Une réponse de l’État est attendue par la population au lendemain d’un week-end de mobilisation en France, marqué par des scènes de chaos dans plusieurs grandes villes. Plusieurs options sont sur la table pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont celle d’un état d’urgence.
Sébastien Lecornu a présidé ce lundi matin une cellule de crise interministérielle suite aux violences qui se sont tenues en marge des manifestations du 17 octobre. Chaque ministère était représenté par leur ministre ou leur chef de cabinet. Cette réunion s’attaquait aux secteurs de l’économie-commerce, les assurances et le suivi judiciaire. Le Premier ministre a aussi prévu de recevoir les maires de Paris, Marseille et Lyon dans les prochains jours.
L’instauration d’un état d’urgence, demandé par Bruno Retailleau, est une des options qui s’offraient à Sébastien Lecornu, mais qu’est-ce que cela impliquerait ?
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Quelles conséquences pour un état d’urgence aujourd’hui ?
L’état d’urgence a été instauré par la loi du 3 avril 1955, qui a depuis été modifiée à plusieurs reprises. L’état d’urgence permet de renforcer le pouvoir de l’État et des autorités civiles, pouvant mener à une restriction des libertés publiques ou individuelles. Prévue pour 12 jours, cette période peut être prolongée par le vote d’une loi au Parlement.
Dans le contexte actuel, l’état d’urgence peut permettre « l’interdiction des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique« . Cette décision interdirait donc tout rassemblement alors qu’une nouvelle journée de mobilisation pourrait voir le jour samedi 24 octobre. Un « acte II » de la mobilisation a été annoncé par la coordination des gilets jaunes sur le site 17octobregiletjaune.net.
Une autre mesure qui pourrait ressortir de l’état d’urgence serait « la mise en place de périmètres de protection pour assurer la sécurité d’un lieu ou d’un évènement« . Cette option pourrait être utilisée par les préfets pour sécuriser les mairies suite aux dégâts que l’on a pu observer à Limoges, Marseille ou bien Lille. Des perquisitions administratives ou l’interdiction de certaines réunions publiques font aussi partie des mesures permises par l’état d’urgence. Cela pourrait altérer la liberté des manifestants dans les prochains jours si l’état d’urgence est déclaré.
Les préfets pourront instaurer des couvres feux dès ce soir
Sébastien Lecornu a pris la parole en sortie de réunion interministérielle : « On a un bordel très localisé sur les centres urbains. J’ai demandé aux préfets de déclencher un certains nombre de couvre feux partiel. L’un des enjeux est la protection des personnes mais aussi des biens et des commerces.«
Le Premier Ministre demande aussi « une réponse pénale élevée face aux violences », assurant qu’une « opération judiciaire massive démarre aujourd’hui« . Pour venir en aide aux personnes dont le commerce a été ravagé, Sébastien Lecornu annonce un chômage partiel à 100% dès demain : »C’est une mesure de protection de l’emploi. Il n’est pas question qu’il y ait de la casse sociale dans cette affaire après avoir connu la casse tout court.«
En attendant d’autres mesures, Laurent Nuñez, qui a vu sa démission du poste de ministre de l’Intérieur être refusée par Emmanuel Macron, a annoncé que les effectifs de police et gendarmerie seront renforcés ce week-end.
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