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5 éléments pour comprendre les narcotrafiquants : les cartels du Mexique (partie 3)

Etat frontalier des Etats-Unis, pays le plus consommateur de cocaïne au monde, le Mexique est la route privilégiée du trafic de drogue en Amérique. Tableau d’un pays régi par le narcotrafic.

Produite dans la région des Andes, la coca est transformée en cocaïne en Colombie puis acheminée aux Etats-Unis par le Mexique. Ce qui fait du pays un territoire au cœur de multiples tensions. Près d’une vingtaine de cartels se disputent le contrôle du territoire et donc de cette manne financière. Entre répression et corruption avec les forces de l’ordre, milices citoyennes pour défendre les mexicains, rivalités entre gangs, interventions des Etats-Unis, le Mexique est devenu un pays ultra-violent qui s’embourbe dans une guerre de la drogue.

Une multitude de cartels se disputent le Mexique

On compte aujourd’hui environ 16 cartels qui contrôlent différentes régions du Mexique. La plus puissante à ce jour : le cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Fondée en 2009 par « El Mencho », c’est la troisième plus importante organisation criminelle mondiale. Le CJNG contrôle 24 Etats mexicains, dont le Michoacan, région connue pour être violente. Ses principales actions: la création et l’exportation de drogues comme le fentanyl, mais aussi le trafic d’armes.

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Leur principal rival : le cartel du Sinaloa. Il a longtemps été le cartel numéro 1 du Mexique, contrôlant la production de pavot à opium qui était alors concentrée dans le nord-ouest du pays (à Sonora, Sinaloa et Chihuahua notamment). Son chef est le célèbre Joaquin « El Chapo » Guzman, actuellement derrière les barreaux aux USA. Ce gang, réputé pour filmer ses meurtres pour les diffuser, est le principal exportateur de drogues dures vers les Etats-Unis.

Parmi les cartels du Mexique on compte aussi le Cartel de Tijuana en Basse Californie, spécialisé dans le trafic d’armes, de drogue et le blanchiment d’argent ; le très redouté cartel du Golfe, spécialisé historiquement dans la contrebande d’alcool; le cartel de Juarez qui fait aussi dans le trafic de migrants, ou encore la Mara Salvatrucha.

Qui sont les narcotrafiquants au Mexique ?

Les motivations pour entrer dans un cartels sont multiples : l’argent, le pouvoir et la drogue… C’est aussi faire partie d’un groupe, d’une unité puissante. C’est pourquoi les gangs sont en général constitués de jeunes âgés de 15 à 30 ans. Leurs origines sociales sont de tous horizons. On trouve bien-sûr des personnes issues de milieux très précaires, mais aussi des diplômés issus de la classe moyenne urbaine. Nombre d’entre eux sont des descendants de narcotrafiquants.

La plupart des chefs de cartels aujourd’hui sont des renégats du cartel de Sinaloa.

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L’Etat mexicain : responsable de la prolifération des cartels ?

Le trafic de drogues au Mexique est né sous la protection et sous la domination de l’Etat. La fragilité du pouvoir a permis par la suite l’autonomisation des cartels. Depuis toujours, il existe une réelle fluidité entre les membres de l’Etat et les membres des cartels. En 2019, un ancien ministre de la défense du Mexique, Salvador Cienfuegos, a été arrêté aux Etats-Unis. Une enquête avait démontré qu’il était impliqué dans du trafic de drogue et de blanchiment d’argent. De plus, l’Etat a toujours oscillé entre des politiques de répression et des politiques de collaborations.

Le président actuel, Andrés Manuel López Obrador, a fait campagne sur la lutte contre la corruption et contre les narcotrafiquants. Depuis son élection en 2018, il a lancé de vastes opérations de l’armée pour lutter contre les narcos. Mais la « guerre de la drogue » a attisé les violences. Les chefs arrêtés ont été remplacés par des chefs intermédiaires qui ont dû s’imposer par des démonstrations de violences. Le taux d’homicide a explosé.

L’armée est parfois démunie face au pouvoir des narcos. En 2019, lorsque l’armée arrête « El Raton », le fils d' »El Chapo », elle doit le relâcher quelques heures plus tard. Des centaines d’hommes de son cartel avaient envahi la ville et menaçaient de massacrer les civils et les familles des militaires.

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Un pays ultra-violent

Selon les données officielles des autorités mexicaines, 60% de la violence sur l’ensemble du territoire national provient des cartels mexicains. En 2021, 36 000 personnes ont été tuées au Mexique.

Mais l’Etat fait également partie de ce système violent : la violence fait partie du pouvoir politique au Mexique. Mais la politique de répression des cartels est un échec. A tel point que des milices de citoyens armés se sont constituées pour défendre leurs territoires. Car la vie des civils est constamment menacée. Leurs activités également, comme la culture des avocats.

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Le contrôle des populations est un véritable enjeu pour les narcos comme pour l’armée. Pour beaucoup de civils mexicains, armée ou cartels sont la même chose. Les deux utilisent tour à tour la violence et la bienfaisance pour asseoir leur pouvoir. Dans le Michoacan, El Mencho a par exemple mis en scène un vrai projet social. Il donne des provisions aux habitants, a construit un hôpital… La population est délaissée par les autorités, c’est donc un vide que peuvent occuper les cartels, ce dont ils se servent pour leur communication.

Le narcotrafic : un enjeux géopolitique

Les Etats-Unis se sont engagés très tôt dans des mesures de répression des narcotrafiquants au Mexique. Avant même que ce soit un enjeu politique au Mexique. Des mesures d’interventions à l’encontre des cultures de pavots sont prises dès 1938. La lutte contre la drogue donne un véritable pouvoir de négociations à Washington.

Bien que le Mexique ait déclaré ne plus vouloir de l’intervention des Etats-Unis dans leur guerre contre les cartels, les financements de l’armée mexicaine pour lutter contre les narcotrafics est une manne financière non négligeable. La lutte contre les narcotrafiquants est donc un réel business, financé par la première puissance mondiale.

A lire aussi : 5 éléments pour comprendre les narcotrafiquants : le cartel de Cali (partie 2)

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