La polémique a démarré sur Internet, sur le forum de discussion Reddit. Des propriétaires de smartphones de la marque Apple ont constaté une baisse de performances après avoir installé la dernière mise à jour du système d’exploitation iOS.

John Poole, créateur de l’outil de mesure des performances Geekbench s’est penché sur ce cas. Il a alors réalisé une étude statistique dont les résultats sont consultables sur son blog

Le temps de calcul des iPhones les plus touchés a été multiplié par deux. Les tests de Geekbench permettent bien de constater que ces appareils ont connu un sérieux ralentissement de processeur en fonction des mises à jour de leur système d’exploitation.

Si les modèles lancés cette année – l’iPhone 8 et X – ne sont pas impactés par cette baisse de performance, c’est le cas de modèles plus anciens comme l’iPhone 6s, lancé en 2015 ou l’iPhone 7 lancé en 2016.

Apple réagit mais ne convainc pas

Face à ces remontrances, Apple a fini par réagir, mercredi 20 décembre. La firme californienne a indiqué que le courant électrique des batteries de ses appareils a tendance à chuter « lorsque il fait froid, ou lorsque la batterie est peu chargée ou encore lorsque que la batterie vieillit ». Cela peut conduire l’iPhone à s’éteindre de façon inopinée « pour protéger ses composants électroniques ». Ainsi, la marque à la pomme serait intervenue par le biais d’iOS pour lisser « les pics de courant électrique uniquement quand c’est nécessaire ». De cette façon le smartphone n’est plus censé s’arrêter brusquement et aura ainsi une durée de vie prolongée.

Le problème est qu’Apple n’a aucunement fait mention de cette opération, comme le note Olivier Bourgeois, coordonnateur à l’organisme Option consommateurs : « Ils disent vendre un des meilleurs téléphones au monde en mettant en avant sa vitesse. Alors on pourrait s’attendre à ce que, s’ils la réduisent volontairement, ils le mentionnent au minimum. »

Des médias comme le New York Times ont, eux, avancé la théorie de « l’obsolescence programmée ». Apple ralentirait ses processeurs non pas pour préserver la durée de vie des appareils mais pour pousser ses clients à acheter le dernier modèle.
Pour rappel, en France depuis 2015, l’obsolescence programmée est un délit passible d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende. La première plainte pour ce délit a été déposée en septembre, par l’association Halte à l’obsolescence programmée (Hop), à l’encontre de plusieurs fabricants d’imprimantes.

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Action en justice

Le 8 janvier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire contre le groupe américain pour  « tromperie et obsolescence programmée ». Huit jours auparavant, l’association Hop avait déposé plainte après avoir recueilli le témoignage de 2600 consommateurs.
Aux Etats-Unis, une dizaine de « class action » (action collective en justice, en droit anglo-saxon) ont été intentées en Californie, à New York et dans l’Illinois. Elles pourraient aboutir au versement d’indemnités à des millions d’utilisateurs américains.

Ce phénomène n’est pas nouveau comme en témoigne une pétition en ligne lancée par l’Association internationale de consommateurs SumOfUs, fin 2016. Une pétition qui a depuis récolté plus de 330 000 signatures.

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