Le MMA est en train de conquérir la France à une vitesse impressionnante. Mais malgré tout, certains détracteurs persistent à vouloir décrédibiliser la discipline en pointant son manque de règles. Point sur le règlement du MMA.
Il y a encore dix ans, le MMA était interdit en France. Parmi les derniers pays européens à avoir autorisé la pratique sur son sol, la France est désormais une des étoiles montantes de ce sport. La discipline a explosé dans l’Hexagone, portée notamment par les réseaux sociaux et des figures attachantes telles que Cyril Gane ou encore Benoît Saint-Denis. En septembre 2022, 15 000 spectateurs ont assisté au premier événement UFC en France à l’Accor Arena. Un succès retentissant, aussi bien sportivement que dans l’image renvoyée. Depuis, les organisations françaises comme l’Hexagone ou Arès enchaînent les grands événements à guichets fermés. Une ascension fulgurante pour une discipline encore floue pour beaucoup.
Le MMA, c’est quoi exactement ?
Le Mixed Martial Arts (MMA) est un sport qui réunit l’ensemble des sports de combat et arts martiaux. Boxe anglaise, muay-thaï, jiu-jitsu brésilien, lutte, judo, le MMA condense toutes ces disciplines en une. Les combats se déroulent dans une cage appelée « Octogone » pour sa forme. La majorité des affrontements se déroulent en 3 rounds de 5 minutes. Mais pour les combats très importants et médiatisés, 5 rounds sont possibles. Ces manches durent 5 minutes et sont séparées d’une pause de 1 minute. Un combat peut se terminer de trois façons : par K.O, par soumission ou par décision des juges. En effet, lorsqu’aucun combattant n’a réussi à terminer son adversaire au terme des 3 ou 5 rounds, des juges évaluent qui a dominé chaque round. Celui à qui les juges accordent le plus grand nombre de rounds est donc déclaré vainqueur.
Concernant les organisations, une domine largement : l’Ultimate Fighting Championship, dit UFC. Fondée en 1993 aux Etats-Unis, elle est aujourd’hui valorisée à plusieurs milliards de dollars. En Europe, le Bellator et le PFL se disputent la deuxième place. En France, c’est l’Hexagone MMA qui s’est imposé comme la référence nationale. Ses évènements sont régulièrement complets et largement couverts médiatiquement. En plus de ses combattants stars, la France commence à s’imposer comme un vrai pays de MMA grâce à ses différentes organisations.
Des aprioris à déconstruire
Puisqu’il réunit plusieurs disciplines, beaucoup pensent que tout est permis en MMA. Mais c’est évidemment une idée reçue. Les coups à l’arrière de la tête, les morsures, les attaques aux yeux et les coups dans les parties intimes sont strictement interdits. S’accrocher à la cage, tirer les cheveux ou attraper les gants de l’adversaire sont aussi des fautes sanctionnées. Un arbitre est présent dans la cage afin de veiller au respect de ces règles. En cas de dérapage grossier ou de manquements au règlement trop nombreux, l’arbitre peut mettre un terme au combat et disqualifier un des deux combattants. Le cadre est donc extrêmement strict, et n’a rien à voir avec l’image de violence incontrôlée souvent véhiculée par les détracteurs du MMA.
Ces aprioris sont dûs aux pratiques présentes au début du MMA. À l’époque, aucune des règles citées précédemment n’étaient appliquées. Pire, les catégories de poids n’existaient même pas. Un sumo pouvait donc affronter un karatéka de 60 kilos dans l’octogone. Désormais les combattants qui s’affrontent ont des poids sensiblement égaux. Ce « free-fight » des débuts du MMA n’a plus grand-chose à voir avec la discipline moderne d’aujourd’hui. Le MMA est un sport de combat et il est important qu’il le reste. Mais c’est bien un sport, encadré par des règles, et des individus qui veillent au bon respect de ces dernières.