A l’approche du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, les Archives Nationales françaises dédient une exposition à Gilbert Du Motier de La Fayette. Retour sur un héros adulé aux Etats-Unis.


Dès l’entrée de ce lieu historique, sur la droite, le visiteur est accueilli par un surprenant trompe oeil reconstituant le célèbre marquis imprimé sur ces contremarches. Une fois les marches gravies, le parcours se poursuit. A gauche, un hommage rappelle la fondation du Lafayette College en 1826. A droite, une fresque chronologique borde les murs offrant un résumé ludique sur la vie de ce héros des Deux Mondes.

Arrivée à l’entrée de l’exposition, une grande pièce jaune nous accueille. Le sol est décoré d’une boussole. Dans cette pièce, on découvre l’engagement de Lafayette lors de l’indépendance des Etats-Unis. Parmi les éléments exposés dans cette salle, voici un tableau et une lettre témoignant de l’engagement de Lafayette et de sa loyauté envers George Washington.

Le jeune Lafayette portant l’uniforme de major général de « l’armée continentale » levée par le Congrès des treize colonies en rébellion.

Cette lettre, rédigée à Valley Forge fait partie des premières écrites par Lafayette à son mentor : George Washington, alors commandant en chef de l’armée. Dans cette lettre, Lafayette assure George Washington de son soutien.

Plus loin, on remarque une pièce rouge qui révèle le rôle du marquis lors de la Révolution française, sa popularité ainsi que les critiques à son égard. Au cœur des éléments exposés dans cette salle, voici le discours de Lafayette à la chambre des représentants.

Au cours d’une session conjointe du Congrès, Lafayette devient le premier dignitaire étranger invité à prendre la parole. Lors de ce discours, il parle de sa fidélité aux Etats-Unis.


Après avoir exploré la salle rouge, nous pénétrons dans une salle verte dans laquelle nous apprenons la captivité et l’exil de Lafayette, son opposition face à divers régimes politiques ainsi que le retour de Lafayette en France. Dans cette salle, les éléments exposés démontrent des avis divers à l’égard du marquis.


Ensuite, nous découvrons une salle teintée de mur bleu foncé. Cette partie résume la fin de la vie de Lafayette et s’achève avec un tableau représentant la mort de celui-ci.

Lafayette est née en 1757, il est destiné à une carrière prestigieuse à la cour du roi Louis XVI. Pourtant, sa dévotion pour les idéaux de liberté Lumières le conduisent à poursuivre une carrière militaire.
Première campagne de La Fayette aux Etats-Unis
C’est la tête haute et les idées débordantes de liberté qu’il met les voiles pour l’Atlantique, âgé de seulement 20 ans afin de participer à la guerre d’indépendance des Etats-Unis. La Fayette s’engage comme major général dans l’armée américaine. Il convainc la France de soutenir les indépendantistes. Grâce à l’aide du général français Rochambeau, cette alliance conduit en 1781 sur une victoire historique contre les Britanniques.
Deuxième campagne de La Fayette aux Etats-Unis
1781: Victoire de Yorktown
Pendant la campagne de Virginie, Lafayette joue un rôle clé lors de la guerre d’Amérique. Il mène des opérations couronnées de succès contre les forces britanniques aboutissant au siège de Yorktown, dans la péninsule de Virginie, qui dure trois semaines. En raison de l’avancée rapide de l’armée continentale de Washington et des forces alliées françaises de Rochambeau, les Britanniques capitulent le 19 octobre 1781. C’est cet événement qui a mené à l’indépendance des États-Unis d’Amérique.
Célébré comme le « héros des deux mondes », Lafayette devient citoyen d’honneur de plusieurs États américains en 1784.
Le retour en France
En 1783, par le traité de Paris, la Grande-Bretagne reconnaît l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. De retour en France, devenu très populaire, il est élu député de la noblesse d’Auvergne aux Etats généraux.
Le 17 juin 1789, le tiers état proclame l’Assemblée nationale et met fin à la monarchie absolue. En juillet 1789, Lafayette rédige la Déclaration des droits de l’homme s’inspirant du modèle américain, qui sera adoptée quelques semaines plus tard.
Ensuite, il est élu commandant général de la milice de Paris (actuelle Garde Républicaine). En octobre 1789, face aux émeutes de la faim, La Fayette ne parvient pas à empêcher la marche du peuple sur Versailles et l’invasion violente du château.
Après la Révolution Française
En août 1792, la monarchie est renversée. La République quant à elle est proclamée. Le 20 août 1792, l’Assemblée vote un décret d’accusation contre La Fayette. Il quitte la France et est fait prisonnier par les Autrichiens.
Grand défenseur d’une monarchie modérée avec un roi et une constitution, il se fait détester à la fois par les royalistes et par les révolutionnaires plus radicaux comme Robespierre. Le 20 août 1792, l’Assemblée vote un décret d’accusation contre Lafayette, il quitte la France et est fait prisonnier en Autriche et en Prusse entre 1792 et 1797.
Rentré en 1800, il vit retiré de la grande politique et passe une partie de ces années au château de La Grange, en Seine-et-Marne. Il reste une figure connue et respectée.
Lafayette sous Napoléon
Sous le Consulat puis l’Empire, La Fayette garde ses idées libérales et républicaines mais il reste plutôt en arrière-plan sans rôle politique majeur. Napoléon dira en 1812 :
« Tout le monde en France est corrigé. Il n’y en a qu’un seul qui ne le soit pas : Lafayette! Vous le voyez tranquille ; eh bien, je vous dis, moi, qu’il est tout prêt à recommencer. »
Après la chute de Napoléon
Après 1815, sous la Restauration, il redevient plus actif politiquement comme député libéral. Il défend les libertés, s’oppose aux excès du pouvoir et reste une personnalité importante de l’opposition.
Son retour triomphal aux États-Unis
En 1824, à l’âge de 67 ans, il est invité par le président américain pour une grande tournée d’adieu. Pendant plus d’un an, il visite les 24 États de l’époque. Il est reçu partout comme le dernier général vivant de la guerre d’Indépendance mais surtout comme un héros de l’indépendance américaine.
La Révolution de 1830
À son retour en France, déjà âgé, il participe à sa dernière révolution – les Trois Glorieuses – et aide à installer sur le trône le roi Louis-Philippe Ier.
La Fayette meurt à Paris en 1834. En France, il a droit à des funérailles officielles. Aux Etats-Unis, le Congrès décide un deuil national de 30 jours. Des villes, des sites, des institutions prennent son nom tandis que dans son pays, il demeure une figure contestée.