Le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), l’organisation qui réunit les pays d’Amérique du Nord et du Sud, n’exclue pas une intervention militaire au Venezuela. Le pays connait une crise économique, migratoire et humanitaire.

La semaine dernière, le New York Times révélait que des représentants de l’administration Trump avaient rencontré des officiers rebelles de l’armée vénézuélienne. L’objectif de ces rencontres était de prévoir un coup d’Etat contre le président, Nicolas Maduro. Cette semaine, Luis Almagro, patron de l’Organisation des Etats Américains (OEA), a envisagé l’option d’une intervention militaire au Venezuela. En mai, Maduro a été réélu à la tête du Venezuela avec 68% des voix. Cette élection a été critiquée à travers le monde, comme une farce et un rejet de démocratie.

« Devant la souffrance des gens, devant l’exode qu’il [le gouvernement vénézuélien] a provoqué, des actions diplomatiques doivent tout d’abord être menées, mais nous ne devons exclure aucune [autre] action », selon lui. Près de deux millions de vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2015. La population totale est de trente-et-un millions d’habitants.

Le dirigeant de l’OEA a parlé de « violations des droits de l’homme » et de « crimes contre l’humanité » pour décrire le régime de Maduro. Le dirigeant utiliserait « la misère, la faim, le manque de médicaments et des instruments répressifs pour imposer sa volonté politique au peuple. » La crise économique fait rage au Venezuela, mais Nicolas Maduro refuse toute aide humanitaire depuis des mois.

« Incitation à une intervention militaire« 

Ces déclarations ne sont pas passées auprès du gouvernement. La vice-présidente, Delcy Rodriguez, a tweeté que « le Venezuela va dénoncer devant l’ONU et d’autres instances internationales M. Almagro (…) pour incitation à une intervention militaire dans notre pays et pour attenter à la paix en Amérique latine et aux Caraïbes. » Le président Maduro a qualifié « d’ingérence » la déclaration de Luis Almagro.

Le Groupe de Lima, réuni quatorze pays dans le but d’aider la population vénézuélienne. Si ces pays sommes Nicolas Maduro d’accepter l’aide humanitaire proposée, ils s’opposent à la déclaration d’Almagro. Un communiqué transmit par le ministère brésilien des Affaires étrangères affirme que onze des quatorze membres « ont exprimé leur préoccupation et leur rejet de toute démarche impliquant une intervention militaire ou l’exercice de la violence, de la menace ou l’usage de la force au Venezuela. » Ces pays sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et Sainte-Lucie. L’organisation veut « restaurer la démocratie au Venezuela et à surmonter la grave crise […] par une solution pacifique et négociée. »

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