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Au Burundi, de Répression à Génocide ?

Rien ne s’arrange au Burundi. Alors qu’en 2015, le Président Pierre Nkurunziza arrive à terme de ses deux mandats autorisés par la Constitution, il refuse de quitter le pouvoir et change abruptement la constitution pour se maintenir. Cela déclenche des manifestations monstres dans le pays, et une répression sanglante ne se fait pas attendre. Torture, assassinas, disparitions s’enchaînent, et rappelle à cette région de l’Afrique de l’Est des souvenirs que personne ne souhaite voir revenir à la surface…

Un coup d’état aura même lieu à Bujumbura, la capitale, déclenchant les fureurs et la paranoïa de l’exécutif. A partir de ce moment là, l’état passe de répression des manifestants à la répression systématique de la population. De plus, les vieilles tensions Hutu-Tutsi sont ravivées pour légitimer cette violence sans nom. Des corps sont retrouvés chaque semaine dans des fosses creusées à la va vite. Des journalistes ainsi que des militants pour les droits de l’homme disparaissent régulièrement pour être retrouvés sans vie, beaucoup ont fui le pays. En Décembre 2015, plus de 150 personnes ont été exécutées à bout portants, en plein jour, à la vue de tous. La communauté internationale s’indigne et depuis, la discrétion est de mise. Mais les tueries continuent, silencieusement.

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) parle d’un génocide imminent, un terme qui n’est pas employé à la légère. La dernière fois, c’était en 1994. Le régime aurait depuis le début de l’année recours à des milices, les Imbonerakure, qui sèment la terreur et tuent à la demande. En 1994, au Rwanda, une milice opérait similairement, ils se nommaient les Interahamwe.

 

Une fausse bande annonce pour interpeller les consciences

La FIDH a sorti une fausse bande-annonce pour interpeller les consciences sur internet. Sous format hollywoodien, la vidéo s’achève sur la mention “le seul film dont il faut empêcher la sortie” et prétend être ‘réalisé’ par Pierre Nkurunziza. Une manière racoleuse mais peut être efficace d’attirer l’attention sur un petit pays d’Afrique dont les Occidentaux entendent peu parler ?

 

Plus Jamais Ça?

En 1994 le monde s’éveillait un jour d’Avril et assistait impuissant à l’un des plus gros carnage perpétré sur le sol Africain en si peu de temps. Près d’un million de personnes périssaient sous le joug d’un régime paranoïaque, schizophrène et persuadé d’être attaqué de toutes parts. Les alliés de ce régime, dont la France de Mitterrand qui soutenait sans fléchir le Président Habyarimana, qui lui avait d’ailleurs envoyé des caissons de kalachnikovs et de machettes des mois auparavant; furent bien embarrassés lorsque l’ampleur du massacre fut rendu public.

Crédit: Matière Revolution

Crédit: Matière Revolution

La France tenta tant bien que mal de se refaire en menant une tentative désastreuse d’opération humanitaire pour les réfugiés de ce conflit qui s’échappèrent au Congo voisin. La communauté internationale, du haut de ses confortables sièges à l’office des Nations Unis, proclama: “Plus jamais ça.”

Oublieront-ils le Burundi ?

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