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On regarde ou pas ? Les évaporés, le nouveau polar de France Télévisions

France.TV proposera sur la plateforme le 27 août, sa nouvelle série policière Les évaporés avec Alexia Barlier. Une très belle surprise !

Dévastée par la disparition soudaine et inexpliquée de son mari, Esther Bazin, capitaine de police, est au bord du précipice. Selon la loi, son mari, étant majeur et sain d’esprit, a le « droit fondamental » de disparaître, et aucune enquête de police ne peut être lancée. Face à cette impasse, mais grâce au destin, aidée par son supérieur et ami Dominique, Esther trouve sur sa route deux civils membres du Groupe de Recherche des Disparitions Volontaires (GRDV).
Avec eux, elle trouve son salut et monte une brigade au profil singulier. Leur mission ? Résoudre des affaires sur les « disparitions volontaires » qui leur semblent étranges, inquiétantes, malgré le vide juridique qui entoure ces cas-là, aux yeux de la loi. Esther rejoint Douma et Frankie, déjà lancés dans cette quête nécessaire : celle de retrouver ces « évaporés » sur lesquels la police ne peut, légalement, enquêter.

L’essentiel

Sans faire de bruit, alors qu’elle avait une politique de mini-séries efficaces, c’est par le biais d’une fiction on l’espère régulière que France Télévisions démarre cette nouvelle saison de la meilleure des manières qui soit. Cette série s’appelle Les évaporés, une série qui s’inscrit dans les pas d’illustres prédécesseurs américains comme FBI Portés disparus ou Cold Case. Une fiction policière créée par Hélène Duchâteau, Mathieu Gleizes et Raphaël Luc qui replace l’humain au centre de la narration, et la mécanique d’enquête aussi efficace soit-elle est au second plan.

C’est sous un angle novateur que la série s’appuie, s’intéressant sur une association d’aide aux victimes dont les proches ont disparus volontairement, association travaillant en lien avec la police avec la possibilité de résoudre des cold cases. Pour donner corps à l’équipe de cette série, la production a fait appel à l’excellente Alexia Barlier, secondée par un duo détonnant : Faustine Koziel (qui va éclore auprès du grand public grâce à cette série, on prend le pari), et le remarquable Foëd Amara. Pour un résultat qui nous comble au delà de ce que l’on pouvait espérer.

On aime ou pas ?

Nous évoquions Les invisibles au dessus, Les évaporés nous procure le même sentiment de réussite et d’émotion. Spontanément, une énième série policière aurait pu et dû nous rebuter sauf qu’ici c’est tout le contraire, la série nous cueille avec une justesse de jeu et une émotion sans faille qui ne peut que nous faire du bien. On l’a dit, en replaçant l’humain au centre de toute la narration, Les évaporés racontent des trajectoires humaines, des parcours de vie brisée souvent qui poussent les gens parfois à prendre la route et à disparaître. Si la série apporte une forme de conclusion, heureuse ou pas, elle ne manque pas de rappeler que souvent, les personnes ne donnent plus jamais signe de vie.

Les auteurs ont su varier les niveaux d’histoires, de parcours pour que toujours l’émotion soit intacte et jamais fabriquée. Parfaitement écrite car à des dialogues qui ne jouent jamais dans la surenchère, la série est aussi parfaitement réalisée par deux grands noms de la mise en scène, deux personnalités différentes mais déjà affirmées dans leur travail : David Morley et Emilie Grandperret. Sur le site de son agent, cette dernière dit quelque chose de très juste qui se ressent ici : « elle aime se servir de toutes les armes du cinéma pour créer une sensation » et la sensation est pleinement là ici dans chacun de leurs épisodes.

Un casting moteur de l’action

Les bonnes séries policières sont celles qui parviennent avant tout à nous raconter une histoire. Et les acteurs sont le vecteur essentiel pour transposer nos émotions. Même s’ils sont un peu présents, la série a l’intelligence de ne pas sur-représenter les guests qui ont tendance à nous faire sortir de l’histoire qui est raconter, de suspendre le processus d’identification. A aucun moment cela est le cas, y compris dans les rôles centraux.

Bien que très connue du public, Alexia Barlier a cette faculté des plus grandes à réussir à faire oublier son image d’actrice pour immédiatement faire apparaître le personnage. La voir dans ce rôle de policière âpre, tiraillée par les épreuves, est un pur plaisir qui s’inscrit dans un vrai parcours de comédienne intelligemment pensé et bâti. Elle s’approche plus ici de Kate Winslet dans Mare of Easttwown que celui de jeune première que l’on a connu.

A ses côtés, on est particulièrement heureux de voir la très performance de Faustine Koziel qui explose littéralement ici et saura s’imposer comme une des valeurs sures de demain. Son binôme dénué de toute arrière pensée avec Foëd Amara est d’une grande justesse et là encore empreint d’humanité.

Du côté des guests, on ne pourra pas tous les cités mais on retiendra la performance toute en sobriété de Bastien Ughetto, glaçant à souhait dans son rôle de serial killer à la Fourniret. Son face à face à deux reprises avec Alexia Barlier est vraiment une prouesse et sans vous dévoiler de quel épisode on parle, « son retour » dans la série est l’occasion d’offrir à cette saison 1 son meilleur épisode dans une intrigue qui nous rappelle que parfois, ses disparitions volontaires croisent la route de dangereux prédateurs. Un must du genre !

Les évaporés est la première belle surprise de cette rentrée, servie par un casting des plus justes. Aucune fausse note à cette partition si ce n’est sans doute un fil rouge qui lui reprend trop de « grosses ficelles » pour ne pas paraître « anachronique » avec ce que l’on voit (grosses ficelles vs « humanité sincère ». On lui préfère la récurrence de la présence du serial killer que l’on évoquait plus haut. Mais c’est finalement bien pour pinailler !

Les évaporés
6X52 minutes
Dès le 27 août sur France.TV et bientôt sur France 2

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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