Hier soir, le Stade de France a tremblé et les spectateurs ont vibré devant le premier concert en France de cette nouvelle tournée de SOAD, un groupe de métal emblématique dans son genre. Mais qui est SOAD ?
Après dix ans d’absence en France et vingt ans sans album, le groupe de métal SOAD est de retour pour deux concerts au Stade de France, les 2 et 4 juillet 2026. Deux dates dans ce stade de 80 000 personnes quasiment complètes.
Pour leur première date, System of a Down a retourné les lieux pendant 1h45, à travers une setlist réunissant plusieurs classiques tels que I-E-A-I-A-I-O, B.Y.O.B., Chop Suey!, Lonely Day et Toxicity.
Les prémices
Tout commence quand Serj Tankian et Daron Malakian et se rencontrent en 1992 alors qu’ils travaillent chacun de leur côté avec leur groupe. Ils se découvrent alors de nombreux points communs, un amour pour le heavy metal, la musique traditionnelle arménienne, la poésie, ainsi qu’une forte conscience politique et culturelle liée à leurs origines arméniennes.
Les deux amis vont alors fonder un nouveau groupe ensemble nommé Soil. Un groupe composé de Serj Tankian (chant et claviers), Daron Malakian (guitare), Dave Hakopyan (basse) et Domingo « Dingo » Laranio (batterie).
Le groupe Soil ne décolle pas. Le bassiste et le batteur quittent alors le groupe.
C’est en 1994 que le groupe SOAD se forme. Shavo Odadjian, rejoint alors le groupe. John Dolmayan va devenir le batteur du groupe quelque temps avant la sortie de leur premier album.
En 1997, ils font une rencontre qui va changer leur vie, celle du producteur Rick Rubin qui va leur proposer de signer dans son label American Recordings. Ce producteur n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’occupe de gros noms comme les Red Hot Chili Peppers, Johnny Cash et Slipknot.
C’est ainsi que les quatre musiciens d’origine arménienne forment System Of A Down, tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Une belle discographie
Leur premier album nommé System Of A Down rencontre un succès important en 1998, c’est-à-dire dès sa sortie.
C’est en 2001 que la musique du groupe va s’exporter à l’international avec Toxicity. Cet album regroupe de nombreuses musiques qui sont considérées comme des classiques du groupe : Chop Suey !, Toxicity ou encore Aerials. Le groupe parvient à atteindre la première place du Billboard 200. Un album qui va se vendre à plusieurs millions d’exemplaires.
L’année suivante, ils en sortent un nouvel intitulé Steal This Album, un album un peu particulier. En outre, une bonne partie de l’album a été piraté et a dû être réenregistrée. Une quinzaine des morceaux non terminés avaient fuités à l’époque du début des réseaux de partage de fichiers comme Napster, Kazaa ou LimeWire. A cette époque, les fans surnomment cet album « Toxicity II ».
Au lieu de tout reprendre à zéro, le groupe décide de terminer ces morceaux volés. L’idée du nom de l’album est une manière de dire : « Puisque vous l’avez déjà volé, autant le faire correctement. ».
En ce qui concerne la pochette, à l’époque, les copies pirates étaient souvent gravées sur des CD-R vierges avec le nom de l’album écrit au feutre. System of a Down décide donc de faire exactement la même chose avec une couverture blanche, un disque ressemblant à un CD gravé à la maison et une écriture au marqueur noir. Environ 50 000 exemplaires spéciaux comportaient même des dessins différents réalisés par chacun des membres du groupe.
Un des morceaux les plus marquants et ayant traversé le plus les époques est I-E-A-I-A-I-O.
En 2005, c’est double dose pour les fans. En l’espace de six mois, le groupe sort deux albums, qui seront les deux derniers : Mezmerize et Hypnotize. Les deux albums termineront numéro un aux Etats-Unis. Ces deux albums sont marqués par deux titres encore célèbres : Lonely Day et B.Y.O.B.
Leur combat historique pour l’Arménie
Tous d’origines arméniennes, la reconnaissance du génocide arménien est leur principal combat. Ils descendent tous quatre de familles ayant fui le génocide arménien de 1915-1917. Plusieurs morceaux sont dédiés à ce drame : P.L.U.C.K. (Politically Lying, Unholy, Cowardly Killers), Holy Mountains et X.
En 2015, pour le centenaire du génocide, ils organisent la tournée Wake Up the Souls. Elle se termine par un concert gratuit sur la place de la République à Erevan (capitale de l’Arménie). Pour le premier concert du groupe dans leur pays d’origine, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies.
En 2020, après 15 ans sans de nouvelles sorties, System sort deux morceaux : Protect the Land et Genocidal Humanoidz. Les bénéfices produits par ces deux sons sont reversés au Fonds Arménie, afin de soutenir les personnes touchées par la guerre au Haut-Karabakh.
Leurs engagements
La lutte pour la reconnaissance du génocide arménien n’est pas le seul combat mené par les membres du groupe.
De manière plus globale, le groupe lutte contre toutes les guerres, conflits, génocides, violences et injustices.
B.Y.O.B. (Bring Your Own Bombs) est une musique qui critique ouvertement la guerre menée en Irak de 2003. Une musique marquée par une phrase qui veut tout dire : « Why do they always send the poor? » Autrement dit : « Pourquoi sont-ce toujours les plus pauvres qui partent faire la guerre ? » La chanson Boom! est également une critique de cette guerre.
En 2006, il remporte le Grammy Award de la meilleure performance hard rock.
D’autres morceaux comme War?, Soldier Side, Attack, Prison Song, Deer Dance, Mr. Jack, Fuck the System et Cigaro, dénoncent les guerres, violences, injustices sociales, les politiques gouvernementales et la corruption.
Ce qui est certain est que SOAD a marqué les esprits hier soir, comme il le fait depuis plus de 30 ans, et cela n’est pas près de s’arrêter.