Une vidéo publiée sur TikTok fin mai 2026 a provoqué un tollé dans toute la France. On y voit une influenceuse française appeler ouvertement au meurtre des Juifs, geste d’égorgement à l’appui. Son nom : Lucie Vandecandelaère, connue en ligne sous le pseudonyme « Eo-Nomine ».
Qui est Lucie Vandecandelaère ?
Lucie Vandecandelaère est une influenceuse et autrice française active sur les réseaux sociaux, notamment Instagram sous le pseudonyme « luciethinks ». Elle se présente comme féministe, très engagée politiquement à gauche, et vit entre la France et le Brésil, à Rio de Janeiro. Sur TikTok, elle opère sous le compte « Eo-Nomine ». Elle a également publié un livre autobiographique intitulé Omertà, dans lequel elle raconte une enfance familiale très violente et conflictuelle, présenté comme un témoignage personnel sur des violences psychologiques et familiales.

Sur la toile, elle cultive une image de militante progressiste. Elle se décrit elle-même comme lesbienne, femme dans un système patriarcal, et revendique son engagement « woke » à travers des vidéos et un blog. Rien, en apparence, ne laissait présager ce qui allait suivre.
Une vidéo qui appel à la haine des juifs déclenchée par l’Eurovision
Le point de départ est la deuxième place d’Israël à l’Eurovision 2026. Pour Vandecandelaère, ce résultat est insupportable. Elle l’exprime alors de manière brutale, dans une vidéo filmée face à la caméra. Elle désigne les Juifs comme « ces gens-là » et déclare : « Il faut se débarrasser de ces gens-là et je veux dire de façon définitive ! Il faut qu’on s’en occupe. Je refuse de vivre avec ces gens-là ! Alors, la violence, la violence est la seule solution !
Plus grave encore, elle accompagne ses propos d’un appel à l’égorgement des Juifs. La vidéo se répand rapidement sur les réseaux sociaux. On se demande alors comment un tel enregistrement peut rester en ligne pendant plusieurs heures. Les signalements affluent. La stupeur est générale
La justice saisie, les réactions se multiplient
La réaction politique ne tarde pas. La députée Caroline Yadan saisit la justice après la diffusion de la vidéo. Dans un communiqué, elle dénonce des faits « d’une extrême gravité » susceptibles de relever de la « provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence ».
Par ailleurs, plusieurs associations de défense de la communauté juive amplifient l’affaire sur les réseaux. Des comptes comme « Jugé Coupable » diffusent massivement la vidéo pour alerter les autorités. Ce scandale ne surgit pas dans un vide. Il s’inscrit dans un contexte de montée préoccupante de l’antisémitisme en France depuis les attaques du 7 octobre 2023. Des influenceurs ont déjà été condamnés pour des propos similaires. Ainsi, une autre influenceuse française, déjà condamnée pour apologie du terrorisme, a écopé de cinq mois de prison avec sursis pour provocation à la haine envers la communauté juive, ses vidéos ayant fait l’objet de nombreux signalements auprès des autorités.
En conséquence, l’affaire Vandecandelaère illustre une question urgente : comment des plateformes comme TikTok ou Instagram continuent-elles d’héberger des appels à la haine aussi explicites, parfois pendant des heures, avant d’agir ? À ce jour, Lucie Vandecandelaère n’a pas publié de rétractation publique connue. La justice française suit son cours. Mais la vidéo, elle, a déjà fait le tour du monde.