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Vision artistique #2 – Rencontre avec le stand-uppeur Nicolas Fabié et de ses « bandes sonores »

L’art est un sujet bien complexe, il est quasiment impossible à définir. Grâce à cette série, nous découvrons ceux qui nous aident à nous en sortir mentalement et à nous divertir en période difficile. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir le portrait d’un artiste et de comprendre sa vision de l’art. Deuxième rencontre, placée sous le signe de l’humour, avec Nicolas Fabié.

Micro à la main sur scène face à des publics différents tous les soirs, voilà le métier qu’a choisi Nicolas Fabié, stand-uppeur de 27 ans. Cette passion pour l’humour est présente dans sa vie depuis l’enfance : « J’ai eu le déclic, en 1998, le jour où la VHS d’Elie Semoun est sortie. » Cet enthousiasme pour cet art a ensuite évolué durant sa scolarité. Ce breton de souche se lance sur les planches pour la première fois dans de petits sketchs avec ses amis « par loisir » sans forcément envisager « en faire un métier. » Les rencontres, les expériences de premières parties, son premier plateau de stand-up du West Side Comedy à Nantes l’ont conduit à se jeter corps et âme dans cette nouvelle aventure.

Nicolas a tout de suite été séduit par le stand-up. « J’aime vraiment savoir dès le premier instant si on est bon, le verdict est instantané. Parfois ça peut être violent. J’ai pu passer deux semaines en dépression après un gros bide sur scène », se souvient-il en souriant. Depuis 5 ans, le stand-uppeur travaille sur des idées assez uniques en France : utiliser des bandes sonores comme des voix enregistrées ou des sons d’ambiance pour faire vivre ses sketchs.

« Je veux qu’on se souvienne de moi en disant : c’est le gars qui … »

Du vécu, c’est ce que Nicolas utilise pour écrire ses sketchs. « Il faut vraiment parler de ce qui nous touche émotionnellement. Pendant très longtemps je n’écrivais pas pour moi mais j’écrivais sur des sujets actuels. Je me suis rendu compte qu’il faut que l’humoriste sache d’abord écrire pour lui et ensuite ajouter une touche universelle pour que cela fonctionne et atteigne les gens », souligne-t-il.

Dans un contexte où le stand-up attire de plus en plus d’initiés, Nicolas a une théorie pour sortir du lot. Selon lui, le public retient une personne à partir du moment où « on dit c’est le gars qui ou la fille qui … » Tout peut entrer en jeu : un détail sur le look, un type de phrasé, un style unique. « Je veux qu’on se souvienne de moi en disant : c’est le gars qui … se différencie avec ses bandes sonores par exemple car je pense être le seul en France à faire ça », ajoute-il avec volonté.

L’humour est un art qui permet de parler de sujets très différents sur son propre vécu ou de façon plus large sur la société. Peut-on rire de tout est la question qui revient souvent. « Je pense qu’il faut être très fort, avoir une écriture à la limite de la perfection. Ce qu’il faut surtout se dire c’est qu’il y aura forcément des personnes qui vont mal le prendre mais c’est très important de le faire car les gens en ont besoin » y répond-il avant d’ajouter qu’un « artiste est celui qui va s’exprimer à travers différentes formes sur sa vision du monde, des relations humaines, ce qui le touche intrinsèquement. Il y a des émotions et des messages conscients et inconscients. Le but est que cela raisonne chez les gens et si c’est le cas c’est gagné. » À travers ses bandes annonces et ses sketchs, Nicolas tente d’atteindre cet objectif à chaque création.

Pour ceux qui veulent se lancer, le jeune homme de 27 ans a un conseil primordial : « Il faut travailler ses textes et être curieux de cet art en aiguisant ses goûts. Il faut travailler avec passion. » Aujourd’hui, Nicolas n’attend qu’une chose : pouvoir remonter très vite sur scène et partager avec le public.

Pour retrouver le premier épisode de cette série : Rencontre avec Insomnie et de son « laboratoire » musical

Julie Fortun

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