Alexandre Benalla, chargé de la sécurité d’Emmanuel Macron, fait l’objet d’un scandale après avoir frappé un manifestant. L’affaire fait les gros titres et pourrait endommager l’image du président de la République.

Depuis hier, plusieurs témoignages se sont succédé pour souligner la violence d’Alexandre Benalla. Toutefois, c’est le silence d’Emmanuel Macron qui a choqué. En effet, le président de la République avait été notifié des actes commis par son « responsable sécurité » mais n’avait pas ordonné un licenciement d’Alexandre Benalla.

En déplacement en Dordogne, Emmanuel Macron n’a pas voulu réagir aux questions de journalisme sur l’Affaire Benalla. Dans un discours adressé à la presse, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait tenté de minimiser l’affaire et d’éteindre l’incendie, sans succès. La question était de savoir pourquoi Emmanuel Macron tarde-t-il à réagir alors que la maison brûle ?

L’opposition n’en demandait pas tant. Des Républicains à la France Insoumise, les critiques ont fusé : « On a le sentiment qu’on nous cache des choses » explique le chef du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau. « A l’Élysée, à chaque fois qu’ils s’expriment, ils s’enfoncent » surenchérit le sénateur socialiste Xavier Lacovelli.

Les membres du Parlement n’ont pas tardé à réagir dans leurs enceintes respectives : ouverture d’une commission d’enquête par l’Assemblée Nationale, volonté d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement par Jean-Luc Mélenchon. Cette dernière a, néanmoins, peu de chance d’aboutir puisque qu’un nombre de 58 députés est nécessaire pour en lancer une et n’est adoptée qu’à la majorité totale des députés, soit au moins 289 députés.

Pendant 36 heures, Emmanuel Macron s’est tu sur l’affaire Benalla. Pour certains, cela était la preuve d’une incompétence à gérer des situations de crise qu’a déjà connues l’actuel président lorsqu’il était conseiller de François Hollande. Pour d’autres, le chef de l’Etat est juste fidèle à un de ses principes : ne jamais se faire dicter son agenda par les médias, ce qu’« il voit comme un signe de faiblesse et d’affaiblissement de la fonction présidentielle« .

Pour l’heure, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue et une procédure de licenciement a été lancée par l’Elysée.

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