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On a vu pour vous… Gangs of London (saison 3), toujours le chaos dans la capitale britannique

Avec une troisième saison encore plus violente et imprévisible, Gangs of London continue d’impressionner… tout en flirtant parfois avec ses propres limites.

C’est quoi, Gangs of London ? Toujours contrôlée par une mosaïque de gangs internationaux, Londres est un champ de bataille. Les clans Albanais, Kurdes, Pakistanais, Irlandais… cohabitent tant bien que mal. Jusqu’au moment où une cargaison de cocaïne frelatée provoque des centaines de morts, mettant en péril leurs affaires. Très vite, les accusations fusent, les alliances explosent et chaque gang traque le responsable. Désormais au sommet de la hiérarchie criminelle, Elliot (Sope Dirisu) se retrouve au cœur du chaos, dans une lutte de pouvoir entre guerre des gangs, pressions politiques et menace constante.

Après deux saisons époustouflantes, Gangs of London revient sur Canal +. Rappelons qu’à l’origine de la série, on retrouve Gareth Evans réalisateur des films The Raid et The Raid 2 aux scènes de combat ultra-chorégraphiées.

Dès le début, Gangs of London s’est distinguée par une approche très graphique et brutale : longues scènes de fusillades, combats au corps-à-corps intenses, mise en scène millimétrée, violence stylisée, presque chorégraphiée.

Cependant, Gareth Evans est moins impliqué dans cette troisième saison, laissant davantage de place à d’autres showrunners et réalisateurs. Un changement qui se ressent dans le ton et la construction de la série.

Une saison toujours sous haute tension

Cette saison pousse encore plus loin les enjeux déjà explosifs des précédentes. D’un côté, les gangs tentent de maintenir un équilibre de plus en plus fragile, chacun essayant de tirer profit du chaos. De l’autre, les autorités politiques entrent dans la danse, notamment la maire de Londres, bien décidée à reprendre le contrôle de la ville. Mais comme souvent dans la série, la frontière entre justice et manipulation, intérêt collectif et enjeux personnels reste floue.

A lire aussi : Furies, la résistance en marche

La série conserve un atout majeur : ses personnages, certains devenus emblématiques au fil des saisons. Comme l’Albanais Luan, tour à tour père de famille attentionné et chef de guerre impitoyable. Ou encore l’impressionnante Lale (excellente Narges Rashidi), figure centrale du clan kurde dont la détermination en fait l’un des personnages les plus fascinants de la série. N’oublions pas Asif Afridi, meneur du clan pakistanais diaboliquement sournois, dont la cruauté atteint toujours des sommets.

Et puis il y a Elliot, toujours superbement interprété par Sope Dirisu.  Ancien policier infiltré devenu gangster, il reste le pivot de la série : un personnage pris dans un engrenage dont il ne maîtrise plus les règles, en porte-à-faux entre loyautés contradictoires, intérêt personnel et sentiments. Il devient une pièce centrale du jeu — et donc une cible privilégiée.

Car comme si ses démêlés avec les gangs ne suffisaient pas, un nouvel acteur fait son entrée : un redoutable tueur à gages incarné par Andrew Koji (Warrior) dont l’efficacité et la brutalité ajoutent une couche supplémentaire de tension à une situation déjà explosive. L’arrivée du personnage apporte une nouvelle dynamique. Silencieux, méthodique et redoutablement efficace, il s’impose rapidement comme une menace majeure. 

Andrew Koji n’est pas venu faire dans la dentelle

Résultat : une saison où chaque épisode peut basculer à tout moment, et où la notion même de sécurité n’existe plus.

Le spectacle avant tout

S’il y a bien une chose que Gangs of London maîtrise toujours à la perfection, c’est le spectacle. Les scènes d’action restent impressionnantes. Les fusillades s’étirent, les combats sont filmés avec précision, et la violence (voire le sadisme) atteint des sommets rarement vus à la télévision. On est loin du réalisme brut d’une série comme Gomorra. Ici, la violence est stylisée, presque opératique. On pense davantage à l’esthétique d’un John Wick qu’à celle d’un polar classique.

Le résultat est souvent saisissant. Certaines séquences tiennent presque du film d’action autonome, tant elles sont maîtrisées dans leur mise en scène. Mais cette surenchère a aussi un revers. Depuis la saison précédente, la série semble engagée dans une logique de surenchère permanente, une fuite en avant qui la pousse à frôler toujours davantage la fine limite de l’outrance. Chaque saison doit aller plus loin. Plus violente. Plus spectaculaire. Plus choquante. Et dans cette saison, cette logique atteint parfois ses limites.

Une série toujours addictive malgré ses limites

Les rebondissements deviennent de plus en plus improbables. Certains personnages survivent à des situations difficilement crédibles. D’autres réapparaissent alors qu’on les pensait définitivement hors jeu. Et à force de vouloir surprendre, la série flirte parfois avec l’excès, quitte à mettre à mal sa propre crédibilité.

Cette impression est renforcée par une narration de plus en plus dense, où les intrigues s’accumulent et les trahisons se multiplient. Au point qu’il arrive qu’on s’y perde. Qui est vraiment mort ? Qui est allié à qui ? Qui trahit qui ? Et d’ailleurs, pourquoi ? Dans Gangs of London, ce n’est jamais une question anodine.

Des alliances – et des trahisons – totalement inattendues

Mais en dépit de ses excès, Gangs of London reste profondément addictive. La série avance à un rythme soutenu, enchaîne les rebondissements et maintient une tension constante. Même lorsque la crédibilité vacille, le spectacle prend le relais. C’est sans doute là sa plus grande force : assumer pleinement son côté excessif. 

Car Gangs of London n’est pas une série réaliste ; c’est une tragédie criminelle sous stéroïdes. Un univers où les alliances ne durent jamais, où la violence est omniprésente et où chaque décision peut avoir des conséquences fatales. Et emportés par le tourbillon meurtrier de la pègre londonienne, on en redemande. 

Avec cette troisième saison, Gangs of London confirme ses qualités… et ses limites. Toujours aussi spectaculaire et intense, elle continue de proposer des séquences d’action parmi les plus impressionnantes du petit écran et une galerie de personnages charismatiques. Mais elle montre aussi les signes d’un petit essoufflement, avec une tendance à l’excès et à la surenchère qui peut parfois nuire à la narration. Reste une série à part : imparfaite, chaotique… mais redoutablement efficace et extrêmement addictive. 

Gangs of London – saison 3
8 X 50′
Disponible sur Canal+

About author

Traductrice et chroniqueuse, fille spirituelle de Tony Soprano et de Gemma Teller, Fanny Lombard Allegra a développé une addiction quasi-pathologique aux séries. Maîtrisant le maniement du glaive (grâce à Rome), capable de diagnostiquer un lupus (merci Dr House) et de combattre toutes les créatures surnaturelles (vive les frères Winchester), elle n'a toujours rien compris à la fin de Lost et souffre d'un syndrome de stress post-Breaking Bad
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