C’est la fiction événement que TF1 installe sur sa grille de programmation dès le 7 septembre. Avec « La Cible », Tomer Sisley revient dans un registre ultra-physique aux côtés de Fauve Hautot. Entre cascades impressionnantes et secrets de famille bien gardés, ce thriller policier en 6 épisodes tient-il toutes ses promesses ? On a décortiqué cette saison pour vous aider à faire votre choix.
Hugo est un garde du corps qui traverse un divorce compliqué avec son ex-femme qu’il aime encore. Le jour où il vient fêter l’anniversaire de son fils, son ex-femme et ses deux enfants sont kidnappés. Rapidement l’enquête de police le suspecte… Alors qu’il est sur le point d’être déféré, il n’a d’autre choix que de s’échapper pour retrouver femme et enfants, tout en fuyant la police convaincue de son implication. Une course contre la montre s’enclenche. Jusqu’au moment où il va découvrir qu’il ne savait pas tout de sa femme…
Une ouverture spectaculaire qui donne immédiatement le ton
Dès les premières minutes de La Cible, le rythme est lancé. Tomer Sisley est embarqué dans une course-poursuite infernale qui s’achève par un spectaculaire saut depuis le Pont-Neuf. Une véritable scène d’action, ambitieuse et impressionnante, qui annonce clairement l’objectif de la série : proposer à TF1 une fiction d’action assumée.
Car si la chaîne s’est largement illustrée ces dernières années avec des séries policières, l’action pure reste finalement un terrain moins exploré. TF1 avait déjà tenté l’expérience avec No Limit, portée par Vincent Elbaz, qui mélangeait espionnage et action, ou encore avec l’adaptation télévisée de Taxi, qui misait sur l’action automobile. Mais jusqu’ici, les grandes scènes d’action restaient généralement un complément au récit policier.
Avec La Cible, TF1 franchit donc un nouveau cap en s’associant à Mediawan et DEMD Productions pour proposer une série construite autour de l’action réalisée par Ivan Fegyvères d’après un scénario de Déborah Hadjedj-Jarmon et Laurent Vachaud.

Une mécanique efficace portée par Tomer Sisley
L’histoire repose sur un point de départ simple et immédiatement efficace : un homme habitué aux méthodes de terrain -garde du corps- voit sa famille disparaître et se lance à la poursuite de ceux qui l’ont enlevée. Mais au fil de son enquête, il découvre que son épouse lui cachait des secrets qu’il était loin d’imaginer.
À la tête de cette aventure, Tomer Sisley apparaît parfaitement à sa place. Après avoir porté Balthazar sur TF1, il retrouve un registre qu’il maîtrise particulièrement bien. L’acteur s’est également illustré récemment dans GIGN, une autre série d’action proposée sur Netflix, confirmant son aisance dans ce type de rôle.
À ses côtés, Fauve Hautot surprend dans un registre plus dramatique. Déjà remarquée dans plusieurs productions, notamment aux côtés d’Olivier Marchal ou encore dans Rien ne t’efface, adaptation du roman éponyme, elle apporte une vraie présence au récit, même si son personnage aurait mérité davantage de développement.
Le casting réunit également Thierry Frémont, Pierre-Yves Bon, Vincent Heneine, Laëtitia Eïdo, Kenza Saïb-Couton (Demain nous appartient) ainsi que Jérémy Banster.

Une action maîtrisée et un rythme qui ne faiblit pas
Le principal atout de La Cible est sans conteste son efficacité. Les scènes d’action sont bien réalisées, lisibles et parfaitement intégrées au récit. Courses-poursuites, affrontements physiques, situations de danger : la série ne laisse que peu de temps mort.
On reste accroché à son fauteuil, porté par une intrigue qui avance constamment. Le choix de concentrer l’histoire sur une période très courte — quelques jours seulement entre la disparition de la famille et les événements qui suivent — permet d’installer une véritable urgence.
La série retrouve ainsi une énergie proche de certains grands thrillers comme Le Fugitif : un homme traqué, qui doit découvrir la vérité tout en cherchant à prouver son innocence, puisqu’il devient lui-même suspect aux yeux de tous.
Une intrigue qui reste trop classique
C’est justement sur ce point que se situe la principale réserve. Si La Cible fonctionne parfaitement comme série d’action, elle reste parfois trop attachée aux codes traditionnels du polar familial.
Secrets de famille, personnages aux intentions ambiguës, révélations cachées, disparition qui pourrait ne pas être ce qu’elle semble être… La mécanique est efficace, mais elle manque parfois de surprise. On aurait aimé que la série ose davantage sortir de ce cadre pour proposer une intrigue plus ample, plus internationale, plus proche des grands thrillers américains. À l’image de certaines productions qui dépassent le simple cadre familial pour développer une véritable conspiration d’envergure.
TF1 avait l’occasion de proposer une série d’action qui marque une rupture avec ses habitudes policières. La Cible s’en approche, mais ne franchit pas totalement le cap.


Des personnages secondaires trop en retrait
Autre regret : l’écriture de certains personnages. L’ensemble semble parfois construit avant tout autour de Tomer Sisley, au détriment du reste du casting. Les enfants, notamment, restent principalement utilisés comme élément déclencheur de l’intrigue, sans bénéficier d’un véritable développement. Même Fauve Hautot apparaît finalement trop peu présente dans le récit. Alors qu’elle a déjà démontré son potentiel dramatique, son personnage aurait mérité une place plus importante et une trajectoire plus approfondie.
Verdict : une série efficace qui aurait mérité plus d’ambition
Au final, La Cible remplit son contrat. C’est une série d’action rythmée, maîtrisée et divertissante, portée par un Tomer Sisley totalement investi dans son rôle. Elle apporte à TF1 une proposition différente, plus spectaculaire, et démontre que la fiction française peut parfaitement investir ce terrain.
Mais avec une ambition encore plus forte sur l’écriture et les personnages, La Cible aurait pu dépasser le simple statut de bon divertissement pour devenir un véritable thriller d’action à dimension internationale.
Une réussite donc, mais une réussite qui laisse aussi le sentiment d’un potentiel encore inexploité.