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Vidéosurveillance dans les abattoirs : le collectif L214 perplexe

L’Assemblée nationale vient de valider contre toute attente une mesure visant à installer la vidéosurveillance dans les abattoirs de France. L 214, célèbre association qui milite pour la protection animale, salue l’initiative mais reste très perplexe quant aux changements qu’elle pourrait apporter.

De nombreux actes de maltraitance ont été observé ces dernières années dans les abattoirs français (© L214)

De nombreux actes de maltraitance ont été observés ces dernières années dans les abattoirs français (© L214)

L’installation de caméras de surveillance pour éviter la maltraitance

Surprise à l’Assemblée nationale. Hier soir, jeudi 12 janvier, elle a adopté, en première lecture, la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs à partir du 1er janvier 2018. Les députés ont ainsi validé la principale mesure de la proposition de loi « relative au respect de l’animal en abattoir ».

Cette proposition vise à accroître la transparence et le contrôle dans les établissements français de découpe. Cela intervient après une année marquée par des scandales de maltraitance animale à répétition. Les débordements pourront donc être contrôlés et punis.

La loi prévoit donc l’installation de caméras dans toutes les zones où des animaux vivants sont manipulés, qu’il s’agisse « des lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort ». L’installation sera effectuée « à l’issue d’une expérimentation permettant d’évaluer l’opportunité et les conditions de leur mise en place ». Les images, qui ne pourront pas être conservées plus d’un mois, seront visionnées seulement par les services vétérinaires et les associations de protection animale.

L’homme derrière cette proposition de loi est le député de la Charente-Maritime, Olivier Falorni. Le membre du Groupe Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste (RRDP) s’est d’ailleurs félicité de la tournure des évènements. « Le caractère irréversible de ce processus est acté, c’est une avancée majeure pour la protection animale. Je ne m’y attendais pas, tant l’affaire était mal engagée. » Falorni parle en connaissance de cause : des élus Les Républicains (LR), Parti Socialiste (PS) et même, et c’est plus surprenant, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) remettaient en cause le contrôle vidéo. Ils estimaient que cette méthode mettrait trop de « pression » et de « contraintes » sur les salariés, tout en étant coûteuse tant les abattoirs sont nombreux en France (960 au total).

Olivier Falorni, député de la 1ère circonscription de la Charente-Maritime (© DR)

Olivier Falorni, député de la 1ère circonscription de la Charente-Maritime (© DR)

Les caméras de surveillance ne pallieront pas au laxisme autour de la protection animale

L214 Éthique & Animaux, la célèbre association chargée de protéger les animaux utilisés dans la production alimentaire (viande, lait, œufs, poisson) en montrant leurs conditions d’élevage, de transport, de pêche et d’abattage, est à l’origine de nombreux scandales autour des abattoirs français. On se souvient notamment de l’émoi qu’avaient provoqué les images insoutenables de l’abattoir de Limoges (âmes sensibles s’abstenir) :

Joint par Radio VL, cette proposition de loi n’est pas une avancée majeure pour Sébastien Arsac, le co-fondateur de l’association. Loin de là. « Non, on ne considère pas cette mesure comme une victoire. À l’Assemblée, ce sont souvent des propositions à la marge de ce qui se passe vraiment qui sont présentées. Elles ne remettent pas en cause grand chose. » Le militant, âgé de 37 ans, remet surtout en question le fait que ce qui est prévu par la loi était déjà établi « L’enjeu qu’il y a autour des caméras de surveillance c’est « qui pourra voir les images ? » Ce qui a été retenu c’est que ce sont les services vétérinaires et les responsables de protections animales qui pourront voir les images » martèle-t-il. « Mais ce qu’il faut savoir, c’est que ces personnes étaient déjà là, au moment où notre association avait diffusé les différents scandales dans les abattoirs, et n’avaient pas réagi. Ce n’est donc pas parce que l’on met des caméras que ça va pallier le laxisme autour de la protection animale ».

Sébastien Arsac a co-fondé L214 en 2008 (© Neoplanète)

Sébastien Arsac a co-fondé L214 en 2008 (© Neoplanète)

Malgré tout, Sébastien Arsac a tenu à adresser ses félicitations au député à l’origine de la proposition. « On salue quand même le travail de Mr Falorni. Il a vraiment porté cette cause pendant des mois. C’est un peu la première fois que la question animale arrive dans la sphère politique à ce niveau là. » C’est d’ailleurs l’un des seuls points positif que le collectif a mis en avant « Ça nous a permis de mettre la question animale en premier plan au niveau politique ». « Cette question animale était déjà présente dans le débat public mais aussi dans les cercles des juristes, des philosophes ou encore des écrivains. Mais au niveau de la politique, on arrive toujours après la bataille. Ce n’est pas le corps le plus réactif en tout cas » ironise-t-il.

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