Ce mercredi, le président de Lyon 3 était face aux étudiants pour « échanger » sur la prochaine « fusion des universités » lyonnaises. L’occasion pour eux d’exprimer leurs « nombreuses » inquiétudes.

Un exercice tout aussi « nécessaire » qu’inédit. Ce mercredi, Jacques Comby « échangeait » (ou plutôt « s’expliquait ») avec les étudiants de Lyon 3 sur la prochaine « fusion des universités ». En effet, même si l’objectif initial de cette rencontre était de « faire un état des lieux » du projet, les étudiants étaient décidés à « demander des comptes ». Un président qui a eu du mal à convaincre que « l’université-cible fera rayonner Lyon 3 ».

Pour le numéro 1 de l’Université Jean-Moulin, cette « fusion » est  une occasion de s’affirmer comme « un pôle universitaire de rang mondial ». L’objectif : concurrencer les établissements internationaux en créant « une université de toutes les sciences pour répondre aux questions de société », labellisée Idex. Un projet que Jacques Comby reconnaît aujourd’hui comme « compliqué » car « en cours d’élaboration ».

Pas « d’usine à gaz » mais une « mutualisation pour la réussite de tous »

« Les sciences humaines auront une large place dans l’université-cible » affirme Jacques Comby. En réalité, le projet se limiterait à faire « fusionner les services centraux et non les composantes […] qui seront très autonomes avec des conseils propres ». Selon lui, « rien ne change pour les étudiants » car « secrétariats et doyens vont rester en place avec la même liberté pédagogique et d’organisation » : condition intangible à la réussite du projet.

 

« Avec l’université-cible, chacun va trouver sa place dans un ensemble cohérent qui sera un pôle universitaire de rang mondial capable de répondre aux questions de société ».

 

Loin « d’être une usine à gaz », la future université de Lyon va « permettre à chacun de trouver sa place dans un ensemble cohérent » annonce Jacques Comby. Une nouvelle organisation qu’il imagine « au service de la réussite des étudiants » en trouvant, par exemple, « des solutions communes à la spirale de l’échec en licence ». Une fusion qui va aussi « accroître les dotations financières des établissements » dont les budgets « seront négociés avec le Ministre ».

La disparition de la « marque Lyon 3 », principale inquiétude étudiante

« Pourquoi vouloir effacer le nom de Lyon 3 pour un ensemble de 150 000 étudiants sans identité et sans histoire ? ». Attaqué par le président de l’UNI Lyon Thibaud Hubert, Jacques Comby s’est montré sévère, estimant« ne pas avoir de leçons à recevoir ». Et de poursuivre :« j’ai contribué à la renommée de la marque Lyon 3 en faisant oublier les heures sombres de l’histoire de cette université », référence aux temps où l’extrême droite régnait en maître.

 

« J’ai contribué, modestement, à la renommée de la marque Lyon 3 en faisant oublier les heures sombres de notre université. J’ai mis du temps, je vous l’assure ! »

 

Soutenu par une partie de la salle, Jacques Comby s’est vite rendu compte que l’avenir de la « marque Lyon 3 » était la principale préoccupation des étudiants. « Il y aura écrit quoi sur mon diplôme à la fin ? » relance une étudiante. Jacques Comby s’est montré ouvert. « On peut faire apparaître Lyon 3 à côté d’université de Lyon » avance-t-il, plaidant que « la marque Lyon 3 doit devenir la marque principale de l’université de Lyon ». Affaire à suivre !

A l’heure de la fusion,« la faible représentation étudiante » est « un problème » pour M. Comby car « ce pari va nécessiter une petite vigilance ». Avant d’ajouter, non sans émotion : « Le jour où Lyon 3 va disparaître, je vais avoir l’estomac bien plus noué que vous tous car j’ai donné 10 ans de ma vie à cet établissement ».

Rendez-vous le 1er janvier 2020.

 

 

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