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On a vu pour vous … The Devil, All The Time (Netflix)

Réunissant un casting impressionnant, l’adaptation éponyme par Antonio Campos du célèbre thriller The Devil All The Time (2011) de Donald Ray Pollock est tout aussi bluffante que troublante.

Histoire du mal dans le nord des États-Unis durant les années 1950-1960

Le récit se partage entre deux États, l’Ohio et la Virginie Occidentale, et notamment entre les villes de Knockemstiff (Ohio) et Coal Creek (Virginie Occidentale). Il se déroule également entre 1945 et 1965.

L’histoire commence à KnockemstiffWilliard Russel (Bill Skarsgård), vétéran de la guerre du Pacifique, vit avec sa femme Charlotte et son fils Arvin. Traumatisé par la guerre et par les horreurs qu’il a pu voir, Willard était parvenu à retrouver la foi lorsqu’il s’était installé avec sa famille en 1950.

Mais ce bonheur ne dura pas car sept ans plus tard sa femme mourut d’un cancer en dépit de ses nombreuses prières et du sang sacrificiel qu’il avait fait coulé. Anéanti, il se donna la mort et son fils Arvin, alors âgé de 7 ans, dut aller vivre chez sa grand-mère et son oncle à Coal Creek. Dans cette ville où tous les habitants sont liés par le sang, il vécut également avec sa demi-soeur Lenora (Eliza Scalen) elle aussi orpheline mais issue de parents différents.

Pendant ce temps, le mal grandit dans le récit avec le couple de tueurs en série Carl (Jason Clarke) et Sandy qui recherchent des modèles à photographier et à tuer ou encore avec Roy (Harry Melling) et son cousin Théodore, des pasteurs fuyant la loi.

En 1965, alors jeune adulte, Arvin (Tom Holland) qui avait grandit en tant qu’homme bon dut faire face au mal s’immisçant dans sa vie.

Des acteurs impressionnants, une photographie captivante

Robert Pattinson, Tom Holland, Eliza Scalen (Les filles du Docteur March), Bill Skarsgård (IT) : le réalisateur Antonio Campos a su regrouper autour de son projet des acteurs jouant à la perfection.

Jason Clarke et Riley Keoug (Carl et Sandy) / Crédits photo : melty.fr
Robert Pattinson (Pasteur Preston) / Crédits photo : 20 Minutes

Dès le début du film, sans comprendre pourquoi, le spectateur ressent une ambiance pesante, malsaine. Le jeu des acteurs va au fur et à mesure amplifier ce sentiment jusqu’à nous rendre en haleine de la moindre parole ou de la prochaine action. De plus, le narrateur, qui est ni plus ni moins l’auteur original du roman Donald Ray Pollock, est présent tout au long de l’histoire et aide à accentuer ce sentiment d’angoisse. En bref, ce film jongle parfaitement entre suspens, horreur et surprise.

Côté technique cinématographique, on remarque de nombreux flashbacks (retour en arrière, ndlr) montrant par exemple Willard durant la guerre du Pacifique ou des prolepses (figure de style narrative permettant d’anticiper un fait, ndlr) avec la mort de Helen.

Pour ce qui est de la photographie, dirigée par Lol Crawley (Vox Lux), l’image fascine et il est presque impossible de décrocher les yeux de l’écran.

Fuir le Diable à tout prix (spoiler !)

Voilà comment le film aurait pu également s’appeler. Au fur et à mesure, la problématique devient de plus en plus évidente : Arvin, représentant l’homme bon, doit se débattre dans un monde où le mal est partout.

Tout au long du film, c’est l’opposition entre Dieu (le bien) et le Diable (le mal) qui guide les personnages. Certains d’entre eux représentent les qualités chrétiennes comme Lenora ou la grand-mère Emma tandis que d’autres sont les fruits même du vice comme c’est le cas de Carl ou du pasteur Preston Teagardin (Robert Pattinson).

À plusieurs reprises, le mal est incarné par les péchés capitaux, véniels et mortels. Les péchés capitaux, qui sont censés entrainer les autres, sont dans le film la luxure avec le pasteur Preston, la colère excessive avec Williard ou Arvin, l’avarice avec le shérif. Les péchés véniels sont plutôt des péchés d’ignorance ou de faiblesse comme ce fut le cas de Lenora avec le pasteur Preston. Enfin les péchés mortels, les plus graves, sont représentés par la succession de meurtres. 

Mais le mal est aussi présent par de nombreuses références au sang (soldat crucifié, etc.) ou par le jeu de relation chasseur-proie que l’on peut observer à plusieurs reprises comme avec le couple meurtrier et ses modèles ou encore le pasteur Preston et les jeunes filles.

Le bien est quant à lui présent par la présence constante de la prière qui semblerait être un échappatoire pour le commun des mortels et également à travers Arvin. En effet, Arvin va commettre de nombreux meurtres et délits. Cependant il semble qu’il joue, sans s’en rendre compte, un rôle de justicier débarrassant le monde des êtres les plus bas. Ses actes font référence au parole du shérif qui lui que “certains naissent pour qu’on les enterre”, comme si il était le missionnaire chargé de faire disparaître le mal. À la fin du film, le spectateur ressent même un sentiment de soulagement après qu’Arvin ait assassiné toutes les incarnations du mal alors qu’il a réalisé de nombreux meurtres.

Film disponible dès maintenant sur la plateforme de streaming Netflix.

Crédits photo : Netflix

À lire aussi : Emily in Paris : La bande-annonce de la nouvelle série Netflix du créateur de Sex and The City est tombée

About author

Maëva, 20 ans Journaliste VL Média Bordeaux
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