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3 films de genre français à (re)regarder de toute urgence

Films de genre Goal of The Dead

Kung-fu en costume d’aristo, claustrophobie en Fa-Mas, match de foot de mort-vivants.. 3 films de genre Français à revoir de toute urgence

Grave, la petite pépite de Julia Ducourneau, sort sur les écrans ce mercredi. Plébiscité partout où il est passé, le film est foncièrement original dans ses thématiques. Rares en France sont les films dits “de genre” (c’est à dire, le plus souvent, des séries B) sur lesquels misent les producteurs, et encore plus rares sont de tels films réussis. Nous vous en avons listé trois, sur lesquels vous devez vous jeter si vous ne les avez pas vu.

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Le Pacte des Loups (2001)

En 2001, Christophe Gans offre au monde son 2e film, Le Pacte des Loups. Surdoué du cinéma, Gans est un touche-à-tout, un passionné qui respire, mange, dort en pensant 7e Art. En parallèle de ses études à l’IDHEC (la future Fémis), il créé avec quelques copains aussi fans que lui de Cronenberg, Cameron, Argento, Bava ou John Woo le magazine culte Starfix. Avant de passer derrière la caméra, il aura été journaliste cinéma, scénariste, producteur, distributeur (de VHS venues de Hong Kong), trimballant dans ses valises une connaissance et une passion du cinéma que tous estiment équivalente à celle d’un Tarantino ou d’un  Scorsese. Après un court-métrage d’école (Silver Slime) et la première partie d’un film hommage à H.P. Lovecraft (Necronomicon), il adapte sur grand écran le manga culte Crying Freeman, chronique d’un tueur chinois surdoué, que le réalisateur résume comme “un poème d’amour adressé à The Killer, de John Woo“. A l’écran, Tchéky Karyo, et surtout le très souple Mark Dacascos.

Pour Le Pacte des Loups, Gans ne fait pas les choses à moitié. Doté d’un énorme budget (32 millions d’euros), le film aligne un casting exceptionnel : des anciens, comme Jean Yanne, Jean-François Stevenin, Jacques Perrin ou Bernard Farcy, mais surtout l’intégralité des jeunes premiers d’alors : Samuel Le Bihan, Vincent Cassel, Monica Belucci, Emilie Dequenne (pour son premier rôle après son prix d’interprétation Cannois pour Rosetta), Jérémie Renier et en bonus Mark Dacascos, toujours là. Avec le recul , il est assez remarquable que Christophe Gans ait réussi à convaincre autant d’artistes et de financiers à participer à la création d’une œuvre aussi originale. Le Pacte des Loups se veut un grand écart des genres sur fond de traque de la bête du Gévaudan dans la campagne française de la fin du 18e siècle. Film de costume lorgnant vers l’horreur, thriller policier, mais aussi film d’action mystique aux scènes de combats impressionnantes (le chorégraphe, Philip Kwok, est venu directement d’Hong Kong), tous les ingrédients sont réunis pour une bouillis visuelle sans queue ni tête. Mais Gans est loin d’être manchot : son scénario est dense mais fascinant, ses personnages complexes, ses acteurs habités, sa mise en scène est à la fois virevoltante dans l’action, et époustouflante dans sa photographie et sa lumière. Décors, costumes, musique, tout est au service d’une ambiance poisseuse très travaillée, dans lequel plonge un spectateur qui part pour un voyage marquant (voire traumatisant) de presque 2h30. Le public ne s’y trompe pas, et le film cartonnera en France (plus de 5 millions de spectateurs) et dans le monde.

Le Pacte des Loups
En revoyant le film, on reste complètement ahuris de la tournure qu’a pris la carrière de Gans depuis. Bien qu’il ait pu montrer encore tout son talent esthétique dans La Belle et la Bête ou Silent Hill, ces films n’ont pas connu un succès retentissant, assez légitimement d’ailleurs. On rêve alors de ce que serait devenu le monde si les projets du réalisateur, tous complètement fous et qui se sont vus annulé les uns après les autres, avaient vu le jour : un Bob Morane avec Vincent Cassel dans le rôle-titre, Nemo, un prequel à 20 000 lieue sous les mers co-écrit avec Roger Avary, collaborateur des premiers jours de Tarantino, Rahan, l’adaptation du manga culte Patlabor, un remake de Fantomas..  Gans est un génie incompris, dont les projets, trop ambitieux, font peur aux producteurs. Quel dommage.

Nid de Guêpes (2002)

Si aujourd’hui Florent Emilio-Siri est tristement coupable de la série Marseille, première production Netflix en France et véritable mode d’emploi des erreurs à ne pas commettre à la télévision, il ne faudrait pas oublier qu’il reste un grand réalisateur. Quand il s’y met. Cloclo, le génial biopic sur Claude François, c’est lui. Mais Pension Complète, inénarrable bouse avec Gérard Lanvin et Franck Dubosc, c’est lui aussi. L’Ennemi Intime, film fort sur les traumatismes de la guerre d’Algérie, avec Albert Dupontel et Benoît Magimel, c’est lui. Mais Otage, l’une des premières bouses de la longue liste de bouses dans lesquelles s’est noyé le jadis si brillant Bruce Willis, c’est lui aussi. Bref, une fois sur deux, Florent Emilio-Siri vous en met plein les yeux et plein les tripes.

Nid de Guêpes fait partie de ces films éblouissants. Huis-clos d’action explosif, on y suit la tentative de casse d’un entrepôt par un petit groupe de voleurs (Samy Naceri, quand il était encore fréquentable, Benoît Magimel, Sami Bouajila), qui se retrouvent nez-à-nez avec un garde de nuit pas très coopératif (Pascal Greggory). Les choses sérieuses commencent quand une escorte policière transportant un parrain de la mafia albanaise débarque, attaquée de toute part par des hommes lourdement armés. On en prend plein les yeux dans ce film de pure action où pourtant aucun personnage n’est caricatural. Certes, l’ensemble a un peu vieilli, mais il reste une référence française dans le genre du film 100% action loin d’être stupide. Si vous êtes normalement constitué, vous perdrez environ 1l de sueur pendant les 1h45 minutes que dure le film. Et serez en tachycardie constante. A rattraper d’urgence si vous ne l’avez jamais vu.

Goal of the Dead (2014)

En 2010, les frères Rocher (Benjamin le réalisateur, et Raphael le producteur) marquent le coup avec la Horde, petit film de zombie made in France qui connaitra un joli succès sur le marché DVD international. Quatre ans après, les frérots doublent la mise, en sortant pas un mais deux films de zombie francophone. Et pas que, car Goal of the Dead est un film de zombie, oui, mais un film de zombie ET de football ! L’histoire est simple : l’Olympique de Paris (!) part faire un match dans le petit village de Capelongue. Pas de bol, un virus se propage juste à ce moment là, transformant tout le monde en créature assoiffée de chair humaine. Deux films (la seconde mi-temps est réalisée par Thierry Poiraud, déjà responsable avec son frère du complètement WTF Atomik Circus, le retour de James Bataille) pour voir Alban Lenoir (qui retrouvera les frères Rocher pour l’excellent Antigang quelques mois plus tard) Ahmed Sylla et Bruno Salomone se débattre face aux hordes de morts-vivants. Au-delà des scènes gores, Goal of the Dead soigne lui aussi un minimum ses personnages, entre l’ancien entraineur au bord du suicide, le jeune joueur qu’on a envie de gifler à chaque fois qu’il ouvre la bouche, la journaliste qui ne recule devant rien pour avoir son scoop.. Bref, 2h20 (2x 1h10) de pur plaisir coupable, à consommer sans modération.

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