A l’occasion de la diffusion prochaine sur TF1 du télé-film “ORADOUR”, retour sur le massacre des habitants et de la destruction du village martyr d’Oradour sur Glane.


Un village massacré
Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie : la Libération approche. La division Das Reich, l’un des 29 divisions de la Waffen SS, basée alors au sud d’Oradour, reçoit l’ordre de remonter d’urgence vers le nord pour prêter main-forte aux troupes allemandes.
Cependant, au cours de sa progression, la division est ralentie et sabotée par les résistants français. Furieux de perdre du temps et des hommes, l’état-major allemand décide d’appliquer des méthodes de répression violentes pour sécuriser ses lignes de communication.
Le samedi 10 juin vers 14h, des soldats de la division Der Führer encerclent Oradour sur Glane, perquisitionnent les maisons et rassemblent les habitants sur le Champ de Foire. Les hommes et les femmes sont séparés. Les hommes sont répartis dans des granges et hangars et les femmes et les enfants sont dirigés vers l’église. Les hommes sont mitraillés au niveau des jambes afin d’éviter toute fuite.
Dans l’église, des charges explosives sont disposées en quantité insuffisante. Les SS mitraillent les femmes et les enfants. Les SS achèvent ce massacre en mettant le feu au village.
Le lendemain, une section de SS revient sur les lieux du crime pour disperser les restes des victimes dans des fosses communes, rendant impossible toute identification et rendant le deuil des familles impossible.
643 personnes ont été tuées, dont de très nombreux enfants. 6 survivants ont échappé à cet événement tragique, une trentaine de rescapés se sont cachés.
Les survivants

Marguerite Rouffanche : seule survivante du massacre dans l’église
Ce jour-là en pleine après midi, enfants et femmes du village sont amenés de force et réunis dans l’église du village. Marguerite Rouffanche, profitant d’un nuage de fumée, parvient à sauter par une fenêtre de l’église et atterrit dans un jardin. Les 207 enfants et 254 femmes, eux, meurent, mitraillés ou brûlés vivants, par le feu provoqué par les soldats. Blessée gravement par 5 balles, Margueritte Rouffante réussit à s’échapper et devient ainsi la seule femme ayant survécu au massacre. Son mari et son fils sont exécutés dans une grange. Ses deux filles et son petit-fils, âgé de 7 mois, sont tués dans l’église.
En 1953 se tient le procès du massacre d’Oradour-sur-Glane dans lequel elle donnera à la barre un témoignage précieux et déterminant afin de documenter les événements de cette journée, et pour les procès tenus après-guerre contre les responsables du massacre.
Robert Hébras : l’une des 6 personnes ayant survécu au massacre

Robert Hébras, Jean-Marcel Darthout, Mathieu Borie, Clément Broussaudier, Yvon Roby sont les seuls civils qui ont survécu à ce terrible massacre dans les granges. Mitraillés, ils sont restés couchés sous le corps de leurs camarades et ont fait semblant d’être morts car les membres de la SS montaient sur les corps et achevaient ceux qui bougeaient encore.
Après les exécutions, les SS ont mis le feu à la grange et les 5 hommes sont restés couchés sous les corps qui brûlaient.
« Mon bras gauche et mes cheveux étaient déjà enflammés. C’était une douleur terrible, c’est pourquoi je me suis enfui. », Robert Hébras
En 1983, Robert Hébras assiste à un procès en RDA contre l’un des bourreaux d’Oradour, Heinz Barth. Le reste de sa vie, il s’est engagé pour la réconciliation entre l’Allemagne, la France et l’Autriche. De plus, il a entrepris des visites guidées dans les ruines du village martyr et il était ouvert à des interviews, à des projets de vidéo pour la jeunesse.
Le 28 novembre 1944, la conservation de ce village martyr est approuvée par le Gouvernement provisoire de la République française, dirigé par Charles de Gaulle, afin d’assurer à la France un devoir de mémoire.
Aujourd’hui, ce lieu de mémoire incontournable incarne la barbarie nazie et attire chaque année près de 300 000 visiteurs venus se souvenir et mieux comprendre l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.
Le téléfilm « Oradour, ne m’oublie pas »
Signé Pierre Aknine, cette fiction historique revient sur le drame d’Oradour-sur-Glane. Le chanteur Matt Pokora incarne Philippe Gerbier, un officier des Forces françaises libres parachuté dans la région quelques jours avant le massacre du 10 juin 1944. Ce projet sera diffusé prochainement sur TF1.
Le chanteur explique avoir découvert cet événement tragique après avoir visionné un documentaire en 2019. Ainsi, il s’était rendu sur place et avait rencontré l’un des derniers survivants du massacre, Robert Hébras : « C’était une expérience particulièrement marquante ».