L’ancien Premier ministre Dominique De Villepin réunissait ce mercredi 15 juillet quelques médias traditionnels et, pour la première fois, des « nouveaux médias ». L’occasion pour le possible candidat à l’élection présidentielle de constater, sans se projeter.
C’est au siège de son nouveau parti La France Humaniste que Dominique de Villepin avait invité une poignée de journalistes et influenceurs pour une conférence de presse. A quelques pas de l’Arc de Triomphe, il a répondu à leurs questions et s’est exprimé sur de nombreux sujets, espérant avant tout… le triomphe du « bloc central » dans moins d’un an.
Ce point d’étape a notamment permis à Dominique de Villepin de mettre au clair les promesses de celles et ceux qui se lancent dans la course à l’Élysée : l’augmentation des impôts sera inévitable pour le vainqueur de la prochaine élection présidentielle, et ceux qui prétendent le contraire sont des « menteurs ». « Tout le monde souhaiterait pouvoir dire : “Nous n’augmenterons pas les impôts” », a-t-il affirmé. Mais « tous ceux qui seront élus les augmenteront, c’est aussi simple que ça. Donc il y a des menteurs, et puis il y a des gens qui essaient d’anticiper la vérité », estime-t-il. Ne pas augmenter les impôts serait ignorer « l’immensité du trou qui est devant nous » selon l’ex-chef du gouvernement sous la présidence de Jacques Chirac.
Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance, plaide pourtant pour un plan d’économies sans hausse d’impôts. Dominique de Villepin, lui, défend une « contribution des plus aisés » avec un retour, sous une nouvelle forme, de l’impôt sur la fortune (ISF) supprimé en 2018.
Un rassemblement du bloc central… auquel il est le seul à croire
En 2012, Dominique de Villepin n’avait pas réussi à recueillir les 500 signatures de maires nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. En 2027, il espère un rassemblement « du bloc central » pour faire face au « piège identitaire et communautaire » qu’il prétend être tendu par les partis extrémistes.
Il assure alors aujourd’hui être en discussion avec Edouard Philippe et Gabriel Attal pour y faire face et tenter d’accéder au second tour. Pour l’instant, « l’esprit du commun n’est pas suffisamment au rendez-vous » constate-t-il. Selon lui, l’idée d’un rassemblement progresse dans les esprits mais personne ne serait prêt à passer à l’acte.
Dominique de Villepin assume y croire, « on peut en douter mais la partie se joue là ». Et face aux jeunes journalistes et créateurs de contenus, il utilise la métaphore footballistique : « On a besoin du collectif […] et on paye toujours l’absence de risque, on l’a récemment vu avec l’équipe de France à la coupe du monde ».
Des influenceurs invités à la conférence de presse
L’ancien Premier ministre s’exprimait depuis le siège parisien de son parti, et pour la première fois, influenceurs, créateurs de contenu et représentants des « nouveaux médias » étaient conviés. Il s’agit d’un format que son équipe souhaite pérenniser.
Questionné sur ce choix, Dominique de Villepin a ironisé sur le sujet et a enjoint aux médias dits traditionnels de ne pas faire de « crise de jalousie ». Les Français « ne consomment pas l’information de la même façon » aujourd’hui et s’appuient davantage sur les réseaux sociaux, a-t-il justifié. Dominique de Villepin assure s’interroger sur la différence de regards, de tons et de façon d’informer : « diversifier ces regards nous permet aussi de renouveler notre propre façon de faire de la politique ».
Jean-Luc Mélenchon avait également lancé en février des conférences de presse réservées aux « nouveaux médias numériques ». « Moi, j’invite et les médias traditionnels et les nouveaux médias […], je rassemble, c’est une différence très profonde », a assuré Dominique de Villepin.