Alors que le coup d’envoi du plus grand événement sportif de la planète approche, une ombre plane sur l’édition 2026. Serait-elle l’édition la plus polluante jamais organinsée ? On vous en parle…
Le coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026 sera donné ce jeudi 11 juin 2026. L’événement prendra fin le 19 juillet. Organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, ce tournoi promet d’être impressionnant, mais aussi détenteur d’un triste record : une empreinte carbone jamais atteinte dans l’histoire du sport.
L’excès dans un monde de dérèglement climatique
Le constat des experts est sans appel. Plusieurs études estiment que la Coupe du monde 2026 émettra environ 9 millions de tonnes de CO2. La fourchette haute est même estimée à 15 millions de tonnes. Pour mesurer l’ampleur de ce désastre écologique, ce volume représente plus du double des émissions de l’édition 2022 au Qatar (4 millions de tonnes), pourtant largement critiquée à l’époque pour la construction de ses stades climatisés. Il équivaut également à l’empreinte carbone annuelle de quatre millions d‘allers-retours Paris-New York en avion.
Comment expliquer une telle explosion des compteurs ? La réponse tient en deux mots : expansion et géographie. Pour cette édition, la FIFA a fait passer le nombre d’équipes participantes de 32 à 48. Cela fait par conséquent monter le nombre total de matchs à 104, répartis sur trois pays hôtes. Même si, contrairement à l’édition du Qatar, aucun stade n’a été construit à partir de rien exclusivement pour l’événement, on rénove tout de même une dizaine de villes pour l’occasion.
Le transport aérien : grand coupable
Contrairement au Mondial au Qatar où les stades étaient regroupés dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres plutôt accessibles, l’édition 2026 s’étend sur trois pays différents, qui plus est dans des villes peu voire pas reliées par des trains. Ainsi, on prévoit la plupart des trajets en avion.
La logistique imposée aux équipes tourne parfois à l’absurdité géographique. Par exemple, l’équipe de Bosnie-Herzégovine devra enchaîner les déplacements entre Toronto, Los Angeles et Seattle, accumulant plus de 9 000 km de vols intérieurs. Pour se défendre, la FIFA met en avant un argument de poids : l’absence de grands chantiers, mentionnée plus haut.
À noter aussi que la FIFA a signé un partenariat avec la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, l’entreprise la plus polluante de la planète. Selon les études, celle-ci était responsable de plus de 3% des émissions de CO2 mondiales en 2023.
Un modèle insoutenable face à l’urgence climatique
Face à ces prévisions alarmantes, la pression des organisations environnementales s’accentue sur la FIFA. En 2021, lors de la COP26, l’instance dirigeante du football mondial s’était pourtant engagée à réduire ses émissions de 50 % d’ici 2030, et à atteindre une neutralité carbone d’ici 2040. Force est de constater que le choix d’un format élargi et d’une dispersion continentale va à l’opposé de ces promesses.
Au-delà des chiffres, les athlètes eux-mêmes vont être les premiers à subir les effets de ce dérèglement. Les climatologues prévoient que 97 des 104 matchs connaîtront des températures supérieures à 28°C en juin et juillet. Cela menacerait évidemment la santé des joueurs sur la pelouse ainsi que celle des supporters dans les gradins. Enfin, plusieurs stades non-climatisés, comme Miami, Kansas City, ou encore New York, promettent des matchs compliqués à jouer et à soutenir.
En privilégiant le commercial au détriment de l’écologique, la Coupe du monde 2026 s’inscrit déjà comme une aberration climatique majeure. Elle pose une question cruciale pour l’avenir : le sport peut-il continuer à ignorer les limites de la planète ? Sans une réinvention totale du modèle, impliquant des zones géographiques restreintes et des réseaux ferroviaires obligatoires par exemple, le football risque de contribuer plus que tout à faire perdre à l’humanité le combat face au réchauffement climatique qu’il provoque lui-même.