Plusieurs médias ont publié un rapport décrédibilisant totalement la version officielle fournie par l’Etat. Il concerne des contrats d’armement entre la France et des pays du Golfe, au détriment du Yémen. 

La révélation d’un rapport, remis à Emmanuel Macron en octobre 2018, fait polémique en ce jour. Il détaille les équipements conçus en France, vendus aux Émirats arabes unis et à l’Arabie Saoudite, dans le conflit détruisant le Yémen. 

6 médias sont concernés : Médiapart, Arte, Konbini, la cellule investigation de Radio France, The Intercept, Disclose. Ils ont publié plusieurs documents classés secret défense révélant les contrats d’armements passés entre la France et les pays du Golfe impliqués dans la guerre au Yémen. 

Un rapport qui décrédibilise la version officielle 

Disclose a alors reçu un rapport de 15 pages rédigé par la direction du renseignement militaire et remis à Emmanuel Macron lors d’un conseil restreint de défense le 3 octobre 2018. 48 canons Caesar ont donc été fabriqués à Roanne, dans la Loire sont localisés en Arabie Saoudite. Le rapport est alors explicite : les armes sont utilisées. 

Le rapport contredit donc la version officielle. Le gouvernement affirmait que les équipements terrestres vendus à l’Arabie Saoudite n’étaient utilisés qu’à des fins défensives. Pourtant, après le visionnage des images des lignes de front et des vues satellites, Disclose confirme que ces chars de combat ont été utilisés lors de grandes offensives de la coalition. 

Les Caesar sont censés « appuyer les troupes loyalistes et les forces armées saoudiennes dans leur progression en territoire yéménite ». 

« Entre mars 2016 et décembre 2018, 35 civils sont morts au cours de 52 bombardements localisés dans les champs d’action de ces canons » explique Disclose, s’appuyant sur les données de l’ONG Acled sur les morts civils par tirs d’artillerie. 

Un secret ? 

Lui aussi classé, mais diffusé à une quarantaine de personnes de « différents services et ministères », un autre document de 6 pages fait le point sur la situation au Yémen, mais en omettant les informations les plus compromettantes. 

Disclose observe donc une vraie volonté de dissimuler des informations qui « doivent être portées à la connaissance du public ».

Dans une interview à France Inter, le 20 janvier 2019, Florence Parly, la ministre de la Défense, avait alors affirmé ne pas avoir « connaissance du fait que des armes (françaises) soient utilisées directement dans ce conflit ». Pourtant, selon Disclose, la ministre avait reçu le rapport le plus détaillé, comme le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.