alors prononcé aucune sanction sportive directe contre les supporters de Nice, le groupe adverse étant lui-même difficile à identifier formellement. Pourtant, l’épisode avait confirmé un constat qui s’est depuis répété : les supporters azuréens en déplacement à Paris génèrent une tension systématique, quelle que soit la compétition en jeu.

Dissolution ? La question peut sérieusement se poser

Par ailleurs, les incidents du Quai de Valmy surviennent néanmoins dans un contexte déjà lourd. Lors de la 34e et dernière journée de Ligue 1, le 17 mai 2026, des centaines de supporters de la Populaire Sud avaient envahi la pelouse de l’Allianz Riviera à l’issue du match nul contre le FC Metz (0-0), résultat qui actait la place de barragiste du Gym. Les ultras avaient commis des dégradations dans le stade, et les forces de l’ordre avaient dû intervenir pour repousser les envahisseurs. La LFP a depuis sanctionné le club : deux matchs à huis clos total de l’Allianz Riviera, plus un troisième avec sursis, à effet immédiat.

Cette fois, les 65 individus en garde à vue s’exposent à des poursuites pénales pour violences en réunion, et pour certains, détention d’armes prohibées, des infractions passibles de plusieurs années d’emprisonnement selon les qualifications retenues. Sur le plan sportif, par ailleurs, la LFP dispose d’un arsenal allant de l’interdiction de déplacement à la dissolution administrative d’un groupe. Des mesures appliquées jusqu’ici a minima, au gré des pressions et des rappels à l’ordre.

Des militants ont fondé la Populaire Sud en 2013, directement sur les cendres de la Brigade Sud Nice 85 que les autorités avaient dissoute en 2010 après des années de dérives observés chez ces ultras. Le groupe a depuis grandi pour dépasser les 4000 adhérents, sans que le fond du problème ne soit jamais traité à la racine. Ni la pédagogie, ni les fermetures de tribune, ni les huis clos n’ont suffi. À un moment, les autorités devront sans doute aller plus loin.

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