L’ex président Lula annonce sa candidature aux présidentielles depuis sa prison où il purge une peine de douze ans d’emprisonnement.

Quelles conséquences sur la vie politique brésilienne?

« L’homme qui a sorti de la misère trente millions de Brésiliens » investi par son parti

L’ex président, incarcéré à la prison de Curitiba depuis le 7 avril, ne se retire pas de la scène politique pour autant. Les juges l’avaient reconnu coupable à l’unanimité pour corruption, après que le scandale des Pétrobras l’ait éclaboussé. Cette condamnation ne signe pas son retrait de la vie publique pour les élections 2018. En effet, Lula continue de bénéficier d’une immense popularité auprès des électeurs brésiliens. Il serait accrédité de 33% des intentions de vote selon les sondages. Le parti des travailleurs (PT) l’a bien compris.

A lire aussi: Petrobras: le scandale qui écabousse la classe politique brésilienne

image-bolsa-familia

Logo du programme Bolsa Familia mis en place par Lula

Rappelons que l’ancien président a contribué à diminuer drastiquement les inégalités sociales au Brésil. La « Bolsa familia« , allocations familiales qui ont fait progresser le revenu des plus pauvres de 14%; le « Fome Zero« , aide sociale qui garantit l’accès aux produits alimentaires de base sont deux exemples des programmes sociaux que Lula a mis en place.

La popularité de l’ex-président s’étend aussi à l’international. Les chefs d’Etat Kirchner (Argentine), Mujica (Uruguay), Samper (Colombie) et Correa (Équateur) ont signé une pétition en faveur de Lula en janvier, assurant qu' »une élection sans Lula serait frauduleuse ».

La loi de la Ficha Limpa compromet la validité de la candidature

Les juges ont jusqu’au 17 Septembre pour examiner la validité de la candidature. Cependant, la loi de la Ficha Limpa (casier vierge)rend inéligible pour huit ans toute personne ayant été condamnée en appel. En principe, cette candidature sera rejetée.

Le PT a donc un autre plan en tête, étant donné l’échec très probable de la candidature. En effet, l’objectif du PT semble de décrédibiliser des élections où le nom du principal compétiteur a été exclu. Et donc de saper la légitimité du futur élu… De toute évidence, les autres candidats doivent se préparer à faire face à une forte opposition gouvernementale.

Un paysage politique assez éparse si Lula est hors jeu

Quatre prétendants se partageront l’électorat après l’exclusion probable de Lula.

En premier lieu vient l’extrême droite de Jair Bolsonaro, connu pour son homophobie et son discours sur le retour à l’ordre (en faveur de la peine de mort et du port d’arme). Il profite du discrédit des politiciens traditionnels et de sa réputation exempte d’affaires de corruption pour grimper en favori avec 18 % des intentions de vote.

image-bolsonaro

Le candidat est favori des sondages après Lula

En deuxième position vient l’écologiste Marina Silva, qui met la protection de l’environnement et de l’Amazonie comme fer de lance de sa campagne. S’efforçant de proposer une troisième voie en dehors du duel gauche -droite, elle recueille 15% des votes.

A lire aussi: la déforestation de l’Amazonie est en baisse de 16%

Ensuite, Giro Gomès espère récupérer les voix de l’ancien président si celui-ci sort de la course.

Enfin, Geraldo Alckmin mène une vaste coalition de centre droit et bénéficie d’une importante force électorale du fait de sa position centriste. Il ne recueille pour le moment que 8% des votes.