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C’était il y a 40 ans … Knots Landing, une des meilleures séries des années 80 ?

Forte du succès de Dallas, CBS relance le projet d’une série dérivée, Knots Landing (Côte Ouest) dont la première diffusion survient il y a 40 ans, le 27 décembre 1979.

C’est quoi Knots Landing ? Après 17 ans de séparation, Gary Ewing et son ex-femme Valene ont décidé de reprendre la vie commune. Ils partent se fixer loin de Dallas dans une résidence proche de la mer à Knots Landing, en Californie. A peine installés dans leur nouvelle demeure, ils font la connaissance de leurs voisins, les Fairgate et les Avery. La petite communauté mène une vie plus ou moins paisible… jusqu’à l’arrivée de l’intrigante Abby Fairgate !

Un authentique soap des années 80…mais sans doute le meilleur

Knots Landing est surtout connue en France sous le titre Côte Ouest. Elle s’inscrit dans la tradition des soaps du soir diffusés aux Etats-Unis dans les années 80, des séries dont Dallas et Dynastie sont d’autres représentants. Knots Landing a d’ailleurs une filiation directe avec Dallas puisqu’elle en est la série dérivée. Créée par David Jacobs, aussi à l’origine de la série des Ewings, Knots Landing aurait dû être lancée en premier mais les pontes de CBS lui ont préféré l’histoire d’une famille de texans qui vend du pétrole. Quand Dallas a cartonné, rapidement le projet est revenu sur la table et fut lancé un an et demi après Dallas quelques jours après Noël 1979.

Knots Landing a tous les archétypes du soap des années 80 : des histoires de familles et amoureuses aux multiples rebondissements, des amours contrariés, des rebondissements incroyables, des meurtres, … le tout durant 14 saisons et 344 épisodes. Mais ce qui en a fait une série à part c’est la richesse de ses personnages et de ces brillantes histoires. Souvent moquée par les critiques et une partie du public, Côte Ouest est bien plus qu’un énième feuilleton comme on dit alors. C’est une série qui s’inscrit pleinement dans un mouvement de fond qui va bouleverser la télévision américaine des années 80 : la “quality TV“.


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Knots Landing : une télévision de qualité

La force de Knots Landing, outre ses intrigues hallucinantes, c’est d’être parvenue à construire des personnages en perpétuelle évolution, et dotés d’une caractérisation hyper forte. Là où dans d’autres séries parallèles, on aimait suivre le “méchant J.R” (Dallas) ou “l’excentrique Alexis” (Dynastie), dans Knots Landing, les personnages sont puissants et complexes avec en première ligne les femmes. Sorte d’ancêtre de Desperate Housewives, la série a construit dès la fin des années 70, à une époque où ce n’était pas la règle, des personnages féminins rares. Karen, Valene, Abby, Laura ou Paige connaissent chacune à leur manière une évolution fine et intelligente. Abby, qui se rapproche le plus de l’archétype des soaps (c’est la méchante en gros) est loin d’être aussi manichéenne. Même aux pires moments que connaît son personnage (quand elle enlève les bébés de Valene), les auteurs nous la montrent pleine de doutes. Idem lorsqu’elle doit sevrer sa fille qui a sombrée dans la drogue.

Knots Landing est ensuite, à la différence de Dallas, Dynastie ou Falcon Crest diffusées à la même époque, une série qui met en scène la classe moyenne américaine. La quartier dans lequel vivent nos personnages principaux n’est pas un quartier huppé, les personnages exercent des métiers du quotidien (restaurateur, garagiste, auteur,…) et s’ils deviennent riches par la suite, c’est parce qu’ils ont su gravir un à un les échelons de la société (à l’exception de Gary qui devient riche suite à la mort de son père, Jock Ewing).

Un habile sens de la narration

Knots Landing fut le lieu de toutes les innovations et de tous les défis. La série a su entretenir son appartenance à un genre très codifié tout en y apportant sa patte. La série connut beaucoup de moments de bravoure et il est bien difficile de les départager. Mais de part sa construction narrative, l’épisode de fin de saison 9 où Val est victime d’une tentative de meurtre par sa rivale Jill est un must rarement égalé par la suite.
La série a su aussi proposer de vrais défis artistiques pour ses acteurs. Ainsi pour le 200ème épisode, un petit bijou de narration nous est offert. L’épisode coïncide avec la mort d’un personnage phare de la série et les comédiens se livrent à une improvisation parfaitement maîtrisée et où l’émotion est palpable à chaque instant.
Enfin, comme la série est bien plus qu’un soap, soit un vrai drama, elle n’a jamais voulu franchir la ligne de l’invraisemblable. En petite sœur de Dallas, elle était dépendante de ce qui arrivait à la famille Ewing. Ainsi quand Bobby meurt, à la fin de la saison 7, Knots Landing l’intègre à son histoire et Gary, profondément affecté, sombre de nouveau dans l’alcool. Mais quand une saison plus tard, la production fait revenir Bobby en prétextant que toute la saison 8 est un rêve, David Jacobs refuse et ne veut pas répercuter ce rebondissement dans Knots Landing sans dénaturer la série. Dès lors, les deux séries vivront dans deux réalités distinctes. Il faudra attendre la mort de JR dans les nouveaux épisodes de Dallas en 2012 pour que tout ça vole en éclat et que les deux frères soient de nouveau réunis.

On pourrait écrire tant de choses sur Knots Landing, brillante série injustement méprisée car sans cesse ramenée à son genre initial, le soap. Mais quand on creuse un peu, on ne peut que constater l’épaisseur des personnages, la richesse des intrigues et la finesse de l’écriture. Pour toutes ces raisons et bien plus encore, Knots Landing est une série à redécouvrir impérativement.

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Rédacteur en chef du pôle séries, animateur de La loi des séries et spécialiste de la fiction française
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