Les images du 17 octobre en France ont fait le tour du monde. Un week-end de manifestation qui ne s’est pas limité à l’hexagone. Dans plusieurs pays européens des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour des revendications similaires.
C’est le sujet qui transcende l’opinion publique depuis samedi dernier. Comment expliquer une telle violence en marge des cortèges et quelle réponse doit être apportée par le gouvernement à l’aube d’une nouvelle journée de mobilisation le samedi 24 octobre ? Si cette question n’a pas encore trouvé sa réponse, elle se pose aussi à l’étranger. Et pour cause, plusieurs de nos voisins européens ont subit le même schéma d’affrontement et de pillage en marge des manifestations.
Des scènes de violences similaires entre la France et l’Italie
Milan a été un autre théâtre de violence les 17 et 18 octobre dernier. La capitale économique de l’Italie a connu des violences comparables à celles de Paris, Lyon ou bien Marseille. Vitrines cassées, poubelles brûlées et mobilier renversé, la célèbre place du Duomo de Milan est devenue un champ de bataille le week-end dernier avec plusieurs scènes de pillage et d’affrontement entre manifestants et policiers. La colère des Italiens est d’abord partie des lycéens et étudiants, s’inspirant de leurs voisins français.
Au même titre qu’en France, la manifestation du 17 octobre s’est aussi portée contre la vie chère avant d’être entravée par des casseurs et des pilleurs, ainsi que des affrontements avec la police. 200 personnes ont été arrêtées ce week-end là. La Première ministre d’extrême droite Georgia Meloni a répondu à cet épisode de violence en déployant 500 militaires jusqu’à la fin de l’année. D’autres grandes villes du nord comme Bologne, Turin, Gênes ou Florence ont été victimes de violences urbaines.
La mobilisation continue en Albanie
Voilà déjà plusieurs mois que le peuple albanais manifeste dans ce qu’on appelle la « révolution des flamants roses« . Les manifestants s’opposent pacifiquement contre la construction d’un complexe touristique mené par le couple Jared Kushner et Ivanka Trump, gendre et fille de Donald Trump. Pacifique depuis le début du mouvement, la révolte se radicalise.
Depuis le 13 octobre Tirana, la capitale, est en proie à des émeutes. La jeunesse de la capitale a rejoint le mouvement pour lutter contre des frais d’inscription en université trop élevés, de mauvaises conditions d’enseignement et la corruption. De violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se tiennent quotidiennement tandis que des bâtiments publics ont été détruits. Les protestataires réclament la démission d’Edi Rama, Premier ministre socialiste en place depuis 2013. Ce dernier campe sur ses positions et exclut une démission.

Belgique, Grèce, Espagne, la contestation n’a pas de frontière
Les manifestants belges portent les mêmes revendications qu’en France. Le mouvement d’abord lycéen a été suivi par la mobilisation contre la vie chère. Des centaines de personnes ont manifesté samedi dernier avec des dizaines d’arrestations et du mobilier urbain incendié. La crise du logement s’ajoute aux revendications en Grèce et au Portugal.
C’est d’ailleurs une crise du logement qui a lancé une mobilisation de grande ampleur en Espagne. Le mouvement a commencé fin septembre après l’expulsion de son domicile d’un octogénaire, aujourd’hui décédé. En signe de protestation, des milliers d’Espagnols ont marché dans les rues de Madrid installant leurs tentes devant la Puerta Del Sol. Sous la pression, le Premier ministre Pedro Sanchez a annoncé l’organisation d’élections législatives anticipées qui auront lieu le 29 novembre prochain.
La protestation a gagné l’Europe et va continuer à mettre la pression avec de nouvelles journées de mobilisation dans les prochains jours, et notamment le samedi 24 octobre. Au Mexique également, des manifestations contre l’insalubrité de l’eau du robinet ont dégénéré à Guadalajara. La violence ne se limite pas donc qu’à la France ou à l’Europe.