Helena Noguerra avait choisi de témoigner anonymement dans l’affaire Patrick Bruel. Mais son identité a finalement été révélée par plusieurs médias ce mercredi 2 septembre.
Helena Noguerra dénonce une fuite de son témoignage contre Patrick Bruel
Helena Noguerra ne souhaitait pas apparaître publiquement dans l’affaire Patrick Bruel. La chanteuse et actrice belge de 57 ans avait pourtant décidé de témoigner auprès de la justice. En 2022, elle avait envoyé une lettre manuscrite au parquet d’Ajaccio dans laquelle elle racontait des faits qu’elle affirme avoir subis en 2000.
Son témoignage est resté anonyme pendant plusieurs années. La situation a changé ce mercredi 2 septembre, lorsque Paris Match et RTL ont révélé son identité et le contenu de son récit. RTL confirme également que l’artiste a été entendue par les enquêteurs début juin dans le cadre de l’enquête visant Patrick Bruel.
Quelques heures après ces révélations, Helena Noguerra a exprimé sa colère sur les réseaux sociaux. Elle affirme que la justice lui avait promis de conserver son anonymat.
« La justice m’a promis le secret. Quelqu’un a vendu mon témoignage à la presse qui s’en empare sans aucune morale », écrit-elle, avant d’ajouter : « Je n’ai pas consenti à cela. »
L’artiste refuse également de transformer son témoignage en prise de parole médiatique. « Je ne parlerai pas. J’ai témoigné secrètement, ce n’est pas pour aller me répandre partout », explique-t-elle à Mediapart.

« C’est un scandale que cela ait pu fuiter »
Helena Noguerra insiste surtout sur une question : celle de son consentement. Elle explique avoir accepté de parler aux enquêteurs parce qu’elle souhaitait apporter son témoignage à la justice, mais pas parce qu’elle voulait rendre son histoire publique.
« J’ai demandé à la justice de rester anonyme et elle m’a assuré que je le resterais », déclare-t-elle auprès de Mediapart. « Je ne veux pas que des détails soient exposés. Je ne supporte pas. C’est un scandale que cela ait pu “fuiter”. »
Son avocate dénonce également cette révélation. Selon elle, une femme doit pouvoir témoigner devant la justice sans craindre que son identité soit ensuite rendue publique contre son gré.
Cette situation prend une dimension particulière pour Helena Noguerra. Quelques mois plus tôt, elle avait déjà témoigné anonymement auprès de Mediapart sous le pseudonyme « Cécile ». Elle expliquait alors vouloir rester dans l’anonymat et avoir choisi de parler uniquement pour contribuer à l’enquête.
Un témoignage contre Patrick Bruel qui remonte à l’année 2000
Dans sa lettre adressée au parquet d’Ajaccio en 2022, Helena Noguerra raconte une scène qui aurait eu lieu en 2000, alors qu’elle travaillait sur l’émission Une journée avec, diffusée sur M6.
À l’époque, la chanteuse connaissait déjà Patrick Bruel. Elle explique l’avoir rencontré à plusieurs reprises depuis ses 18 ans et ne pas avoir imaginé qu’une situation problématique puisse se produire lorsqu’il lui a proposé de venir dans sa loge.
Selon son récit, Patrick Bruel l’aurait embrassée alors qu’elle ne le souhaitait pas. Helena Noguerra affirme l’avoir repoussé et lui avoir clairement signifié son refus.
Elle raconte ensuite que le chanteur lui aurait attrapé les poignets avant de placer ses mains sur son sexe, par-dessus son jean. Elle affirme également qu’il aurait tenté de lui soulever sa jupe et de retirer son collant.
La scène se serait finalement arrêtée lorsque Patrick Bruel aurait cessé ses gestes. Helena Noguerra indique ensuite avoir quitté la loge et rejoint son équipe.
Ces faits remontent à plus de vingt-cinq ans et sont aujourd’hui prescrits. La chanteuse n’a pas déposé plainte. RTL précise que les enquêteurs l’ont néanmoins convoquée afin de recueillir son témoignage dans le cadre de la procédure visant Patrick Bruel.
Helena Noguerra voulait « aider les femmes qui ont osé parler »
Malgré son choix de rester anonyme, Helena Noguerra avait décidé de témoigner pour une raison précise. Elle explique avoir voulu apporter son soutien aux femmes qui avaient déjà pris la parole contre Patrick Bruel.
Dans son message publié sur les réseaux sociaux après la révélation de son identité, elle refuse les messages de compassion et la curiosité du public.
« Je voulais aider les femmes qui ont osé parler et qui attendent que la justice leur soit rendue », écrit-elle, avant de demander que « les actes répréhensibles de ce monsieur cessent ».
Elle conclut son message par une référence directe au consentement : « Je n’ai pas consenti à cela ! Le consentement est et reste LE sujet !! »
Cette phrase résume sa colère du jour. Helena Noguerra avait accepté de parler à la justice, mais elle affirme ne jamais avoir accepté que son identité et son témoignage deviennent publics.