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Russie, dopage et JO : un cocktail détonnant

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Malgré les soupçons de dopage d’État, le Comité international olympique (CIO) a finalement autorisé la Russie à concourir aux Jeux olympiques, qui débuteront dans 11 jours à Rio de Janeiro. Les fédérations internationales vont devoir trancher une à une pour accepter ou non les athlètes russes. Entre ces dernières, le CIO et l’Agence mondiale antidopage, sans oublier le Tribunal arbitral du sport (TAS), les responsabilités sont parfois confuses. Petit guide pour comprendre qui décide vraiment si la Russie entrera au tableau des médailles des XXXIe Jeux olympiques d’été.

Voilà une semaine que le gotha du sport mondial est secoué par le rapport McLaren. Ce pavé de 103 pages, éponyme à son auteur juriste, inculpe l’État russe pour avoir couvert des dizaines de contrôles positifs. Les laboratoires russes travaillant avec Vladimir Poutine auraient dissimulé, voire détruit les contrôles positifs au dopage en question, essentiellement d’athlètes. La machine était déjà lancée avant la publication dudit rapport, et le TAS avait suspendu 68 athlètes, décision confirmée en appel le 21 juillet. Puis le CIO a cassé tout ça, et va finalement laisser les athlètes russes concourir, eux qui sont déjà arrivés au village olympique. Seule Ioulia Stepanova, qui a révélé en premier cette affaire, sera privée de Jeux. Voici ci-dessous un moyen de comprendre qui décide de quoi dans cette immense affaire de dopage, avec une infographie pour mieux comprendre.

Le Comité international olympique – CIO : l’organe suprême des JO

Sa décision de blanchir les athlètes russes ressemble à un point d’orgue à cette vaste affaire de dopage. Le CIO chapeaute toutes les règles qui régissent les Jeux olympiques d’été et d’hiver, c’est une sorte d’organe décisionnaire global. Il n’y aura pas de suspension globale de la Russie pour les Jeux de Rio, “pas d’option nucléaire” selon les dires de Thomas Bach, le président du Comité. L’affaire ne s’arrête cependant pas là : le CIO a dressé une liste de critères très stricts de participation aux JO pour les Russes, que devront respecter les fédérations internationales des sports présents à Rio.

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Thomas Bach a été clément avec la Russie | afp.com/FABRICE COFFRINI

Les fédérations internationales : le jugement au cas par cas

Sans parler d'”option nucléaire” dans le sens explosif et péremptoire, il y aura bien une fission du noyau olympique, en une multitude de particules que sont les fédérations internationales. Que ce soit en l’athlétisme (fédération en première ligne), en judo, en tir à l’arc ou en lutte gréco-romaine, il y aura des Russes présents partout. Inculpés ou non pour dopage, ils pourraient être suspendus, mais c’est plutôt du ressort de la fédération internationale dont ils dépendent. Mandatées par le CIO, elles statueront au cas par cas pour les 332 athlètes russes à Rio.

À lire aussi : La Russie accusée d’avoir organisé un grand système de dopage à Sotchi

Le Tribunal arbitral du sport – TAS : l’organe juridique à l’importance relative

Le 21 juillet, un nouveau tournant venait animer l’affaire McLaren, après que le TAS confirmait en appel que les 68 athlètes inculpés pour dopage le resteraient. Mais derrière la compétence juridique du TAS, instance qui transcende tous les conflits sportifs (des Jeux olympiques à Luzenac), il doit y avoir l’aval du CIO. Et l’os est que ce dernier a réduit en miettes le jugement du TAS, en autorisant les athlètes russes à prendre part aux 9es Jeux olympiques de leur pays, malgré deux passages devant le tribunal pour ceux-ci.

L’Agence mondiale antidopage – AMA : un rôle consultatif et “harmonisant”

Tout en bas de l’échelle décisionnaire, il y a l’AMA. Basée à Montréal, la fondation dit sur son site Internet avoir des buts de “supervision“, de “recherche“, de “coordination” et de “sensibilisation” à tout l’univers du dopage. Des actions nobles et souvent écoutées, mais pas toujours appliquées. L’AMA n’a en effet aucun pouvoir de décision, comme peuvent l’avoir le CIO ou le TAS. L’Institut international des agences antidopage (Inado), organisme qui travaille avec l’AMA, estime que cette décision du CIO marque “un triste jour pour le sport“. L’AMA s’est elle montrée “déçue que le CIO ne tienne pas compte des recommandations du comité exécutif de l’AMA qui se fondaient sur les résultats du rapport McLaren et auraient assuré une réponse directe, forte et harmonisée“.

Retrouvez toutes ces informations dans l’infographie ci-dessous, réalisée par Romain Gaspar :

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© RVL Romain Gaspar

Photo de Une : DAVID J.PHILIP / AP

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