Le site de chat en ligne Coco, a été fermé par la justice française en 2024. Pour cause, le site était pointé du doigt comme un repère et un moyen de communication pour divers criminels. Mais le site vient de refaire surface sous un nouveau nom : Cocoland.
Depuis sa création en 2003, Coco s’était imposé comme un des grands sites de discussion sur internet en France. Immatriculée à l’étranger et considérée comme un repère pour différents prédateurs, la plateforme a été fermée par la justice française en juin 2024. Les chiffres donnent le vertige : entre janvier 2021 et mai 2024, 23 051 procédures judiciaires en lien avec ce site avaient été entamées, impliquant près de 500 victimes. Et pour cause, l’accès au site était d’une facilité déconcertante. En effet, pour accéder au site, il suffisait de renseigner son genre, son âge, son code postal et de se créer un pseudo, aucun contrôle d’identité n’était demandé.
Cocoland, nouveau nom, même concept
Près de deux ans après sa fermeture, Coco est de retour. Pas officiellement sous le même nom, mais le nouveau site Cocoland semble être une copie conforme de son prédécesseur. Même design avec les noix de coco, la promesse est la même, seuls l’URL et le nom ont été modifiés. Ce « remake » a été pointé du doigt par Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance. La réaction des autorités a été rapide. Hier, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « fourniture d’une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite » et « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur ».
Mais malheureusement, pendant ce temps-là, le site reste accessible. L’association Face à l’inceste a salué l’ouverture de l’enquête comme « une avancée ». Cependant, elle a également dénoncé l’insuffisance de la réponse publique face à la dangerosité du site. Le message envoyé est malheureusement clair pour l’instant : changer de nom et d’URL suffit donc à contourner des sanctions juridiques. Les difficultés rencontrées pour mettre un terme à l’activité de Coco s’expliquent notamment par la localisation de l’hébergement du site. En effet, ce dernier est situé en Ukraine, rendant les enquêtes et les saisies extrêmement difficiles pour la justice française.
Coco, un site associé aux pires dérives
Ce qui rend Coco, et désormais Cocoland, particulièrement alarmant, c’est l’étendue des crimes qui lui sont associés. Avant sa réouverture récente, le nom de ce site était ressorti récemment dans les médias. Pour cause, Coco avait été placé au cœur du procès des viols de Mazan. Dominique Pélicot avait en effet recruté plusieurs hommes via la plateforme, pour abuser sexuellement son épouse pendant une dizaine d’années.
Au-delà de l’affaire Pélicot, la plateforme a régulièrement été citée dans des affaires de guet-apens homophobes, de trafic de stupéfiants et de contenus pédopornographiques. D’ailleurs, son fondateur Isaac Steidl a été mis en examen en janvier 2025 pour complicité de trafic de stupéfiants, détention et diffusion d’images pédopornographiques, corruption de mineur via Internet et association de malfaiteurs. Selon son avocat, il est « totalement étranger » à la réouverture du site Cocoland. Une chose demeure cependant certaine : Cocoland existe, est accessible et il reproduit exactement les mêmes dérives que son prédécesseur.
Ces dernières ont d’ailleurs été mises en lumière par diverses enquêtes journalistiques dernièrement. En effet, un journaliste de RMC a notamment créé un compte en se faisant passer pour un utilisateur mineur. Et le constat fait froid dans le dos. Dès l’inscription, des dizaines d’hommes ont tenté de le contacter et de lui faire des propositions de rendez-vous dans le monde réel. Outre cela, de nombreuses demandes qui lui ont été faites sont bien plus obscures et représentent bien la dangerosité du site Cocoland.
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