Les syndicats de la compagnie aérienne voient d’un mauvais œil l’arrivé d’un nouveau dirigeant étranger à Air France. Quand il est annoncé que son salaire est tout de suite augmenté de 300%, c’en est trop.

Benjamin Smith s’est fait connaître à Air Canada. Là-bas, il a mené les négociations avec les syndicats et mis en place une politique de low cost pour la compagnie. C’est justement ce que craignent les syndicats français. La CGT le soupçonne notamment de vouloir « faire grossir le low cost au sein du groupe Air France, au détriment de la maison mère ». De plus les accords que Smith a passé avec les syndicats canadiens sont « rétrogrades » selon Vincent Salles, co-secrétaire général de CGT Air France.

Mais ce qui ne passe pas, c’est l’augmentation du salaire. Pas celui des employés d’Air France, qui est gelé depuis six ans. Celui de Benjamin Smith qui, avant d’avoir pu visiter les locaux, était déjà augmenté de 300%. Là, les estimations vont bon train. On dit 3 millions par an, on avance 3, 2, Les Echos montent à 4 millions. Pour comparaison, Jean-Marc Janaillac, précédent PDG était payé 600 000€ par ans. Pour les syndicats, la question des salaires à Air France est pourtant primordiale. Cette décision risque donc d’être à l’origine de tensions lors des prochaines négociations. Vincent Salles prédit « de fort risque de grève [si Benjamin Smith] n’est pas capable de mener un dialogue avec les syndicats. »

« Le gouvernement va devoir fournir une explication »

En dehors de la compagnie aérienne, l’augmentation du nouveau PDG est également mal vue. Bertrand Panchet, député UDI de la Meuse voit cette décision comme « déplorable pour l’image de la compagnie ». Spécialiste des transport, il compte ouvrir le débat sur le salaire de Benjamin Smith à l’Assemblée Nationale. Il rappel que l’Etat reste l’actionnaire majoritaire d’Air France, à hauteur de 14%. L’Etat à donc un droit de regard sur cette augmentation. Panchet continue sur le sujet:  » le gouvernement, qui a nécessairement été consulté sur ce sujet, va devoir fournir une explication de texte aux députés et aux sénateurs. »

Benjamin Smith sera entendu en septembre par la commission du développement durable à l’Assemblée, présidée par Bertrand Plancher.

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