Le biopic Michael sort en France le 22 avril 2026. Réalisé par Antoine Fuqua, il retrace la vie du Roi de la Pop. Mais attention, il ne retrace pas toute sa vie. Le film couvre une période précise, de 1966 à 1988. Tout ce qui se passe après cette date est absent de l’écran.
De Gary à Wembley : l’enfance, la famille, la gloire
Le récit commence à Gary, dans l’Indiana. C’est en 1966 que le jeune Michael Jackson fait ses premiers pas sur scène, au sein du groupe familial des Jackson Five. Le film montre l’enfance de la star, sa relation avec son père Joe Jackson, interprété par Colman Domingo. Joe Jackson est dépeint comme un homme autoritaire et violent, qui exploite le talent de ses fils dès leur plus jeune âge. Michael Jackson commence à se produire à seulement six ans. Il grandit sans jamais vivre une enfance normale.
Le film suit ensuite le début de la carrière solo de Michael Jackson. On y voit son émancipation progressive vis-à-vis de son père et du groupe familial. Les albums Off the Wall (1979) et Thriller (1982) constituent des étapes majeures de son ascension. La collaboration avec le producteur Quincy Jones, interprété par Kendrick Sampson, est également mise en avant. Ces années sont celles d’un génie en construction, avide de dépasser toutes les limites.
Le film se conclut en 1988, à Londres, lors d’un concert de la tournée Bad World Tour à Wembley Stadium. Le réalisateur Antoine Fuqua a d’abord filmé les scènes de concert, pour aider Jaafar Jackson à incarner pleinement son oncle dès le début du tournage. L’avocat de la succession, John Branca, est lui aussi présent dans le film, interprété par Miles Teller. La mère de Michael Jackson, Katherine, est incarnée par Nia Long. Elle représente un contrepoids à la violence paternelle. La dynamique familiale est au cœur du récit.
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Après 1988 : les années que le film préfère oublier
Tout s’arrête en 1988. Ce choix n’est pas anodin. Les années qui suivent sont celles des grandes controverses, et le film les évite toutes.
En 1993, un adolescent de 13 ans, Jordan Chandler, accuse Michael Jackson d’abus sexuels. C’est la première affaire de pédocriminalité portée contre lui. Un accord financier d’environ 20 millions de dollars est conclu en 1994, évitant un procès pénal. Mais cet accord contient une clause interdisant toute représentation de l’affaire dans un film. C’est précisément cette clause qui a contraint les producteurs à supprimer un tiers du contenu tourné, après 22 jours de retournage en 2025.
En 2003, le documentaire Living With Michael Jackson relance la controverse. Michael Jackson y déclare ne voir aucun problème à partager son lit avec des enfants. Un second adolescent, Gavin Arvizo, l’accuse alors d’agression sexuelle. Un procès pénal s’ouvre en 2005 à Santa Maria, en Californie. Michael Jackson fait face à dix chefs d’inculpation. Il est acquitté sur tous les chefs d’accusation le 13 juin 2005. Il n’a jamais été condamné, ni au pénal, ni au civil.
En 2009, Michael Jackson décède d’une overdose de propofol, à 50 ans. En 2019, le documentaire Leaving Neverland ravive encore les accusations, portées cette fois par deux hommes, Wade Robson et James Safechuck. Plusieurs procédures civiles sont toujours en cours.
Tout cela, le film ne le montre pas. La succession de Michael Jackson aurait dépensé entre 10 et 15 millions de dollars pour retirer ces passages. Une deuxième partie du biopic est envisagée, mais sa sortie dépendra du succès du premier film.